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23 février 2012 - Conseil de sécurité - Femmes, Paix et Sécurité - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies

Monsieur le Président,

Je remercie la présidence togolaise pour l’organisation de ce débat et salue la Représentante spéciale, Madame Wallström, le Secrétaire général adjoint pour les opérations de maintien de la paix Monsieur Ladsous, et Madame Megheirbi pour leurs interventions.

La France s’associe à la déclaration qui sera prononcée au nom de l’Union Européenne.

Monsieur le Président,

Je souhaite ici réitérer notre plein soutien au travail de la Représentante spéciale, et saluer la qualité de son rapport annuel. Nous nous félicitons également du travail accompli par l’équipe d’experts « Etat de droit/Violence sexuel dans les conflits ».

La mise en œuvre effective des résolutions « Femmes, paix et sécurité » du Conseil de sécurité est une priorité pour la France, qui a œuvré activement pour leur adoption, comme elle a également agit en faveur d’un renforcement de la prise en compte de cette question au sein de l’Union européenne. Au plan national, la France a adopté, fin 2010, un Plan d’action pour la mise en œuvre des résolutions Femmes, Paix et Sécurité.

A cet égard, nous nous réjouissons des progrès décrits par le rapport de la Représentante spéciale dans la mise en place des mécanismes institutionnels en application des résolutions votées par le Conseil de sécurité. Je relève en particulier la mise en œuvre progressive des arrangements de suivi, d’analyse et de communication de l’information, qui permettront la collecte d’informations sur la violence sexuelle, indispensables à la bonne information de ce Conseil.

Mais comme l’a souligné Madame Wallström, la question importante est celle de l’écart entre nos initiatives, les mécanismes que nous mettons en place et la réalité sur le terrain. de ce point de vue, le bilan dressé par le Secrétariat est alarmant : les violences sexuelles dans les conflits demeurent à un niveau intolérable.

Dans de nombreux conflits aujourd’hui, la violence sexuelle est une arme utilisée pour briser les individus et les communautés. A ce titre, ces exactions constituent un facteur de déstabilisation et sont une menace pour la paix et la sécurité avec des séquelles durables.

A titre d’exemple, des centaines de femmes somaliennes refugiées ont été violées, parfois devant leurs maris. Le conflit, la sécheresse et les déplacements massifs accentuent le risque de violences sexuelles commises contre des femmes et des filles. Au Darfour, le gouvernement du Soudan a fait fermer toutes les cliniques destinées à recevoir les victimes de viols.

En République démocratique du Congo, pendant l’année écoulée, plus de 625 cas de violences sexuelles ont été relevés par l’ONU.

La violence sexuelle ne frappe pas qu’en période de conflits armés. Ainsi, comme l’a relevé la Représentante spéciale dans son rapport, les situations de troubles ou d’instabilité politique, et notamment le climat de violence dans des contextes pré et post-électoraux, sont des situations particulièrement propices à la commission de tels actes.

Ainsi, en Syrie, les forces armées de sécurité syriennes ont recours à la torture sexuelle contre des prisonniers, y compris à l’encontre d’enfants et d’adolescents.

Monsieur le Président,

La violence sexuelle n’est pas inévitable.

Face à l’ampleur des défis à relever par les Nations Unies, la France soutient pleinement le mandat de la Représentante spéciale.

La résolution 1960 adoptée en décembre 2010 marque un engagement politique d’utiliser tous les outils dont dispose le Conseil de sécurité pour assurer la prévention des violences sexuelles. Il nous appartient aujourd’hui de mettre tout en œuvre pour assurer son application. Le Secrétaire général adjoint pour les opérations de maintien de la paix l’a mentionné, ce qui est important aujourd’hui est le déploiement rapide maintenant, dans les missions des Nations Unies, des officiers de protection des femmes.

Nous saluons aussi la mise en place de « listes de parties » en annexe du rapport de la Représentante spéciale, conformément à la résolution 1960. Cette liste devra permettre l’amélioration de la communication de l’information sur les situations préoccupantes. Elle constitue par ailleurs une avancée décisive dans la lutte contre l’impunité pour les auteurs de violences sexuelles, un autre impératif dans notre combat contre ce fléau.

Les auteurs de ces violences doivent être traduits en justice et condamnés avec toute la sévérité qui s’impose. Le Conseil a un rôle crucial à jouer dans ce domaine, tant par l’adoption de mesures ciblées contre les auteurs de violences sexuelles dans le cadre des comités de sanctions pertinents, que par sa capacité à renvoyer des situations devant la Cour pénale internationale.

Monsieur le Président,

Il est enfin impératif de poursuivre nos efforts de mise en œuvre de la politique de « tolérance zéro » au sein des opérations de maintien de la paix. Le système des Nations Unies et les Etats membres doivent assurer leurs responsabilités, dans ce domaine. Nous devons être exemplaires.

Je vous remercie.



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