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28 août 2014- Conseil de sécurité - Réunion de synthèse mensuelle - Intervention de Mme Béatrice Le Fraper du Hellen, Premier Conseiller de la France auprès des Nations unies

Je remercie l’Ambassadeur Lyall Grant et son équipe pour sa Présidence efficace.

Je voudrais simplement évoquer quelques points.

Tout d’abord, sur une note positive, je voudrais relever l’unité du Conseil et sa productivité sur de nombreux sujets importants pour nous.

Parmi eux je citerai le renouvellement du mandat de la FINUL, qui est si important dans un contexte de crise régionale dont nous nous devons de limiter les répercussions au Liban. Nous espérons que tous les Etats membres continuent à soutenir le rôle de la FINUL.

Autre approche unie également sur la lutte contre le terrorisme.

Ce mois-ci, le Conseil a enfin pris des mesures à l’encontre de l’Etat islamique. Et nous saluons la Mission britannique pour l’adoption de la résolution 2170. C’est une résolution qui condamne enfin les actions terroristes de l’EEIL et qui - pour la première fois au Conseil – s’intéresse aux combattants étrangers. Pour nous cela était très important et nous espérons que le Sommet du Conseil que préparent nos partenaires américains pour la semaine ministérielle sur cette question des combattants terroristes sera un nouveau moment pour approfondir notre action, au plus haut niveau, sur cette question. Unité encore, sur la Libye, puisque les Nations unies, dans ce dossier, ont un rôle à jouer et que le Conseil est venu très opportunément adopter une résolution qui renforce l’embargo sur les armes et étend les sanctions individuelles à ceux qui entravent la transition politique. Le Président de la République française qui vient d’indiquer qu’un soutien exceptionnel des Nations unies aux autorités libyennes pour rétablir l’Etat est nécessaire. Et c’est un sujet sur lequel nous garderons toute notre attention pendant le mois de septembre.

Unité encore sur de nombreuses crises en Afrique, et là encore ma délégation voudrait saluer la réunion du 7 août qui a été présidée par le ministre britannique pour les affaires africaines et qui a permis de réunir les pays clés de la région des Grands Lacs et de rappeler les grandes priorités du Conseil. Ces priorités ont été inscrites dans la déclaration adoptée le 25 août qui rappelle notamment que la mise en œuvre de la résolution du Conseil sur la neutralisation des groupes armées, en priorité le FDLR, est une exigence.

A contrario, Monsieur le Président, et c’est notre deuxième point, le Secrétaire général s’en est fait l’écho devant nous pendant le débat public que vous aviez organisé, ce Conseil reste marqué par de fortes divisions qui sapent la capacité de l’Organisation à agir.

Nous regrettons que sur la Syrie, le soutien indéfectible de certaines délégations à un régime répressif n’ait pas permis à temps une action concertée, et nous avons ouvert la voie aux terroristes et aux extrémistes. La France continuera à œuvrer contre l’usage abusif du veto par les délégations, usage abusif qui s’est manifesté dans le cas de la situation en Syrie.

Monsieur le Président, des divisions aussi sur l’Ukraine, nous venons de l’évoquer il y a un instant dans ce Conseil, où l’attitude de la Russie continue, c’est très simple et c’est très net, de déstabiliser le pays.

Troisième point, Monsieur le Président, sur un autre sujet, le Conseil a peut-être l’opportunité de jouer un rôle qu’il n’a pas vraiment assumé jusqu’ici, je pense à Gaza.

Nous avons désormais un cessez-le-feu sans limitation de durée annoncé par les autorités égyptiennes.

Nous engageons les parties à respecter ce cessez-le-feu et à poursuivre les discussions menées sous les auspices de l’Egypte.

Mais, en coordination avec nos partenaires européens et en coordination avec nos partenaires du Conseil de sécurité, nous souhaitons aller au-delà et essayer de contribuer à des solutions sur la base d’un tel accord. Nous pensons, comme d’autres que le Conseil de sécurité a un rôle à jouer sur ce point.

Enfin, Monsieur le Président, je voudrais conclure sur l’accent qui a été mis par la présidence britannique sur la prévention des conflits pendant votre présidence, en particulier sous l’angle de l’alerte précoce. Mais aussi avec ce voyage en Europe qui a rappelé l’histoire l’importance de la prévention pour éviter les crises et qui a été déterminant pour nous. L’adoption de la résolution 2171 était aussi évènement que nous saluons. Votre débat sur la prévention des conflits nous a permis d’entendre pour la dernière fois devant ce Conseil Mme Pillay, la Haute-Commissaire aux droits de l’Homme, qui termine son mandat. Sous son mandat, l’interaction du Conseil de sécurité et du Haut-commissariat n’a cessé de se renforcer : c’est désormais une tendance lourde de nos travaux. Parmi ses ultimes recommandations, elle a suggéré un briefing mensuel par son successeur au poste de Haut-Commissaire aux droits de l’Homme. Il faut y réfléchir sérieusement, parce que ce serait l’occasion de donner au Haut-Commissaire toute la possibilité de jouer son rôle d’alerte, plutôt que de venir briefer le Conseil, à notre demande, alors que des crises ont déjà éclatées et sont ouvertes.

Lors du débat que vous avez tenu, nous avons aussi pu réaffirmer le rôle étendu du Secrétaire général dans le domaine de l’alerte précoce, c’était important.

Monsieur le Président,

En conclusion, je voudrais vous remercier aussi pour les efforts faits en termes de méthodes de travail et pour limiter nos interventions. Nous partageons le souci, qui est le vôtre, d’avoir des échanges publics dans cette salle pour des raisons de transparence. Mais aussi des consultations, beaucoup plus interactives, pour accélérer notre prise de décision commune et marquer cette unité du conseil dont je parlais tout à l’heure.

Je transmets aux Etats-Unis nos vœux de réussite pour le mois de septembre.

Je vous remercie.



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