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28 juillet 2009 - Conseil de sécurité : MINURCAT - Intervention de M. Jean-Pierre Lacroix, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je remercie le représentant spécial du Secrétaire Général, Victor Angelo, pour son exposé.

La situation au Tchad et en RCA est porteuse de plusieurs défis pour le Conseil de sécurité et les Nations Unies en général :


Premier défi : Il est important d’achever le déploiement de la MINURCAT et de s’assurer du bon fonctionnement du DIS.

Jusqu’ici la transition entre l’EUFOR et la MINURCAT s’est bien passée grâce au caractère progressif du retrait des contingents européens, aux efforts du DOMP et à la bonne coordination entre toutes les parties. Il est néanmoins essentiel que le déploiement de la MINURCAT s’accélère et soit mené à son terme. Nous appelons tous les Etats à confirmer leurs engagements ou à en prendre de nouveaux.

La France, à titre national, a annoncé qu’elle maintiendrait un bataillon logistique en plus de son détachement de soutien au bataillon togolais de Birao et de l’appui plus général apporté par le biais du dispositif Epervier.

Il est indispensable aussi que les Nations Unies respectent les engagements conclus avec le Tchad concernant les délais de la construction d’infrastructures aéroportuaires.

S’agissant du Détachement Intégré de Sécurité (DIS), nous nous réjouissons qu’il ait pu être totalement déployé, qu’il assure la sécurité dans douze camps de réfugiés, dans certaines villes de l’Est du Tchad et escorte également de nombreux convois humanitaires (d’après le rapport du SG : 2600 escortes entre octobre 2008 et mai 2009). Nous sommes cependant préoccupés par certains problèmes de comportement dont ont fait preuve certains personnels du DIS, cela nécessite de la vigilance.

Il faut que la MINURCAT apporte le soutien logistique nécessaire au DIS, il est important que l’articulation de ces deux forces soit assuré. Une bonne synergie est indispensable pour le DIS puisse accomplir sa mission mais aussi pour la crédibilité des Nations Unies auprès des autorités tchadiennes.


Deuxième défi : Protéger les populations et les travailleurs humanitaires dans un contexte sécuritaire très incertain.

Comme l’indique le rapport du Secrétaire Général, le climat sécuritaire au Tchad comme en République centrafricaine reste tendu.

La tension qui caractérise les relations entre le Tchad et le Soudan est très préoccupante et nous appelons ces deux pays à mettre en œuvre leurs engagements et à s’abstenir de toute provocation susceptible d’entrainer une escalade. Les violations des espaces territoriaux respectifs et les soutiens croisés aux groupes rebelles doivent cesser.

Davantage d’efforts doivent être faits également pour lutter contre le banditisme. Au Tchad comme en RCA, les attaques contre le personnel humanitaire restent à un niveau très élevé. Les chiffres indiqués par le rapport du Secrétaire Général sont très préoccupants (152 attaques en 5 mois). Ce sont aussi les membres du DIS qui sont attaqués, ce qui a entrainé la mort de trois membres du DIS en avril, mai et juin dernier.

En République centrafricaine, la montée des tensions ethniques a provoqué une insécurité accrue. Nous nous félicitons de la manière dont la MINURCAT a accompli son mandat, notamment de l’aide apportée aux travailleurs humanitaires lors des attaques des 6 et 21 juin derniers.

Nous encourageons la MINURCAT, en collaboration avec les autorités tchadiennes, à poursuivre son action afin que cessent les violations de droits de l’homme, et en particulier le recrutement d’enfants par les groupes armés et les violences sexuelles.


Troisième défi : Pousser les diverses parties à participer de bonne foi aux processus politiques.

Il est en premier lieu essentiel que le Tchad et le Soudan rejoignent le processus de Dakar et règlent leurs problèmes de voisinage.

S’agissant du processus politique interne au Tchad, nous nous félicitons des progrès de la mise en œuvre de l’accord du 13 août 2007, notamment grâce à la finalisation d’un code électoral, d’une commission électorale nationale indépendante et l’adoption de lois sur le statut de l’opposition et les partis politiques. Le lancement d’un recensement, étape indispensable, dans la préparation des élections, est un développement notable. Nous souhaitons que ce mouvement positif se poursuive.

En République centrafricaine aussi le processus de paix doit se poursuivre et en particulier le programme de DDR.


Pour finir, je voudrais remercier à nouveau le représentant spécial du secrétaire général de son travail et du plan de travail stratégique présenté dans le rapport du secrétaire général qui nous convient globalement. Je vous remercie./.



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