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19 octobre 2010 - Conseil de sécurité - Situation à Timor Est - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je souhaiterais en premier lieu remercier la Représentante Spéciale du Secrétaire Général pour son exposé qui nous donne un aperçu du chemin parcouru depuis les événements de 2006 et la création de la Mission des Nations unies à Timor Est (MINUT).

Le Représentant de l’Union européenne prononcera tout à l’heure une intervention, à laquelle la France s’associe. Permettez-moi, Monsieur le Président, d’apporter quelques observations.

Je suis heureux de constater que le rapport du Secrétaire Général et l’intervention de la Représentante Spéciale qualifient la situation à Timor de calme. Cette stabilité politique et sécuritaire est due à l’attitude responsable des autorités élues et des responsables de l’opposition. Quelle meilleure preuve de la maturité politique acquise par les Timorais et de la solidité de leurs jeunes institutions.

A mesure que nous laissons derrière nous les tensions et violences, nous devons garder en vue l’objectif d’une consolidation de la paix à Timor Est.

De ce point de vue, nous ne pouvons qu’être encouragés par le transfert contrôlé des compétences de maintien de l’ordre à la Police Nationale de Timor Est. Ce transfert a été effectif sur 10 des 13 districts, sans que l’on observe une montée des incidents dans ceux-ci. Les transferts restant à Dili et dans les districts frontaliers devront se faire sans précipitation, sur la base de critères établis en commun par l’ONU et les autorités locales.

Ce processus s’est accompagné comme prévu d’une réduction progressive du nombre de policiers onusiens déployés individuellement et qui doit se poursuivre en 2011. Cette réduction doit être soutenue par un effort en matière d’assistance technique et de formation. Le renforcement des capacités de la police est une priorité, mais nous ne devons pas perdre de vue qu’à moyen terme c’est l’ensemble des secteurs de sécurité qui devra en bénéficier.


La paix ne pourra s’enraciner que si les Timorais ont confiance en leur justice. En particulier, la lutte contre l’impunité pour les crimes commis dans le passé est la condition d’une réconciliation durable. Le processus de certification des agents de la police timoraise n’est pas achevé, avec près de 200 cas en suspens. Le rapport du Secrétaire Général en outre souligne que des progrès limités ont été fait pour juger les personnes responsables de crimes et violations de droits de l’homme pendant les incidents de 2006. Nous attendons toujours qu’une suite soit donnée aux recommandations de la Commission Vérité et Réconciliation.

Et nous avons, comme d’autres, prit note de la décision du président de Timor Est de commuer les peines de certaines personnes coupables de violences politiques. Cette décision, bien que constitutionnelle, n’envoie pas le bon signal.

Nous encourageons donc la Représentante spéciale à rester activement engagée sur ce dossier, conformément au mandat qui lui a été donné par le Conseil de sécurité.

Nous avons également noté les prévisions économiques contenues dans le rapport, qui font état d’un taux de croissance impressionnant de 10,4% et d’une baisse conséquente du niveau de pauvreté. Il est encourageant que, dans ce contexte, les autorités de Timor Est aient fixé les priorités de long terme dans un plan national stratégique de développement et que ce document fasse, sous la houlette du Premier Ministre lui-même, l’objet de consultations à travers le pays.

Monsieur le président,

L’année 2012 verra la fin du mandat de la MINUT dans sa configuration actuelle ainsi que des élections générales.

Les Nations unies doivent pouvoir compter sur place sur les ressources matérielles et humaines nécessaire pour faciliter la tenue de ces élections, et doivent tenir compte de cette échéance importante dans leur stratégie de transition en matière de sécurité.

Le renouvellement du mandat de la MINUT en février 2011 doit nous conduire également à réfléchir aux contours de la future présence des Nations unies. Nous sommes ouverts quant à ses modalités, qui devront refléter l’appropriation progressive par les Timorais des tâches assumées aujourd’hui par la MINUT et l’objectif d’une consolidation durable de la paix.

La visite prochaine à Dili du Conseil de Sécurité, à laquelle nous participerons, sera une autre occasion de nous rendre compte du chemin parcouru et de réfléchir à l’avenir de la relation entre Timor Est et les Nations unies.

Je voudrais conclure en réaffirmant l’appui de la France à l’action de la MINUT et de la Représentante Spéciale. Mme Haaq venait de prendre ses fonctions lors de notre dernière réunion en février 2010. Elle a, depuis, donné la mesure de ses qualités et pleinement répondu à nos attentes.

Nous aurons besoin de ses compétences et de toutes les bonnes volontés car les mois à venir seront cruciaux pour l’avenir de Timor Est mais également celui des Nations unies et sa capacité à amener un pays vers la paix et la stabilité.

Je vous remercie./.



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