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25 août 2010 - Conseil de sécurité - Somalie / Piraterie - Intervention de M. Nicolas de Rivière, chargé d’affaires a.i. de la France auprès des Nations unies

Mr. Nicolas de Rivière, chargé d’affaires a.i. de la France aux Nations unies - Conseil de sécurité : la situation en Somalie - 25 août 2010 - UN Photo / Paulo Filgueiras

Monsieur le Président,

Je tiens en premier lieu à faire part de la ferme condamnation par la France de l’attentat sanglant perpétré hier à Mogadiscio. En cette heure difficile, la France exprime ses condoléances aux familles des victimes et réaffirme son plein soutien aux institutions somaliennes, notamment au GFT et à son président, Sheikh Sharif, ainsi qu’à l’AMISOM. Je rends hommage aux gouvernements de l’Ouganda et du Burundi pour leur action au sein de la Force.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais remercier le Secrétaire général et la Secrétaire générale adjointe pour les affaires juridiques, Mme O’ Brien, pour leur présentation sur la question de la piraterie et le représentant permanent de Somalie pour son intervention.

Les pirates continuent à faire peser une menace constante sur l’acheminement de l’aide humanitaire au profit de la population somalienne ainsi que sur l’approvisionnement de l’AMISOM. 

Bien sûr, les causes profondes de ce phénomène doivent être cherchées à terre. Mais à moyen terme, c’est la sécurité et le développement qui auront raison de la piraterie.

Pour l’heure, la poursuite d’une action militaire résolue au large de la Somalie reste cependant essentielle. Celle-ci s’est beaucoup développée depuis les premiers convois de protection mis en place par la France en novembre 2007. Le Conseil de sécurité a fixé depuis 2008 le cadre juridique indispensable pour agir contre les pirates. L’Union européenne qui s’exprimera tout à l’heure et dont l’intervention a bien évidemment le soutien de la France, a déployé la première opération navale de son histoire au large de la Somalie, Atalante. Outre l’union, de très nombreux partenaires régionaux ou bilatéraux sont impliqués, venant de tous les continents.

La mobilisation impressionnante de la communauté internationale a permis de diviser par trois le pourcentage d’attaques réussies. L’outil militaire est donc efficace et il reste indispensable, même s’il ne suffit pas.

Je souhaite insister, Monsieur le Président, sur la dimension juridique de la lutte contre la piraterie, qui est essentielle. Comme le rapport du Secrétaire général l’a montré, la piraterie est définie de façon unique, dans la convention de Montego Bay de 1982, mais les outils juridiques des Etats pour la combattre sont très différents, ce qui rend la coopération difficile. 700 suspects ont été relâchés au seul premier semestre 2010, et sans doute une partie importante d’entre eux aurait dû faire face à la justice.

Je voudrais ici remercier la présidence russe du Conseil de sécurité, qui est à l’origine de la résolution 1918 d’avril dernier, de la déclaration présidentielle de ce jour et du rapport du Secrétaire général que nous avons devant nous. Ce rapport présente les différentes options qui peuvent être envisagées. Notre objectif commun est de renforcer l’état de droit en Somalie et de créer les conditions pour que les Somaliens puissent eux même juger et emprisonner les pirates qui sévissent dans leurs eaux territoriales.

A court terme, nous invitons les Etats de la région à conclure des accords de transferts à l’instar de l’action conduite par le Kenya et les Seychelles. En l’absence de tels accords, c’est le caractère dissuasif des actions en mer qui se trouve amoindri. Les Etats de la région sont pourtant les principales victimes de la dégradation de la sécurité au large de leurs côtes. La communauté internationale déploie des moyens conséquents en mer. La coopération des pays de la région en matière de jugement et de détention permettrait de lutter encore plus efficacement contre ce fléau.

A moyen terme, la création d’une chambre somalienne délocalisée est l’option qui nous semble le mieux préparer l’avenir, tout en étant réaliste, puisque les conditions de sécurité limitent le nombre de pirates pouvant être jugés en Somalie.

Cette discussion doit se poursuivre. Nous y réfléchissons dans le cadre du groupe de contact. Il nous paraît essentiel que les Nations Unies, de leur côté, poursuivent leur réflexion et que le Secrétaire général continue d’éclairer le Conseil de sécurité.

Je salue de ce point de vue l’annonce par le Secrétaire général de son intention de désigner un Conseiller spécial sur les aspects juridiques de la lutte contre la piraterie. Il pourra, au cours des prochains mois, apporter un éclairage précieux au Secrétaire général en vue, le cas échéant, de futures recommandations au Conseil de sécurité.

Je note aussi, Monsieur le Président, que le rapport du Secrétaire général insiste à juste titre sur l’importance de l’emprisonnement des pirates. Je salue l’action de l’ONUDC et du PNUD, qui apportent leur aide en particulier au Kenya, aux Seychelles, mais aussi aux régions du Puntland et du Somaliland. La France espère en particulier que les travaux du PNUD au Puntland pourront aboutir rapidement. La France soutient pleinement le fonds fiduciaire que le groupe de contact a mis sur pied, qui a déjà déboursé 2,4 millions de dollars.

Pour conclure Monsieur le Président, je voudrais souligner que l’action du Conseil de sécurité contre la piraterie au large de la Somalie s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie d’ensemble de ce Conseil concernant la Somalie. La France rappelle à cet égard son plein soutien au Représentant spécial du Secrétaire général, l’Ambassadeur Mahiga.



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