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19 septembre 2013 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Philippe Bertoux, conseiller politique de la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Kubiš, ainsi que le Représentant permanent d’Afghanistan, M. Tanin, de leurs interventions. Je m’associe à celle qui sera prononcée par le représentant de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

L’Afghanistan est entré le 18 juin dernier dans la dernière phase de la transition qui s’achèvera dans un peu plus d’un an. Les forces afghanes de sécurité sont désormais responsables de la sécurité sur la totalité du territoire, marquant ainsi la souveraineté restaurée de l’Afghanistan. Cette réussite s’est faite avec le concours des forces internationales qui continuent de soutenir leurs frères d’armes afghans jusqu’à la fin de l’année 2014.

La présence de la communauté internationale aux côtés de l’Afghanistan ne s’arrêtera pas à la fin de la transition. Les partenaires internationaux de l’Afghanistan, comme la France, ont formalisé ou sont en train de formaliser avec le gouvernement afghan le cadre de relations bilatérales différentes fondées sur une coopération militaire et civile renforcée. Plus encore, les contours des futures missions internationales d’appui aux forces de sécurité afghanes sont en cours de définition, en réponse aux demandes des autorités afghanes et conformément aux décisions qui ont été prises.

Une nouvelle ère s’ouvre donc pour l’Afghanistan, porteuse de promesses mais également lourde de risques. Tous, autour de l’Afghanistan, comme à l’intérieur du pays, suivent avec attention l’évolution de la situation. Mais, comme le souligne le Secrétaire général dans son rapport, l’Afghanistan dispose aussi désormais d’un certain nombre d’atouts dans un environnement volatile. Nous devons nous appuyer sur ces piliers et continuer à les renforcer.

Monsieur le Président,

Premièrement, le processus électoral afghan doit être exemplaire. Le 5 avril 2014, les Afghans éliront un nouveau président. Cette élection est un jalon important pour la communauté internationale et son soutien de long terme à l’Afghanistan, conformément au cadre agréé à Tokyo. Ces élections doivent avoir lieu à la date prévue. Elles doivent être crédibles, inclusives, transparentes et pacifiques.

Nous notons avec satisfaction les mesures législatives prises au cours de l’été qui laissent bien augurer de leur préparation. Nous saluons l’ouverture ce lundi de la période d’inscription des candidats. Nous encourageons toutes les parties à s’approprier le processus électoral et s’emparer du débat public pour faire entendre leurs voix. Des différences profondes demeurent quant à la vision de ce que doit être l’Afghanistan. Elles doivent être intégrées au processus politique. Deuxièmement, la qualité des forces de sécurité afghanes doit être encore renforcée. La recrudescence des combats a entraîné une augmentation des victimes tant parmi les forces de sécurité que parmi les civils. Mais les forces afghanes de sécurité tiennent bon et montrent que les efforts entrepris par la communauté internationale pour les former commencent à porter leurs fruits.

Nous sommes choqués par les assassinats de femmes policiers. Or, l’augmentation et la protection des effectifs féminins de la police afghane sont vitales pour permettre aux femmes afghanes de se sentir protégées à égalité avec les hommes. Nous saluons à ce titre le plan de développement du ministère de l’Intérieur pour augmenter leur nombre. Le déploiement d’effectifs policiers féminins dans les bureaux de vote sera par ailleurs important à la participation des femmes au scrutin présidentiel.

Troisièmement, l’engagement de tous les partenaires internationaux auprès de l’Afghanistan doit être réaffirmé. Nous nous félicitons du dialogue entamé avec les partenaires de la région qui ont un intérêt direct à la stabilité et au développement du pays, notamment au travers du processus d’Istanbul. Nous soulignons à ce titre l’importance du cadre régional dans la lutte contre la production et le trafic de drogue et la mobilisation de la communauté internationale dans le cadre du Pacte de Paris.

La communauté internationale maintiendra son soutien à l’Afghanistan pendant cette période de transformation. Les engagements des partenaires internationaux de l’Afghanistan, en particulier des bailleurs de fonds, doivent être enfin affichés clairement. A ce titre la France débloquera prochainement 2 millions d’Euros au bénéfice de la Commission électorale indépendante via le PNUD.

Par ailleurs, nous considérons que les Nations Unies doivent être appelées à assumer une responsabilité accrue en Afghanistan et qu’un renforcement du rôle politique de la MANUA est de notre point de vue impératif pour faciliter la mise en œuvre des processus politiques. A cette fin, il nous semble notamment important d’en simplifier le mandat et de renforcer ses compétences de coordinateur des Fonds, Programmes et Agences spécialisées des Nations Unies. Enfin, nous sommes favorables au maintien d’une présence de la mission sur l’ensemble du territoire.

Monsieur le Président,

Je conclurai en soulignant que seul un véritable processus politique inter-afghan inclusif permettra de garantir l’émergence d’un Afghanistan stable et pacifié. Ce dialogue doit être conduit par les Afghans, conformément aux principes définis par eux et entérinés par la communauté internationale à Bonn en 2011, ainsi que par le Conseil de sécurité.

Beaucoup d’incertitudes demeurent et les efforts doivent être poursuivis. Pour autant, nous pouvons circonscrire collectivement les risques en nous appuyant sur un Afghanistan qui apparait aujourd’hui plus fort qu’il ne l’a été au cours des trente dernières années.

Je vous remercie.

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