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27 septembre 2010 - Conseil de sécurité - Lutte contre le terrorisme - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le Président du Conseil,


Nous sommes tous touchés par le terrorisme ou susceptibles de l’être. La France a été ainsi frappée voici quelques jours à peine par l’enlèvement au Niger de cinq de ses citoyens.

Monsieur le Président,

La France veut voir les Nations unies jouer un rôle accru dans la lutte contre le terrorisme. Beaucoup a déjà été fait. Depuis 1963, nous nous sommes dotés de 16 instruments internationaux. Depuis le début des années 1990, le Conseil de sécurité s’est saisi de cette question qui constitue une grave menace à la paix et à la sécurité internationale. Un régime de sanctions visant Al-Qaïda et les Talibans a été mis en place. Grâce à la volonté des Etats membres des Nations Unies, il existe aujourd’hui une Stratégie antiterroriste globale, à laquelle l’Assemblée générale vient de réaffirmer son soutien.

Mais la menace change en permanence d’aspect comme de nature, parce qu’elle tient à des racines complexes, propres à chaque situation régionale. Nous parlons ici de racines, non de causes, encore moins de justifications : s’il est un point sur lequel la communauté internationale ne doit en aucun cas transiger, c’est que le terrorisme est en tous les cas, dans toutes les circonstances, inexcusable.

Mais cette pétition de principe ne doit pas nous empêcher de chercher à comprendre ces racines du phénomène terroriste, de manière à mieux adapter les outils que nous avons élaborés pour y faire face. Il me paraît important à cet égard de souligner l’une des évolutions les plus importantes que nous avons pu constater dans les réseaux terroristes depuis quelques années, leur propension à la régionalisation.

Plus qu’à une nébuleuse globale et décentralisée, nous faisons aujourd’hui face à des mouvements autonomes les uns par rapport aux autres, ayant chacun ses modes de recrutement, ses ressources logistiques et financières, ses objectifs politiques, sa propre logique, qui nécessitent des réponses spécifiques et adaptées. Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) est l’un des exemples les plus manifestes de cette évolution, qui voit un groupe définir une stratégie régionale de déstabilisation, comme des modes opératoires transnationaux. Nous devons imaginer une riposte qui puisse prendre en compte cette évolution.

Monsieur le Président,

Nous avons engrangé des succès contre les réseaux terroristes. Mais il faut faire plus :

- l’ensemble des Etats doit ratifier, et mettre en œuvre, les 16 instruments juridiques internationaux pertinents ;

- les négociations sur la convention globale sur le terrorisme, potentielle clé de voûte de la coopération internationale, doivent aboutir ;

- la lutte contre le terrorisme menée par les forces de sécurité et les autorités judiciaires doit se poursuivre dans le respect des Droits de l’homme et des instruments internationaux pertinents. C’est une condition de la légitimité et de l’efficacité de la lutte contre le terrorisme ;

- l’assistance technique doit conforter l’action conjointe des services de renseignement, des autorités de police et des instances judiciaires ; elle doit aider tous les Etats à remplir leurs engagements ;

- la pauvreté et l’absence de perspectives de développement sont le terreau du terrorisme. Les programmes de l’ONU doivent continuer de prendre en compte cette dimension.

- nous devons favoriser de véritables stratégies régionales en réponse aux déstabilisations orchestrées par les réseaux terroristes ;

- La montée de la criminalité transnationale organisée, sur laquelle le Conseil s’est déjà penché, constitue également un facteur important de propagation du terrorisme dans la mesure où elle affaiblit les capacités de réponse des Etats. Notre organisation doit rester mobilisée contre ce fléau ; le trafic de drogue en est une illustration que ce soit en Afrique centrale ou en Afrique de l’Ouest

- Nous devons tous apporter notre soutien à l’Equipe spéciale contre le terrorisme (CTITF), chargée de coordonner l’ensemble des actions de l’Organisation en matière de lutte contre le terrorisme

- Nous devons également appuyer les travaux du panel d’experts crée en appui au comité 1267 qui est chargé de tenir à jour la liste récapitulative des personnes et entités liées à Al-Qaïda et aux talibans

Voilà, Mesdames et Messieurs les Ministres, Chers Collègues, notre vision : donner à la communauté internationale les moyens de faire face, dans le strict respect des principes démocratiques et des droits de l’homme, à une menace qui pèse aujourd’hui sur tous les Etats.

Je vous remercie./.



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