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22 mars 2013 - Conseil de sécurité - Kosovo/MINUK - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général pour son exposé et les premiers ministres de Serbie, Monsieur Ivica Dacic, et du Kosovo, Monsieur Haçim Thaci, pour leur intervention.

Mon pays reste attaché à la réalité d’un Kosovo souverain, pacifique, démocratique et multiethnique, vivant en paix avec ses voisins. Nous souhaitons donc que la Serbie et le Kosovo puissent trouver un accord qui leur permettre de tourner définitivement la page des conflits, concrétiser leur avenir européen et contribuer à la stabilisation des Balkans.

C’est la raison pour laquelle l’Union européenne facilite un dialogue entre ces deux pays et la réunion qui s’est tenue mercredi dernier à Bruxelles a confirmé que nous étions proches d’un accord. Il s’agit d’un progrès majeur et nous encourageons les deux parties à finaliser ces discussions en faisant les compromis nécessaires. Nous remercions M. Dacic et M. Thaçi pour les informations qu’ils viennent de nous fournir au sujet de cette rencontre et nous saluons leur détermination à trouver un accord. Des progrès importants ont été accomplis dans le dialogue entre Belgrade et Pristina, un dialogue qui se tient au niveau des chefs de gouvernement et qui aborde les questions les plus sensibles. Nous apportons tout notre soutien aux efforts déployés par la Haute Représentante Mme Ashton pour faciliter ce dialogue. Monsieur le Président, Nous devons aller vers une solution à long terme sur la question du Nord Kosovo. Les grandes lignes en sont connues. La Serbie doit démanteler les structures parallèles qu’elle y entretient. Le Kosovo doit donner de son côté des assurances de sécurité et d’autonomie substantielles qui permettent d’emporter l’adhésion des populations serbes concernées, ce qui passe par un degré de décentralisation de compétences dont l’ampleur devra être agréée par les deux parties.

Parallèlement, il est important que les accords techniques conclus soient mis en œuvre, et que l’on puisse trouver un accord en particulier sur les autres sujets identifiés, notamment l’énergie et les télécommunications. Si les conditionnalités définies dans les conclusions du Conseil Européen de décembre 2012 sont remplies, nous pourrons franchir de nouvelles étapes du rapprochement européen des deux pays, c’est-à-dire le lancement des négociations d’adhésion à l’UE avec la Serbie et d’un Accord de stabilisation et d’association avec le Kosovo.

Nous appelons les autorités de Serbie et du Kosovo à rester engagées dans ce processus historique et à préparer les opinions publiques de chaque Etat à des concessions. Nous le savons, ce n’est jamais facile. Nous saluons tout particulièrement les déclarations courageuses récentes du Premier Ministre serbe et l’engagement résolu de M. Thaci dans ce dialogue qui ne fait pas l’unanimité au Kosovo.

Monsieur le Président,

Sur le terrain, la situation sécuritaire au Kosovo est restée globalement calme, même si des incidents ont continué d’avoir lieu, notamment dans le nord du pays.

Comme le rappelle le rapport du Secrétaire général, il est fondamental de consolider les droits des différentes communautés dans l’ensemble du Kosovo, de protéger leur patrimoine culturel et religieux, et de garantir le retour des 18 000 réfugiés et déplacés internes dans de bonnes conditions de sécurité et de réinsertion.

Nous condamnons fermement les récentes profanations contre des cimetières serbes et, plus généralement, toute atteinte contre les sites religieux et culturels orthodoxes. De tels actes ne doivent pas rester impunis.

Monsieur le Président,

Avec la fin de l’indépendance supervisée et la mise en place du Bureau administratif du Nord Mitrovica , il est normal et souhaitable que la présence internationale sur place s’adapte aux nouvelles réalités sur le terrain.

Nous appelons toutes les parties à coopérer avec les organisations internationales. Il est essentiel que les autorités du Kosovo coopèrent activement avec le Représentant spécial de l’Union européenne M. Zbogar et la mission EULEX en matière d’Etat de droit, tout particulièrement en ce qui concerne l’enquête sur les allégations de trafic d’organes. Je me félicite qu’EULEX continue de fournir au Conseil de sécurité des informations sur les progrès accomplis dans cette enquête à travers le rapport du Secrétaire général. Nous voulons également réitérer que les soldats et personnels déployés dans le cadre de la KFOR et d’EULEX sont chargés d’assurer le respect de la liberté de circulation au Kosovo. Toute entrave à leur propre liberté de circulation et sécurité physique est inacceptable.

Au moment où l’UE, l’OTAN et l’OSCE adaptent leur présence sur le terrain, nous invitons la MINUK à en faire de même dans un esprit de subsidiarité, afin de contribuer à une évolution pacifique des comportements, en accord avec les autorités kosovares, sans se laisser instrumentaliser par les défenseurs du statu quo.

Je voudrais conclure en remerciant le Représentant spécial et les agents de la Mission des Nations unies au Kosovo pour leur action.

Je vous remercie.


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