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18 Juillet 2014 - Conseil de sécurité - Israël/Palestine - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France aux Nations-Unies

Le 18 juillet, le Conseil de sécurité s’est réuni en séance plénière sur la situation au Moyen Orient, notamment après la reprise des violences dans la région, en présence de M. Jeffrey Feltman, Sous-secrétaire général aux affaires politiques des Nations Unies, M. Riyad Mansour, Observateur permanent de la Palestine auprès des Nations Unies, et M. Ron Prosor, Représentant Permanent d’Israël.

Vous trouverez ci-dessous le discours de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies :

Je remercie le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Feltman, pour son exposé.

Monsieur le Président,

Les événements auxquels nous assistons sont graves, et ils ne sont malheureusement pas sans précédent. 2008, 2012, 2014 : A chaque fois, la bande de Gaza et ses habitants sont pris entre les tirs de roquettes que nous condamnons fermement, et le feu de l’armée israélienne, avec son cortège de victimes. De son côté, la population israélienne vit dans l’angoisse.

Plus que dans toute autre région du monde, l’Histoire au Proche-Orient se répète. Une nouvelle fois nous assistons à un engrenage fatal, à l’éloignement d’une paix qui semble plus inatteignable encore à chaque fois que des efforts sérieux échouent. Il y a quelques semaines encore, nous exprimions notre soutien à l’idée d’une initiative de paix et de dialogue entre les parties, sous l’égide du Secrétaire d’Etat américain John Kerry. Nous sommes aujourd’hui en guerre, et ce Conseil se réunit une deuxième fois en urgence, pour tenter d’épargner des vies.

Monsieur le Président,

Dans ce contexte, quelles doivent être nos priorités, celles de ce Conseil comme celles de la communauté internationale ?

Notre priorité immédiate et absolue doit être l’obtention d’un cessez-le-feu.

D’un côté, les tirs de missiles sur Israël doivent cesser ; la population civile israélienne ne doit pas être soumise à l’angoisse permanente des alertes. De l’autre, les frappes aériennes et l’offensive terrestre israéliennes ont déjà fait trop de morts, près de 300 côté palestinien, dont 80% sont des civils, et dont 40 enfants. Je rappelle que, selon le droit international humanitaire, les civils devraient être protégés. Il y a urgence à arrêter la spirale de la violence et l’aggravation du bilan humain désastreux de cette crise. Le ministre français des affaires étrangères est actuellement dans la région. Il y a rencontré les autorités palestiniennes, puis égyptiennes – dont nous soutenons les efforts de médiation –, et rencontrera demain les autorités israéliennes ainsi que jordaniennes.

La France salue également le rôle des agences humanitaires à Gaza, l’UNRWA, le PAM, l’OMS notamment, qui répondent à la situation de détresse et d’insécurité alimentaire des populations palestiniennes. Les équipes humanitaires remplissent une mission sacrée et doivent pouvoir agir en fonction des besoins, en voyant leur sécurité garantie. Toutefois un cessez-le-feu ne peut suffire. Il faut créer les conditions d’une trêve durable, qui réponde aux attentes légitimes des Israéliens et des Palestiniens, notamment à Gaza. D’un côté, la sécurité, droit absolu ; de l’autre, la fin du blocus et le développement économique, nécessité vitale.

Gaza ne doit plus être ni l’avant-poste de ceux qui veulent détruire Israël, ni une prison à ciel ouvert. Nous appelons le Hamas, d’abord, à se rallier à la proposition d’un cessez-le-feu immédiat et ensuite à ouvrir la voie à un accord final en acceptant les conditions posées par le Quartet, reconnaissance d’Israël, renonciation à la violence et acceptation des accords signés par l’Autorité Palestinienne.

Par ailleurs, Gaza doit pouvoir reprendre vie, car la misère, le désespoir et le désœuvrement font grossir les rangs du Hamas, plus qu’ils ne l’affaiblissent. C’est pourquoi il importe de travailler à la levée du blocus de Gaza et à l’ouverture des points de passage, dont celui de Rafah. C’est dans cet esprit que la France a proposé la réactivation de la mission EUBAM de l’Union européenne à Rafah, qui permettrait d’améliorer les conditions de vie de la population de Gaza et d’accompagner un retour effectif de l’Autorité palestinienne à Rafah

Il faut, enfin et surtout, redonner du sens au règlement politique. J’ai déjà eu l’occasion de le dire : les grandes lignes de cette solution sont connues, et pourtant personne n’arrive à les mettre en œuvre. La relance et la conclusion du processus de paix sont la seule solution qui existe. Européens et Arabes doivent, aux côtés des Américains se mobiliser pour apporter concrètement aux deux parties les garanties dont elles ont besoin pour surmonter leurs peurs. En effet, tant que subsistera ce mur de la peur, ce sentiment de chaque partie que l’autre veut sa destruction, rien ne sera possible.

Les vieilles recettes n’ont pas marché depuis vingt ans que furent signés les accords d’Oslo ; les deux parties sont, à l’évidence, incapables d’aller à la paix par elles-mêmes, c’est d’idées nouvelles, c’est de l’effort de chacun dont nous avons besoin pour les aider dans cette voie qu’elles hésitent à emprunter.

Je vous remercie.

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