Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

19 décembre 2012 - Conseil de sécurité - Afghanistan/MANUA - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies


Je remercie le représentant spécial du Secrétaire général pour son intervention et pour son action à la tête de la MANUA ainsi que l’Ambassadeur Tanin pour son intervention.

Je m’associe à la déclaration que fera l’Union Européenne. A titre national, je limiterai mes propos à trois sujets : la transition, les élections et la réconciliation.

La Transition se poursuit et concerne désormais 75% de la population afghane. Nous n’avons pas constaté de détérioration de la situation depuis le transfert de la responsabilité de la sécurité en Surobi et Kapisa, où nous a succédé sur le terrain la 3ème brigade de l’Armée Afghane qui a démontré sa capacité au combat. Le Secrétaire général note la baisse importante des incidents par rapport à 2011. On ne peut que s’en réjouir. Nous partageons toute fois son inquiétude face à l’augmentation des victimes civiles au dernier trimestre, 84% d’entre elles étant le fait des insurgés. Il est essentiel que la MANUA puisse continuer à mener son travail impartial de comptabilisation des victimes civiles, libre de toute menace ou interférence.

Conformément à l’annonce faite par le président de la République en mai dernier au sommet Chicago, nos dernières forces de combat se sont retirées le 15 décembre. Nous devons désormais évoluer vers un autre type d’engagement à long terme. La France restera engagée dans le soutien et la formation au sein de la FIAS jusqu’à la fin de la transition, étant entendu que cette participation ne se traduira plus par aucune mission de combat.

Au-delà de notre présence militaire, la France continuera d’être présente aux côtés des Afghans, y compris après la période de transition, comme s’y est engagée la communauté internationale lors des conférences de Bonn et Tokyo. Un traité d’amitié et de coopération a été signé et ratifié entre nos deux pays. Il inscrit la relation franco-afghane dans le long terme, pour les 20 prochaines années, sur la base de nos dix années d’engagement militaire. Notre ministre des Affaires étrangères a annoncé à la conférence de Tokyo le 8 juillet dernier une hausse de 50% de notre coopération avec l’Afghanistan sur les cinq prochaines années, soit un total de 308 M€ sur la période 2012-2016.

Deuxièmement, les élections présidentielles de 2014 seront un moment important pour l’Afghanistan. Elles marqueront une transition politique après deux mandats du Président Hamid Karzai et seront donc un test de l’enracinement de la démocratie dans le pays. Elles seront un jalon important pour la communauté internationale et son soutien de long terme à l’Afghanistan, conformément au cadre agréé à Tokyo.

Il est de notre point de vue essentiel que les Afghans puissent organiser des élections crédibles, libres et transparentes qui puissent doter les dirigeants qu’éliront les Afghans d’une forte légitimité démocratique. Pour cela, nous appelons les autorités de ce pays à se doter des outils nécessaires pour conduire le scrutin, comptabiliser les résultats et donner suite à d’éventuelles plaintes. Cela passe notamment par la révision et la modernisation des listes électorales.

Nous nous félicitons que la Commission électorale indépendante (IEC) ait arrêté une date, le 5 avril 2014, pour la tenue de la prochaine élection présidentielle afghane. La Commission a sollicité l’aide des Nations unies. Nous y sommes évidemment favorables, le soutien au processus électoral étant une des priorités fixées par le Conseil de sécurité à la MANUA. La Communauté internationale devra en être dûment informée, et ce de façon régulière.

Troisièmement, seule une véritable réconciliation inter-afghane permettra de garantir l’émergence d’un Afghanistan stable et pacifié après 2014. A Bonn en décembre dernier, la communauté internationale a déclaré soutenir un processus de paix inclusif, conduit par les Afghans et ouvert aux insurgés prêts à renoncer à la violence, à rompre tout lien avec le terrorisme international et à respecter la Constitution afghane, notamment en ce qui concerne les droits des femmes.

Ce processus de réconciliation doit être soutenu par les Etats de la région, et je me réjouis des derniers contacts et déclarations des autorités afghanes et pakistanaises sur la relation bilatérale, mais il doit avant tout être conduit par les Afghans, en association avec toutes les composantes de la société afghane.

C’est dans ce contexte que le Conseil de sécurité vient de renouveler le régime de sanctions contre toutes les personnes et groupes associés aux Taliban dans la menace qu’ils constituent pour la paix, la stabilité et la sécurité de l’Afghanistan. A côté des décisions de radiation et d’inscription, la mise en place d’une procédure plus adaptée de dérogation à l’interdiction de voyager devrait permettre de faciliter les contacts entre Afghans, dans le respect des règles du Conseil de sécurité.

Permettez-moi, Monsieur le Président, de conclure en rendant hommage aux hommes et femmes présentes en Afghanistan sous la bannière de l’ONU qui aujourd’hui, sous la direction du Représentant spécial, font un travail formidable dans des conditions parfois difficiles, au service des Afghans et à l’invitation du Gouvernement afghan.

Je vous remercie.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU