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22 juillet 2009 - Conseil de sécurité : Consolidation de la paix au lendemain immédiat des conflits - Intervention de M. Jean-Pierre Lacroix, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Merci Monsieur le Président,

Tout d’abord ma délégation souhaiterait vous remercier d’avoir organisé cette réunion sur un sujet important qui nous tient tous à cœur, saluer votre présence parmi nous, et aussi saluer la présence du Secrétaire général.

Monsieur le Président, permettez-moi de faire quelques remarques : tout d’abord pour remercier le Secrétariat, et le Secrétaire général, pour son rapport qui constitue certainement la réflexion la plus aboutie à ce jour sur la question de la consolidation de la paix. Il s’agit là d’un grand chantier pour les Nations unies, avec un potentiel très important, comparable à celui de l’outil qu’est devenu le maintien de la paix.

Mais nous n’en sommes qu’au début de ce processus. Le rapport marque une étape essentielle dans la réflexion sur l’amélioration de la capacité des Nations unies à répondre aux défis de la consolidation de la paix. Il nous faut aujourd’hui poursuivre notre réflexion et nos actions concrètes.

Monsieur le Président, j’aimerai insister sur deux défis :

Premier défi : nous sommes encore insuffisamment stratégiques ; un effort d’analyse accru est nécessaire. Avant de pouvoir commencer à enrayer le cycle de la violence et du conflit, il faut d’abord pouvoir en analyser les causes et les facteurs. Cette approche rejoint d’ailleurs celle qui prévaut pour la prévention des conflits.

Il faut ensuite identifier des priorités. Dans les périodes de sortie de conflit, ce n’est pas simplement une règle d’action, c’est aussi la seule manière d’avancer. Nous nous félicitons à cet égard des recommandations du rapport pour rendre les évaluations réalisées par les équipes du secrétariat plus politiques et suivant une logique de séquence, pour être disponibles plus rapidement. Je voudrais souligner que ce n’est qu’en travaillant sur un nombre limité de priorités que nous serons efficaces. Je crois qu’il s’agit d’une remarque que chacun partage.

Enfin, il faut être constamment opportunistes, dans le bon sens du terme, c’est-à-dire rapides, agiles et flexibles. C’est dès le déploiement d’une opération, voire avant même celui-ci, qu’il nous faut commencer à ébaucher une stratégie de consolidation de la paix. Les recommandations formulées dans le rapport pour permettre le déploiement de personnels civils et d’équipes spécialisées et compétentes auprès des représentants spéciaux sur le terrain vont dans le bon sens et nous espérons qu’elles pourront être menées à bien.

Deuxième défi, de notre point de vue : nous ne sommes pas encore pleinement mobilisés ; il y a des progrès à faire dans ce domaine.

Les Nations unies ont un rôle central à jouer dans le domaine de la consolidation de la paix, car elles seules concentrent tous les instruments (politique, militaire, humanitaire et de développement), instruments sur lesquels nous pouvons appuyer une stratégie efficace. Mais les Nations unies sont encore largement fragmentées dans leurs interventions. Là encore, les recommandations du Secrétaire général visent à améliorer la cohérence de la réponse à ces défis et nous nous en réjouissons. Nous avons d’ores et déjà quelques exemples probants, en Sierra-Leone ou en République centrafricaine.

Aussi, la mise en place de mécanismes financiers adaptés aux défis de la consolidation de la paix paraît d’autant plus nécessaire que les actions à entreprendre dépassent les capacités d’intervention d’un seul ou même d’un petit nombre d’acteurs. Le fonds de Consolidation de la Paix à lui seul ne pourra pleinement jouer ce rôle si la mobilisation de la communauté internationale n’est pas assurée. Il y a là un rôle que la Commission de consolidation de la paix a déjà commencé à jouer pour les quatre pays qui sont à son ordre du jour en élargissant la base des donateurs et en s’efforçant d’atteindre les donateurs non traditionnels et même le secteur privé.

En conclusion, Monsieur le Président, je voudrais souligner qu’une intervention rapide de la communauté internationale dans cette phase du lendemain immédiat des conflits participe du même souci d’efficacité qui a conduit la France, avec le Royaume-Uni, à proposer une réflexion au Conseil de sécurité sur le suivi et l’amélioration du maintien de la paix. Les mêmes principes s’y appliquent : nécessité d’un meilleur suivi, recours aux indicateurs et aux jalons.

Nous espérons d’ailleurs que la consolidation de la paix sera désormais clairement comprise aussi comme une dimension du maintien de la paix, et non comme seulement la séquence suivante. Cette exigence d’efficacité est la condition d’un engagement durable de la communauté internationale en faveur des pays en sortie de crise.

Pour terminer, Monsieur le Président, je voudrais exprimer le plein soutien de la France au projet de déclaration présidentielle que vous nous avez soumis.

Je vous remercie./.



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