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24 juillet 2009 - Conseil de sécurité : Soudan (MINUAD) - Intervention de M. Jean-Pierre Lacroix, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Merci Monsieur le Président,

Tout d’abord je voudrais moi aussi remercier M. Alain Le Roy de sa présentation et saluer la présence tout à l’heure en ce Conseil de M. Margelov.

Je voudrais faire quelques remarques sur différents volets du sujet que nous examinons.

- Tout d’abord sur le processus politique : le processus politique doit demeurer, de notre point de vue, la priorité.

A cet égard, nous saluons les efforts du médiateur conjoint M. Bassolé et de la facilitation Qatarienne et nous espérons que les discussions suspendues en juin dernier pourront reprendre le plus rapidement possible.

Le gouvernement soudanais et le JEM doivent remplir les engagements pris lors de la signature de la déclaration d’intention du 17 février dernier. Nous souhaitons que les discussions soient inclusives et soutenons les efforts déployés par la Libye auprès d’autres mouvements rebelles.

Enfin, nous avons pris bonne note de la constitution par l’Union Africaine d’un panel de haut niveau présidé par le Président Mbeki et étudierons avec attention ses conclusions en août prochain.

- Sur la situation humanitaire, celle-ci, nous le pensons, reste préoccupante

Nous saluons les efforts des Nations Unies pour travailler avec le Gouvernement du Soudan afin d’éviter que la décision d’expulser 13 ONG en mars dernier n’aient des conséquences trop dramatiques.

Néanmoins comme le note le rapport du SG, la chute du nombre de travailleurs humanitaires au Darfour a nui à la qualité de l’aide. En saison des pluies la situation sanitaire est susceptible de se dégrader très rapidement. Nous restons très inquiets et appelons les autorités soudanaises à restaurer rapidement un environnement propice aux activités humanitaires.

Par ailleurs, il ne faut pas minimiser les risques sécuritaires encourus par la population civile. Nous nous félicitons que les violences aient diminuées depuis la mise en place de la MINUAD. Mais force est de constater que nous sommes passés d’une situation de conflit à une violence de moindre intensité mais généralisée. La tension des relations entre le Tchad et le Soudan est également très préoccupante et nous appelons ces deux pays à mettre en œuvre leurs engagements et à s’abstenir de toute provocation.

- Sur le déploiement de la MINUAD, nous avons pris note des indications données par Alain Le Roy.

Le Secrétaire Général souligne dans son rapport l’amélioration de la collaboration avec les autorités soudanaises pour le déploiement de cette opération. Nous nous en réjouissons et nous espérons que l’objectif affiché dans le rapport d’un déploiement de 92% de la force d’ici décembre pourra être atteint.

Nous constatons néanmoins que, malgré les progrès permis par le mécanisme tripartite, des obstacles importants continuent à être posés par les autorités soudanaises. Je pense en particulier à la question déjà mentionnée par plusieurs autres délégations, des visas que Khartoum tarde à délivrer. Plus de cent personnels européens attendent leurs visas, en particulier, et d’autres bien entendu, en provenance d’autres régions. Cette situation n’est pas acceptable.

La population du Darfour a plus que jamais besoin d’une force crédible capable de contribuer à sa sécurité. L’année 2009 doit voir le déploiement complet de la MINUAD et aussi celui de la MINURCAT qui est en quelque sorte son pendant dans les régions du Tchad et de la RCA frontalières du Darfour. Nous appelons le Secrétariat et les pays contributeurs en troupes à accroître leurs efforts en ce sens. Monsieur le Président,

Nous nous préparons à renouveler le mandat de La MINUAD. Nous espérons que les négociations conduites sous les auspices de nos collègues britanniques pourront déboucher prochainement. La discussion sur le mandat de la MINUAD ne doit pas être prise en otage par d’autres questions difficiles comme celle de la lutte contre l’impunité et de la Cour Pénale Internationale. Nous pensons, chacun le sait, qu’une paix durable ne pourra être réalisée sans justice et nous constatons l’absence d’efforts réels des autorités soudanaises en ce domaine. Mais quoiqu’il en soit les divergences de vue sur cette question ne doivent pas nous empêcher d’agir collectivement et avec détermination sur les autres volets de la résolution de la crise au Darfour.

Nous espérons que la MINUAD remplira pleinement son mandat et en particulier les taches qui lui sont confiées en priorité à savoir la protection des civils et la sécurisation de l’assistance humanitaire.

- Enfin, Monsieur le Président, un dernier mot sur la mise en œuvre de l’accord politique global pour faire suite à nos consultations de la semaine dernière sur la MINUS. Nous sommes à ce stade très satisfaits que les deux parties aient marqué leur souhait de respecter la décision d’arbitrage sur Abyei. Nous espérons que la suite de la mise en œuvre de l’accord de paix global continuera à se faire de cette manière dans un esprit de coopération et de bonne volonté de part et d’autre.

Je vous remercie./.



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