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27 avril 2011 - Conseil de sécurité - La situation en Syrie - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Secrétaire général adjoint, M. Lynn Pascoe, pour l’exposé de la situation en Syrie qu’il a présenté à ce Conseil, et qui vient nourrir nos inquiétudes.

Je tiens devant ce Conseil à exprimer la plus vive préoccupation de la France face aux violences exercées par les autorités syriennes contre les manifestants civils. Nous condamnons sans réserve ces brutalités inacceptables, qui ont déjà fait des centaines de victimes civiles parmi la population syrienne, mais également de nombreux disparus parmi les manifestants, les journalistes et les militants des droits de l’Homme. Deraa est depuis trois jours une ville assiégée par l’armée syrienne, privée d’eau, d’électricité, de liaisons avec l’extérieur, encerclée par des chars et menacée par l’artillerie lourde. Le souvenir des massacres commis au dépens de la population civile qui ont ensanglanté la Syrie au début des années 1980, notamment à Hama, est trop douloureux pour que la communauté internationale assiste silencieuse à cette escalade dans la répression.

Le Conseil doit adresser aujourd’hui un message clair aux autorités syriennes : cette répression aveugle et brutale doit cesser immédiatement. Les autorités syriennes doivent respecter les libertés et droits fondamentaux de leurs citoyens, et particulièrement le droit de manifester pacifiquement et la liberté de la presse. Les arrestations arbitraires doivent cesser, ainsi que les restrictions pesant sur les médias. Nous appelons les autorités syriennes à libérer immédiatement les détenus d’opinion. Nous soutenons l’appel du Secrétaire général à la mise en place d’une enquête indépendante, transparente et efficace sur les crimes commis. Les responsables et les auteurs de ces actes devront répondre de leurs agissements.

Seules des réformes répondant aux aspirations légitimes de la population permettront de préserver la stabilité du pays, ce qui est dans l’intérêt de tous. La Syrie joue un rôle déterminant dans la stabilité régionale. Or, à ce stade, nous ne pouvons que constater que la levée de l’état d’urgence et les autres réformes annoncées par le Président ont été suivies d’une recrudescence de la violence qui vient les contredire. L’appel du peuple syrien à la liberté, à la démocratie et au respect de ses droits universels doit être entendu par les autorités syriennes, et à défaut il doit être entendu par ce Conseil.

La France, avec d’autres, si rien ne se passe de positif, étudiera toute une série d’options visant à accroître la pression sur le régime syrien afin qu’il cesse la répression et s’engage dans la voie des réformes. Des mesures fortes devront être prises si cet appel n’est pas entendu. Le Conseil des droits de l’Homme s’est également saisi de la question et adoptera, nous l’espèrons, une résolution à l’issue de sa session spéciale vendredi.


Je vous remercie.



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