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27 janvier 2010 - Conseil de Sécurité - Débat ouvert sur la situation au Proche Orient : intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies

Je remercie le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, M. Taranco-Fernandez pour son exposé. Je remercie également la Représentante permanente d’Israël et l’Observateur permanent de Palestine pour leurs interventions.

I) Je commencerai par quelques mots sur le Liban :

Nous nous réjouissons de la mise en place du gouvernement libanais qui s’est mis au travail dès la déclaration ministérielle adoptée en décembre dernier. La visite en France de Saad Hariri, Président du Conseil libanais, accompagné de plusieurs ministres a été l’occasion pour les autorités françaises de marquer leur soutien au renforcement de l’Etat libanais et de ses institutions, à la mise en œuvre des réformes dont le pays a besoin et à la poursuite de l’application des résolutions des nations unies, notamment la résolution 1701.

Nous considérons que la visite de Saad Hariri en Syrie va aussi dans le bon sens. La normalisation des relations entre les deux pays constitue une chance pour la région et nous espérons qu’elle se poursuivra et ira à son terme, je pense notamment la démarcation des frontières entre les deux pays, conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité.

La résolution 1701 doit être pleinement mise en œuvre : à cet égard, les contacts doivent se poursuivre entre les Nations Unies et les autorités israéliennes sur la question de Ghajar. Nous considérons qu’un retrait contribuerait à l’apaisement des tensions dans ce secteur.


II) Monsieur le Président, je passe maintenant au dossier israélo-palestinien. Je voudrais évoquer quatre points :


1. Premièrement : notre objectif principal aujourd’hui est la relance urgente du processus de paix : il n’y a pas d’alternative à la reprise des négociations en vue de la création d’un Etat palestinien viable, indépendant et démocratique, vivant en paix aux côtés d’Israël dans des frontières sûres et reconnues, sur la base des résolutions du CSNU et de l’initiative arabe de paix. C’est également la position de l’Union européenne, comme l’indiquera le chef de la délégation de l’UE dans son intervention, à laquelle la France s’associe.

La communauté internationale doit s’engager à accompagner les négociations et à garantir les paramètres d’un accord final pour permettre aux deux parties de s’y réengager. Nous apportons notre soutien déterminé aux autorités américaines dans cet effort.


2. Deuxième point : nécessité d’évolutions sur le terrain :

- La colonisation reste un obstacle majeur sur le chemin d’un règlement : La décision du Gouvernement israélien de prononcer un moratoire de 10 mois sur les nouvelles constructions et la délivrance de nouveaux permis de construire en Cisjordanie est un pas dans la bonne direction. Aucune paix ne sera possible sans un arrêt total des constructions dans les colonies en Cisjordanie et Jérusalem est. Elles sont illégales. Comme l’a rappelé le Président Sarkozy, la colonisation, en rendant plus difficile la perspective d’un Etat palestinien, ne contribue pas à la sécurité d’Israël mais, au contraire, accroît les dangers.

- dans ce contexte, s’agissant de Jérusalem, , toute forme de provocation doit être évitée. Nous appelons notamment les autorités israéliennes à cesser les destructions de maisons et autres expulsions à Jérusalem-Est. Il ne pourra y avoir de paix excluant Jérusalem, qui a vocation, comme l’a dit le président de la République dans son discours à la Knesset le 23 juin 2008, à devenir la capitale de deux Etats.

- L’Autorité palestinienne doit, de son côté, poursuivre ses efforts pour le renforcement du secteur de la sécurité et pour la mise en place d’un Etat de droit. La poursuite de la lutte sans merci contre le terrorisme doit rester une priorité.


3. Troisième point : Au-delà des questions humanitaires qui continuent de nous préoccuper, oublier Gaza serait une erreur politique. Nous appelons à la mise en œuvre complète de la résolution 1860 avec notamment la levée immédiate du blocus qui frappe ce territoire en matière d’aide humanitaire, de biens commerciaux et de mouvement de personnes, mais également l’arrêt de la contrebande d’armes vers Gaza. Nous regrettons que l’Etat d’Israël continue à ne pas permettre l’accès de l’aide humanitaire a Gaza comme l’exige la Résolution 1860.

Nous appelons aussi à la libération sans délai de Gilad Shalit, question qui est suivie avec la plus grande attention par la France.

- S’agissant du rapport Goldstone, je rappelle la position constante de la France : le droit international humanitaire doit être respecté en tout lieu, en toute circonstance et par toutes les parties à un conflit. Cela s’applique également à Gaza et dans le sud d’Israël. Je rappelle à cet égard l’importance que revêt la mise en place par les parties d’un processus d’enquête indépendante et conforme aux standards internationaux sur les allégations de violations du droit international humanitaire et des droits de l’Homme lors de la crise à Gaza.


4. Quatrième et dernier point : la communauté internationale doit apporter un soutien fort à l’Autorité palestinienne et à M. Abbas, afin de consolider les institutions du futur Etat palestinien. L’enjeu est aussi pour Israël d’accompagner de manière beaucoup plus déterminée ce mouvement. Des gestes ont été consentis sur le terrain mais ils demeurent insuffisants. Les Palestiniens doivent pouvoir percevoir que les évolutions sur le terrain tendent vers la fin de l’occupation, notamment en matière de liberté de mouvement et d’accès.

L’appui financier à l’Autorité palestinienne est un élément crucial, qui a des conséquences politiques. Hier soir, le Ministre français des affaires étrangères a présidé une nouvelle réunion de suivi de la Conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien tenue à Paris le 17 décembre 2007. 5,5 milliards USD ont été versés à l’Autorité palestinienne après la conférence de Paris. La France attache une importance particulière au suivi de ces engagements.

Le premier ministre palestinien, S. Fayyad, Mme Ashton, Haute représentante pour les Affaires étrangères et de sécurité, M. Blair, représentant spécial du Quartet ainsi que les ministres des affaires étrangères de Norvège et d’Egypte participaient à la réunion d’hier à Paris. Le plan du Premier ministre palestinien, que nous soutenons, a été largement évoqué à cette occasion : ce plan s’inscrit dans la perspective de la conférence de Paris, dont l’aboutissement sera l’établissement d’un Etat palestinien.


Monsieur le Président,

Je le répète, la relance urgente des négociations est notre objectif majeur. Cela concerne les Israéliens et les Palestiniens mais nous n’oublions pas les autres volets régionaux du processus de paix. Dans cette perspective, nous travaillons aussi à créer les conditions d’une reprise des pourparlers syro-israéliens. La communauté internationale et ce Conseil ont un rôle majeur à jouer car la situation au Proche Orient nous concerne tous. La France est prête à prendre toute sa part dans cet effort. C’est dans ce sens, que le Président Sarkozy a lancé l’idée d’un sommet pour la paix, qui appuierait les efforts américains et accompagnerait la reprise des négociations de paix et qui serait préparé en concertation avec tous les acteurs concernés.


Je vous remercie ./.



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