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28 octobre 2011 - Conseil de sécurité
Femmes, paix et sécurité - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

La participation et le rôle des femmes dans la prévention et la médiation des conflits

Madame la Présidente,

Je souhaiterais en premier lieu vous remercier pour l’organisation de ce débat et également remercier le Secrétaire général, Mme Bachelet, l’ambassadeur Kapambwé et Mme Nemat de leur participation et de leurs interventions.


Je m’associe à la déclaration qui sera prononcée au nom de l’Union européenne.

Plus que jamais, il nous paraît opportun que le Conseil se préoccupe de la participation et du rôle des femmes dans la prévention et la médiation des conflits. Le Printemps arabe est venu nous le rappeler avec force. En Tunisie, en Egypte, en Libye, les femmes ont été des acteurs majeurs des transitions qui se sont opérées. En Syrie et au Yemen, les femmes ont lutté, et luttent encore aujourd’hui avec un courage exceptionnel, pour défendre leurs libertés, pour faire respecter les droits de l’Homme les plus fondamentaux et pour faire entendre leurs appels à la démocratie. Je tiens à cet égard à saluer l’attribution cette année du Prix Nobel de la paix à trois femmes d’exception qui oeuvrent remarquablement au service de la paix et des droits de l’Homme.

Les femmes doivent continuer à être représentées et activement consultées dans les processus de réformes en cours. Elles doivent avoir leur place aux côtés des hommes pour mener à bien la transition vers la démocratie, vers des régimes plus justes et plus respectueux des libertés de leurs populations. Il en va du succès des transitions politiques en cours. Il en va également, par voie de conséquence, de la stabilité de ces pays, et donc de la paix et de la sécurité de la région.


Madame la Présidente,

La mise en œuvre effective des résolutions « Femmes, paix et sécurité » du Conseil de sécurité est une priorité pour la France, qui a œuvré activement pour leur adoption, comme elle a également œuvré en vue d’un renforcement de la prise en compte de cette problématique au sein de l’Union européenne, notamment sous la Présidence française de l’Union européenne en 2008.

La France a adopté l’an dernier un Plan national d’action pour la mise en œuvre de ces résolutions. Il vise notamment à favoriser au niveau international la protection des femmes contre toutes les formes de violences, le respect de leurs droits fondamentaux mais aussi leur égale participation aux processus décisionnels dans le cadre de la consolidation de la paix, de la reconstruction et du développement.

La France a pris des engagements dans le cadre de son plan national d’action afin de renforcer la participation directe des femmes aux opérations de reconstruction et aux processus décisionnels, en favorisant leur accès à des fonctions de responsabilité. La France met notamment en œuvre, en partenariat avec ONU Femmes, plusieurs programmes de coopération. Ceux-ci sont destinés à renforcer la participation des femmes aux processus décisionnels, leur accès et leur participation à la justice, en s’appuyant notamment sur les organisations de la société civile, et les organisations de femmes en particulier : ces programmes sont mis en œuvre en Afrique et dans le monde arabe, ainsi qu’en Afghanistan. La France développe par ailleurs des programmes destinés à renforcer la participation des femmes aux opérations extérieures. Notre plan d’action prévoit également des initiatives destinées à renforcer la sensibilisation au respect des droits des femmes dans les programmes de formation, autre point important dans la mise en œuvre des résolutions Femmes, Paix et Sécurité.

Madame la Présidente,

Je souhaite remercier le Secrétaire général pour son récent rapport, dont nous partageons la plupart des analyses, et saluer ici le travail accompli par ONU Femmes, sous la direction de Mme Bachelet. Le cadre stratégique et les indicateurs de suivi mentionnés dans le rapport constituent des outils utiles, tant pour les Etats membres que pour les Nations unies, pour le suivi de la mise en œuvre des résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité. Ils permettent non seulement d’évaluer les résultats mais aussi d’identifier les carences en matière de participation des femmes à la prévention et la résolution des conflits. Ces instruments permettent aussi d’orienter l’action de la communauté internationale pour assurer une meilleure protection des femmes dans les conflits armés.

Nous avons vu des progrès ces dix dernières années dans ce domaine. Le Conseil a mis en place au fil des résolutions, un cadre qui permet une approche plus cohérente de la protection des femmes et de la promotion de leur participation au règlement des conflits. Parallèlement, le Secrétariat, les agences, fonds et programmes et autres institutions des Nations unies ont désormais une action mieux coordonnée. Le rôle de Mme Bachelet y a incontestablement contribué. Je tiens également à saluer le travail et les efforts de coordination de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les violences sexuelles dans les conflits et de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés pour leurs contributions respectives.

Madame la Présidente,

Permettez-moi de conclure sur la question de la justice, qui est une question majeure pour la mise en œuvre des résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité. Comment les femmes pourraient-elles s’exprimer et participer à la vie publique si elles doivent côtoyer leurs anciens tortionnaires ou vivre dans la peur et sous l’oppression ? Comment pourraient-elles accéder à la justice si le chemin vers celle-ci n’est pavé que d’humiliations, d’obstacles, voire de menaces ou de représailles ? L’accès à la justice et la lutte contre l’impunité sont des conditions indispensables à une pleine participation des femmes. En particulier, il est du devoir de la communauté internationale de recourir à l’ensemble des instruments à sa disposition, par l’établissement de commissions d’enquête, des renvois à la Cour pénale internationale et des sanctions ciblées en cas de violations graves et d’atteintes systématiques aux droits des femmes. Ce n’est qu’à cette condition que l’action de la Communauté internationale bénéficiera d’une véritable crédibilité pour la protection et la promotion de la participation des femmes dans la résolution des conflits.

Je vous remercie.



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