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26 février 2014 - Conseil de sécurité - Déplacement du Conseil de sécurité au Mali - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Madame la présidente,

Du 1er au 3 février, j’ai eu le privilège, aux côtés de mon collègue tchadien Bante Mangaral, de mener la visite du Conseil de sécurité au Mali. A l’occasion de cette visite, le Conseil a rencontré les autorités maliennes issues des élections qui se sont tenues avec succès en 2013. Nous nous sommes entretenus avec le président Ibrahim Boubacar Keita, le Premier Ministre Oumar Tatam Ly et plusieurs membres de son gouvernement. Nous avons en outre rencontré les groupes armés signataires de l’accord préliminaire de Ouagadougou, ainsi que ceux qui ont adhéré cet accord. Le 2 février, nous nous sommes rendus à Mopti ; nous y avons rencontré les autorités locales et des représentants de la société civile, venus de Mopti mais aussi de Gao et de Tombouctou. Nous avons à cette occasion visité le camp de la MINUSMA à Mopti et évalué le niveau de déploiement de la MINUSMA.

Madame la présidente,

Des nombreux enseignements de cette visite, je retiens en particulier deux points :

Tout d’abord, en ce qui concerne le dialogue politique, le fait que toute solution durable pour le Nord-Mali devra être trouvée par les Maliens eux-mêmes, appuyés de manière constante par la communauté internationale.

Et deuxièmement, en ce qui concerne la sécurité, le fait que la sécurisation durable du Nord-Mali implique nécessairement une solution politique globale.

Tout d’abord, à propos du dialogue politique, le fait que toute solution durable pour le Nord-Mali devra être trouvée par les Maliens eux-mêmes, appuyés de manière constante par la communauté internationale.

À cet égard, nous avons eu, avec les autorités maliennes un dialogue ouvert et utile. Le Président de la République a marqué que tout nouvel accord politique devrait être conclu au Mali. Les membres du Conseil de sécurité, de leur côté, ont souligné qu’ils intervenaient en soutien de l’action des autorités maliennes démocratiquement élues. Nous avons rappelé que les groupes devaient être désarmés dans le cadre d’un processus politique négocié, conformément aux engagements pris dans l’accord de Ouagadougou. Le Premier Ministre malien a suggéré que les deux processus, désarmement et dialogue, progressent dans un même mouvement. Il a en outre estimé qu’il fallait préciser les modalités du désarmement, en coordination avec la MINUSMA.

Les groupes armés, de leur côté, ont demandé que l’accord préliminaire de Ouagadougou soit pleinement et rapidement mis en œuvre. Ils ont souhaité que le Représentant spécial et la MINUSMA soutiennent ce processus. Nous leur avons rappelé l’obligation de cantonner leurs éléments et de s’engager dans une négociation qui implique à terme le désarmement.

Nous avons perçu le manque de confiance entre les deux parties. Nous avons exprimé notre soutien aux efforts de l’Algérie pour rapprocher les positions de ces deux parties. Nous ne pouvons que nous féliciter que le gouvernement malien nous ait remis, avant notre départ du Mali, les éléments d’une feuille de route pour une sortie de crise. Nous saluons l’adoption il y a quelques jours par le gouvernement et les groupes armés, soutenus par la MINUSMA, d’une méthode pour le cantonnement. Nous demandons désormais aux parties - gouvernement et groupes armés – de s’engager de manière sincère et sans délai sur cette voie. Le Conseil de sécurité demeurera très attentif au respect de ces engagements. Nous avons renouvelé notre plein soutien au Représentant spécial et à la MINUSMA pour soutenir ce dialogue.

Deuxièmement, dans le domaine de la sécurité, la sécurisation durable du Nord-Mali implique nécessairement une solution politique globale. Serval, l’opération française, et la MINUSMA ont relevé que les groupes terroristes disposent toujours des capacités pour mener des opérations. Nous avons rappelé l’urgence à ce que la MINUSMA se déploie rapidement et pleinement au Nord, en particulier dans le contexte de la décrue de Serval. L’opération européenne au Mali, EUTM Mali, nous a présenté son action de formation de l’armée malienne, qui inclut des enseignements pratiques pour le respect les droits de l’Homme.

Les représentants de la société civile malienne ont insisté sur le fait qu’il n’y aura pas de paix durable au Mali sans développement. Ce n’est qu’en offrant des perspectives d’emploi que l’on pourra éviter que la jeunesse du Nord-Mali ne rallie les rangs des groupes terroristes ou des narcotrafiquants. Le Représentant spécial a estimé nécessaire de remplir les engagements mutuels pris par les autorités maliennes et les partenaires financiers internationaux pour le développement du Mali, à la suite de la conférence de Bruxelles du 15 mai 2013.

Madame la présidente,

Pour conclure, je tiens, au nom du Conseil de sécurité, à exprimer mes sincères remerciements aux autorités maliennes pour l’accueil qu’elles ont accordé au Conseil et pour les échanges constructifs et francs que nous avons eus. Je souhaite en outre remercier le Secrétariat des Nations Unies et la MINUSMA, et en particulier M. Bert Koenders, le Représentant spécial, pour leur aide précieuse dans l’organisation de ce voyage.

Je vous remercie.

Pour en savoir plus sur le Mali.



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