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19 mai 2010 - Conseil de sécurité - Briefing sur la mission du Conseil de sécurité en RDC - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Secrétariat, le Représentant spécial du Secrétaire général, Alan Doss, et la MONUC en général pour l’organisation de cette mission en République démocratique du Congo. Tous les participants seront d’accord avec moi pour dire que c’était une mission intense mais qu’elle a été très utile pour nous tous.

La mission en RDC était justifiée par le fait que nous devons prendre à brèves échéances des décisions importantes en ce qui concerne l’avenir de la MONUC. Dans ce contexte, nous souhaitions en discuter avec les autorités congolaises, au premier rang desquelles le Président Kabila, qui nous a fait l’honneur de nous recevoir en audience, le gouvernement et le Parlement congolais, ainsi que la société civile locale pour définir ensemble les moyens d’atteindre au mieux notre objectif commun qui le rétablissement de la souveraineté de l’Etat congolais sur l’ensemble de son territoire c’est-à-dire de reconstruire un pays stable et en paix. Ceci nous ne pouvons le faire que dans le cadre d’un partenariat durable et confiant avec les autorités de la RDC.

Notre objectif n’était pas de négocier mais d’écouter les positions des autorités congolaises ainsi que des différents interlocuteurs que nous avons pu rencontrer.

De l’ensemble de ces entretiens, les membres de la délégation ont retenu les enseignements suivants :


- La situation en République démocratique du Congo a évolué depuis 10 ans. Des progrès ont été accomplis. En même temps, la situation reste fragile. La situation humanitaire et des droits de l’homme demeure en particulier préoccupante.

- Par conséquent, toute évolution de la présence des Nations unies devrait se faire en douceur, sur la base de la situation sur le terrain, et doit éviter de conduire à une nouvelle instabilité. Nous ne devons pas être conduits par des calendriers artificiels, nous devons tenir compte de la réalité de la situation sur le terrain.

- La réforme du secteur de la sécurité est un enjeu central en RDC, comme dans beaucoup de pays en situation de post-conflit. L’absence d’armée républicaine efficace est, selon le Président Kabila, le plus grand échec de la communauté internationale et de son propre gouvernement. Les autorités congolaises ont confirmé leur souhait de professionnaliser leur armée par la voie de la coopération bilatérale. Elles sollicitent néanmoins l’appui de la MONUC pour la formation de la police et le renforcement des capacités du système judiciaire.

- Sur les élections, un soutien logistique de la MONUC est attendu pour les différents scrutins prévus dans les prochains mois.

Nous pourrions développer ces points dans la mesure où ils ont fait l’objet de discussions approfondies avec tous nos interlocuteurs et où, d’autre part, ils soulèvent de multiples questions de grande importance, notamment la question du soutien logistique pour les élections. Vous vous souvenez sans doute du soutien que nous avons apporté pour l’élection de 2006, son ampleur et son coût. La question du soutien des élections prochaines aurait des conséquences très importantes pour notre Organisation et nous devrons y revenir plus en détails.

Quelles sont les conséquences pour la MONUC ?


- Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur souhait de travailler avec les autorités congolaises pour consolider la paix et la sécurité du pays afin d’assurer la protection des civils et permettre la reconfiguration de la MONUC. Le message que nous avons transmis aux autorités congolaises est clair : la MONUC ne restera pas indéfiniment au Congo. Nous devons viser à une transition menant au rétablissement de la souveraineté congolaise sur l’ensemble du territoire mais nous devons préparer cette transition en coopération avec les autorités congolaises, par le dialogue, par une analyse commune de la situation avant d’en tirer les conséquences nécessaires.

- Nous sommes prêts à soutenir les efforts des autorités congolaises dans le domaine de la réforme des secteurs de sécurité, et de la mise en œuvre de la politique de tolérance zéro contre l’impunité.

- Nous avons discuté de la nécessité de poursuivre notre discussion et dans ce contexte nous sommes convaincus que les décisions des Nations unies profiteront d’une analyse régulière de la situation sur le terrain.

En prenant en compte le résultat de ces échanges, la France prépare un projet de résolution qui sera prochainement discuté afin de renouveler le mandat de la MONUC avant la fin du mois.

Pour conclure, à titre personnel, nous avons rencontré des autorités congolaises particulièrement ouvertes, prêtes au dialogue avec le Conseil de sécurité. De manière légitime, les autorités congolaises envisagent le départ de la MONUC mais elles n’ont à aucun moment présenté d’ultimatum ou des exigences. Elles ont en revanche présenté un horizon. Je pense que nous pouvons considérer que les bases d’un dialogue entre le Conseil de sécurité et la République démocratique du Congo ont été posées et notre projet de résolution essaiera de refléter la qualité de ces échanges.

Je vous remercie.



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