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18 décembre 2012 - Conseil de sécurité - Afrique centrale / LRA - Intervention de M. Philippe Bertoux, conseiller politique de la France auprès des Nations unies


Monsieur le Président,

Je remercie M. Abou Moussa, Représentant spécial et Chef du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) pour sa venue à New York et sa présentation aujourd’hui. Je remercie également le Secrétaire général pour son rapport sur les activités de l’UNOCA et sur l’état d’avancement des efforts de lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur, la LRA.

Monsieur le Président,

De nombreux défis politiques et sécuritaires demeurent en Afrique centrale et nécessitent une coordination de l’ensemble des acteurs. Nous saluons à cet égard les efforts déployés par l’UNOCA pour renforcer ses liens avec la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) ainsi qu’avec la Conférence internationale sur la région des grands lacs (CIRGL).

Sur le plan sécuritaire, la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée constitue un sujet de préoccupation pour notre Conseil. Nous nous félicitons de la tenue prévue en avril 2013, grâce au soutien de l’UNOCA, d’un sommet des chefs d’Etat sur la piraterie dans le golfe de Guinée.

Nous saluons également la promotion active par l’UNOCA de la Convention de Kinshasa pour le contrôle des armes légères et de petit calibre, ou encore la promotion de la Feuille de route pour le contre-terrorisme et la non-prolifération des armes en Afrique centrale.

Sur le plan politique, nous réitérons la nécessité de la tenue d’élections libres et transparentes pour l’établissement d’une paix durable en Afrique centrale et encourageons l’UNOCA à continuer d’appuyer les efforts nationaux en la matière.

Monsieur le Président,

Parmi les défis de paix et de sécurité en Afrique centrale, l’Armée de résistance du Seigneur reste un sujet de préoccupation majeur. La rébellion du M23 à l’Est de la RDC, les tensions entre le Soudan et le Soudan du Sud ou encore la recrudescence des attaques de groupes rebelles menées à l’Est de la République centrafricaine depuis la semaine dernière sont particulièrement préoccupantes. Mais elles ne doivent pas nous faire oublier que la menace de la LRA perdure dans la sous-région. Cette année, au moins 180 attaques contre les populations civiles ont encore été commises par ce groupe armé, provoquant 39 morts.

L’UNOCA a joué un rôle-clef pour l’élaboration de la « Stratégie régionale des Nations unies pour la lutte contre la LRA ». Cette stratégie a énuméré, autour de 5 axes prioritaires, des mesures concrètes pour renforcer l’efficacité et la cohérence des actions de tous les partenaires impliqués dans la lutte contre la LRA.

Six mois après l’adoption de la stratégie, la mise en œuvre de l’ensemble de ses volets doit être prioritaire.

Pour relancer la dynamique, un plan d’action pour la mise en œuvre de la stratégie pourrait fixer des échéances et des objectifs concrets pour chaque entité concernée des Nations unies. UNOCA pourrait par ailleurs appuyer une réunion de haut-niveau des Etats concernés par la lutte contre la LRA afin de promouvoir une coopération pour les prochaines étapes.

Il est aujourd’hui prioritaire que les actions coercitives de lutte contre la LRA de l’Union africaine deviennent opérationnelles. Pour cela, la «  Force opérationnelle régionale de lutte contre la LRA de l’UA  » doit prendre forme. Nous saluons à cet égard l’engagement de l’Ouganda, du Soudan du Sud et de la République centrafricaine, qui ont déjà mis des contingents à disposition de cette force. Nous encourageons les autres Etats de la région à faire de même et appelons à la finalisation d’un concept d’opérations qui définisse la chaîne de commandement et le mode d’action de cette force qui doit pouvoir intervenir dans toutes les régions touchées par la LRA.

Les mesures de protection des civils doivent par ailleurs être renforcées. Cela passe par un partage d’informations et de renseignement accru entre les opérations et bureaux des Nations unies dans la région, mais aussi entre l’ONU et la « Force opérationnelle régionale de l’UA ». Les systèmes de communication radio et cellulaires d’alerte rapide peuvent par ailleurs encore être développés afin que les groupes épars de la LRA puissent être localisés dans des délais rapides, et les populations prévenues et protégées.

Les défections de membres de la LRA doivent par ailleurs être encouragées. Les programmes de Désarmement Démobilisation Rapatriement Réinstallation et Réintégration (DDRRR) existants doivent être étendus à l’ensemble des zones touchées. Un accent particulier doit être porté sur la réintégration, avec la mise en place de structures d’accueil adaptées. Il est important que les bureaux et les missions des Nations unies développent une approche commune du DDRRR et mettent en place des procédures standard pour l’accueil des déserteurs, et notamment des enfants préalablement enrôlés.

Dans le même temps, les efforts en cours pour arrêter et traduire en justice les principaux dirigeants de l’Armée de résistance du Seigneur, dont Joseph Kony, doivent être poursuivis et nous encourageons les Etats concernés à renforcer leur collaboration avec la Cour pénale internationale à cette fin.

La France soutient l’ensemble de ces efforts au travers de sa contribution à la Facilité de paix pour l’Afrique de l’Union européenne. La France soutient également à titre bilatéral les Etats affectés par la LRA en coopérant par exemple de façon significative et continue avec la République centrafricaine sur le volet militaire. Elle fournit aussi dans les quatre pays concernés, une assistance humanitaire aux populations touchées par les attaques, sous forme d’aide alimentaire notamment, et mène des programmes de réintégration socio-économique à l’attention des enfants soldats.

Monsieur le Président,

Les Etats affectés par la LRA ont un rôle de premier plan à jouer. Nous les encourageons à poursuivre leurs efforts afin de mettre un terme à la menace de la LRA et soulager les populations civiles. Nous nous tenons à leurs côtés.

Je vous remercie.

Pour en savoir plus sur la République Centrafricaine.



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