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25 avril 2013 - Conseil de sécurité - Consolidation de la paix après un conflit /Commission de consolidation de la paix - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je remercie M. Abulkalam Abdul Momen, ancien Président de la Commission de consolidation de la paix, ainsi que son successeur, M. Ranko Vilovic, pour leurs présentations et leur investissement personnel fort au sein de la Commission.

Monsieur le Président,

Plusieurs crises récentes (Guinée-Bissao en avril 2012, RCA à partir de décembre) montrent à quel point le processus de consolidation de la paix est un chemin difficile. Les Nations unies, et en particulier la Commission de consolidation de la paix, font face à des problématiques très complexes. Le dernier rapport de la CCP souligne très justement à la fois le potentiel et les limites de cette enceinte qui peut difficilement, seule, s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité.

Le soutien que peut apporter la Commission de consolidation de la paix doit s’accompagner d’un engagement fort des acteurs nationaux - l’ appropriation nationale est un élément essentile - et d’un soutien durable des partenaires internationaux.

La Commission de consolidation de la paix a connu des résultats encourageants dans plusieurs domaines :

— L’accompagnement politique : la CCP a aidé à la mise en œuvre d’une stratégie de réconciliation nationale au Libéria et soutient le gouvernement dans le contexte de transfert de responsabilités de la MINUL à celui-ci.

— Le développement de partenariats et la mobilisation de ressources : la stratégie de réduction de la pauvreté au Burundi a pu progresser notamment grâce à la coopération entre la CCP et la Banque mondiale. Cette stratégie a bénéficié d’un soutien avec l’organisation la conférence de donateurs de Genève, qui a constitué une occasion de créer un dialogue entre le Burundi et ses partenaires.

— Le renforcement de la cohérence des actions conduites en matière de consolidation de la paix. Par exemple, la collaboration entre le gouvernement de Guinée et le Fonds de consolidation de la paix a permis à près de 4000 militaires d’être mis en retraite, ce qui a fait progresser la RSS dans ce pays.

Monsieur le Président,

Ces progrès sont positifs, mais des efforts doivent être poursuivis pour que la Commission de consolidation de la paix puisse pleinement jouer son rôle.

Parmi les principes en matière de consolidation de la paix définis en 2012 par le Secrétaire général comme prioritaires, je souhaite en souligner deux en particulier :

Tout d’abord, une approche de long terme est essentielle car la consolidation de la paix est un processus difficile qui suppose la mise en place de bases solides, à commencer par la mise en place d’un Etat de droit, d’une police et d’une justice. L’absence de ces éléments ne permet pas de bâtir une paix durable. La consolidation de la paix doit aussi permettre qu’un pays sorte d’un cycle de violence. En l’absence de forces militaires ou de police crédibles, ce sont trop souvent des groupes armés qui prennent en charge le contrôle d’une région ou d’un Etat. La crise actuelle en République centrafricaine nous montre à quel point la consolidation de la paix est un processus extrêmement fragile et réversible. Il est indispensable que les travaux de la CCP s’inscrivent dans une perspective de long terme.

Pour être viable, il est important que les processus de consolidation de la paix puissent être inclusifs, c’est-à-dire inclure tous les segments de la société. La prise en compte croissante du rôle que les femmes en matière de consolidation de la paix jouent est un point positif. Nous saluons notamment la décision du Népal, qui sur la base des résolutions 1325 et1820 du Conseil de sécurité, a préparé un Plan national d’action pour faire des femmes une partie intégrante de la consolidation de la paix. Les efforts de la CCP et de son Comité organisationnel pour aborder régulièrement ce sujet doivent être poursuivis.

Au-delà des principes généraux à mettre en œuvre pour la consolidation de la paix, la CCP doit aussi poursuivre l’amélioration de ses méthodes. Deux aspects sont essentiels :

Il est nécessaire de renforcer le rôle de coordination que doit jouer la CCP pour éviter que l’aide apportée aux pays inscrits à l’ordre du jour de la CCP ne soit trop fragmentée et dispersée.

Au sein des Nations unies, les échanges doivent se poursuivre entre les différents organes et agences compétents. Nous saluons la tenue de « dialogue interactif » du Conseil avec la CCP et sommes intéressés par les conclusions du rapport de la CCP qui suggèrent d’étudier dans quels domaines la CCP pourrait collaborer plus étroitement avec l’Assemblée générale.

Les organisations sous-régionales jouent un rôle croissant en période de post-conflit et il est important que celles-ci puissent faire valoir leur vues dans les configurations pays. Le dialogue avec ces organisations doit être plus fluide. Les initiatives extérieures aux Nations unies, telle que le « New Deal » dans les Etats fragiles méritent également d’être abordée dans le cadre de la Commission.

Autre partenariat importan,t, celui entre la CCP avec les institutions financières internationales, le secteur privé et les organisations philanthropiques, tout en restant concentré sur la collaboration avec les gouvernements. Il est nécessaire de travailler dans ce sens pour continuer à mobiliser des ressources, identifier les déficits de financements et les doubles emplois et définir des priorités, en partenariat avec l’Etat concerné.

Enfin, il est indispensable d’améliorer les relations entre la Commission à New York et le terrain. Par exemple, les échanges d’informations entre la Commission à New York et le terrain doivent se faire de manière flexible, par exemple via des contacts réguliers entre les présidences des configurations-pays de la CCP et les Représentants spéciaux du SGNU.

Je vous remercie.


En savoir plus sur la Consolidation de la Paix.



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