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27 juillet 2009 - Conseil de sécurité : la situation au Proche Orient - Intervention de M. Jean-Pierre Lacroix, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je souhaite en premier lieu remercier le Sous-secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Fernandez-Taranco, pour sa présentation et aussi lui souhaiter la bienvenue au Conseil de sécurité. La France s’associe à l’intervention que prononcera tout à l’heure le Représentant permanent suédois au nom de l’Union européenne.


Pour commencer je voudrais en quelques mots évoquer le dossier libanais, que ce Conseil de sécurité traite par ailleurs : Je voudrais marquer la satisfaction de la France s’agissant du bon déroulement des élections législatives du 7 juin dernier. C’est une nouvelle étape positive pour ce pays et pour sa démocratie. Nous souhaitons que la dynamique de dialogue se poursuive et permette au Liban de progresser sur la voie de l’unité, de la stabilité et des réformes auxquelles aspire sa population. Les incidents récents au Sud Liban viennent nous rappeler l’importance d’une mise en œuvre complète par toutes les parties de la R. 1701. Nous réitérons notre plein soutien à l’action de la FINUL : toute attaque contre la Force est inacceptable. Il est important, essentiel même, que les parties coopèrent pleinement avec la FINUL.


Monsieur le Président, je passe maintenant au dossier israélo-palestinien : Rarement, pour ne pas dire jamais, il y aura eu un tel consensus international sur la nature d’une solution au conflit : j’entends par là, la création d’un Etat palestinien viable, indépendant et démocratique, vivant en paix aux côtés d’Israël dans des frontières sûres et reconnues. Les déclarations du Premier ministre israélien constituent, sur ce point précis, un premier pas bienvenu, comme l’ont souligné le 15 juin dernier les Ministres des affaires étrangères de l’Union européenne.

La question est désormais de déterminer la manière de franchir les étapes menant à cet objectif. Ces étapes sont nombreuses, difficiles à franchir et de nature différente. J’en citerai trois principales :

1. En premier lieu, des améliorations dans la vie quotidienne sont nécessaires pour éviter que les populations perdent tout espoir. Cela passe par la mise en œuvre par les parties des obligations de la Feuille de route.

A cet égard, les autorités israéliennes doivent cesser toutes les activités de colonisation ainsi que les destructions de maisons et autres expulsions en Cisjordanie comme à Jérusalem-Est. La question de la colonisation est bien entendu prépondérante et nous saluons le fait que le Président Obama ait justement mis en exergue ce point. Comme l’a rappelé le Président Sarkozy, la colonisation, en rendant plus difficile la perspective d’un Etat palestinien, ne contribue pas à la sécurité d’Israël mais, au contraire, accroît les dangers. Les autorités françaises, de même que l’Union européenne, ont fait passer ce message sans ambiguïté aux autorités israéliennes.

Une deuxième évolution nécessaire sur le terrain concerne la liberté de mouvement et d’accès. Cela concerne bien entendu Gaza, j’y reviendrai. Mais cela concerne également la Cisjordanie et Jérusalem-Est. La levée par les autorités israéliennes de certains obstacles importants à la circulation (notamment à Naplouse) constitue une évolution positive qui doit se poursuivre. Toutes les mesures permettant de tendre vers une vie normale pour la population palestinienne doivent être encouragées : au-delà de leurs conséquences humaines et humanitaires, ces mesures permettent également de placer les Palestiniens et leurs autorités face à leurs responsabilités, qui consistent à renforcer les fondations de leur futur Etat.

A cet égard, l’Autorité palestinienne doit poursuivre ses efforts pour le renforcement du secteur de la sécurité et pour la mise en place d’un Etat de droit. La poursuite de la lutte sans merci contre le terrorisme doit rester une priorité.

2. S’agissant de la situation à Gaza, et ce sera mon deuxième point, la consolidation du cessez-le-feu, qui passe par la pleine mise en œuvre de la résolution 1860, reste la priorité : la résolution 1860 a posé les principaux paramètres d’un cessez-le-feu durable, notamment la réouverture des points de passage ou encore la mise en place de mécanismes permettant la fin de la contrebande d’armes.

La situation humanitaire à Gaza est très préoccupante : nous appelons à l’ouverture immédiate des points de passage notamment pour permettre l’accès de l’aide humanitaire et la reprise de l’activité économique. Au-delà des questions humanitaires et de reconstruction, la fermeture imposée conduit, nous semble-t-il, à la perpétuation du statu quo politique à Gaza.

Parallèlement à ces efforts, nous continuons d’appeler fermement à la libération inconditionnelle et immédiate de Gilad Shalit.

3. Mon troisième et dernier point concerne la réconciliation inter-palestinienne et le rôle des Etats voisins : les Palestiniens doivent pouvoir parler d’une seule voix afin de remettre le processus de paix en marche. Il ne pourra en effet pas y avoir d’accord de paix avec une partie seulement du peuple palestinien, ni d’Etat palestinien viable sans Gaza. Alors que les pourparlers en vue d’une réconciliation inter-palestinienne se heurtent à de nombreux défis, nous continuons à soutenir les efforts de médiation égyptiens.

Les pays de la région ont, bien entendu, un rôle important à jouer. Le moment venu, nous serons prêts à travailler avec un gouvernement d’Union nationale qui respectera les principes fondamentaux du processus de paix et acceptera de reprendre les négociations avec Israël pour aboutir à la solution de deux Etats.

Nous continuons par ailleurs à apporter tout notre soutien à l’Initiative arabe de Paix, qui doit constituer une base essentielle d’un règlement global et durable au Proche-Orient. Toutes les mesures, tous les gestes des Etats de la région montrant leur engagement pour une paix durable, qui implique notamment des relations de bon voisinage avec Israël, sont à encourager. Dans le cadre de cette approche régionale, il nous semble également que le temps est venu d’avancer sur les volets syrien et libanais du processus de paix.



Monsieur le Président

Les éléments que je viens d’évoquer détermineront, en cette période cruciale pour le Proche-Orient, les avancées vers la nécessaire reprise de négociations en vue d’un accord de paix qui devra être fondé sur le principe de l’échange de la terre contre la paix, sur les résolutions du Conseil de sécurité et sur l’initiative arabe de paix.

La communauté internationale et ce Conseil doivent s’engager pleinement car la situation au Proche Orient nous concerne tous et parce qu’il y a urgence. La France et l’Union européenne ont fait part, à plusieurs reprises, de leur disposition à appuyer et à faciliter, autant que nécessaire, les négociations et à réfléchir aux garanties que nécessiterait un éventuel accord. Nous avons noté avec beaucoup d’espoir les intentions affichées par la nouvelle administration américaine. Il est désormais temps d’avancer concrètement sur le chemin de la paix. La France est prête à prendre toute sa part dans cet effort.

Je vous remercie./.



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