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19 août 2014 - Conseil de sécurité - Protection des civils / protection des travailleurs humanitaires - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies, chargé d’Affaires a.i.

Monsieur le Président,

Je remercie M. Eliasson, M. Maurer et M.Karokhail pour leurs interventions.

En cette journée mondiale humanitaire, la France salue la mémoire des 22 membres du personnel des Nations Unies qui ont perdu la vie lors de l’attaque de l’Hôtel Canal à Bagdad en 2003.

11 ans après, malheureusement, ce débat reste d’actualité, alors que les acteurs humanitaires subissent un plus grand nombre d’attaques ciblées et délibérées, dans les pays où ils se trouvent pour sauver des vies. La France salue le dévouement des acteurs humanitaires qui portent secours, au péril de leur vie, dans des conditions de plus en plus difficiles, en particulier les travailleurs locaux, qui sont les plus affectés comme l’a souligné tout à l’heure M. Karokhail. M. Karokhail, la France souhaite que votre message soit entendu dans cette enceinte et par tous les États membres des Nations Unies, pour que nous puissions agir de concert et mieux protéger les personnels locaux.

Pourquoi de telles attaques alors que les acteurs humanitaires viennent sauver des vies, protéger les populations, mettre à l’abri des plus vulnérables ? Parce que la stratégie de régimes répressifs vise à priver les populations se trouvant dans les zones rebelles, de tous leurs moyens de survie. Parce qu’une population affamée, terrorisée et abandonnée est plus encline à accepter la dictature. Parce qu’attaquer les humanitaires, c’est tenter de faire fuir la communauté internationale, pour réprimer la population sans regard extérieur et en toute impunité. Au Soudan, hier et encore aujourd’hui, on expulse des organisations humanitaires. En Syrie, notamment à Alep, les hôpitaux sont la cible privilégiée des barils d’explosifs lancés par les forces du régime. En Irak, l’État islamique sème la terreur et menace le personnel humanitaire. En Somalie comme ailleurs, l’insécurité des travailleurs humanitaires entrave encore davantage l’accès aux populations dans le besoin. C’est pourquoi il est indispensable d’assurer un suivi des attaques contre les populations humanitaires, dans le cadre des bases de données.

Monsieur le Président,

Attaquer les humanitaires déployés en situation de conflit armé international, c’est un crime de guerre passible de la Cour pénale internationale.

Aux règles générales de protection des civils applicables au personnel des organisations humanitaires, notamment les principes fondamentaux de discrimination entre combattants et civils, de précaution et de proportionnalité, s’ajoutent des règles spécifiques du droit international humanitaire.

Monsieur le Président,

Il est de la responsabilité du Conseil de sécurité d’agir pour prévenir et réprimer de tels actes. Tous les outils à notre disposition doivent être mobilisés.

Il faut que les mandats des opérations de maintien de la paix prévoient la création d’un environnement favorable à l’accès humanitaire. Nous l’avons fait notamment pour le Mali et la République Centrafricaine.

Il faut continuer à utiliser la possibilité de déférer une situation à la Cour pénale internationale lorsque cela est nécessaire, comme nous l’avons fait pour le Soudan et la Libye mais, comme nous avons, malheureusement, échoué à le faire pour la Syrie.

Il faut aussi imposer des sanctions contre ceux qui se rendent responsables d’entraves à l’accès humanitaire et d’attaques délibérées contre le personnel humanitaire.

Il faut enfin assurer un suivi effectif de nos propres décisions. Ainsi, le Conseil a adopté le 14 juillet dernier, à l’unanimité, la résolution 2165 sur l’accès humanitaire en Syrie dans laquelle nous avons décidé que toutes les dispositions nécessaires devaient être prises par les parties pour assurer la sûreté et la sécurité de tous les acteurs humanitaires. Le régime syrien et les groupes extrémistes doivent mettre en œuvre sans délai cette décision.

Pour toutes ces raisons, comme vous le proposez dans votre note de concept Monsieur le Président, il serait tout à fait pertinent d’actualiser la résolution 1502.

Je vous remercie.



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