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28 octobre 2013 - Conseil de sécurité - Coopération entre les Nations unies et les organisations régionales et sous-régionales en matière de paix et de sécurité internationales - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies

Renforcer le partenariat synergique entre l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation de la coopération islamique

Monsieur le Président,

Je vous remercie pour l’organisation de ce débat qui permet à ce Conseil d’examiner un sujet cher à mon pays, celui de la contribution des organisations régionales et sous régionales au maintien de la paix et de la sécurité internationales et à la promotion de l’Etat de droit.

Je remercie le Secrétaire général pour son intervention.

Je me félicite que le Secrétaire général de l’Organisation de la Coopération Islamique ait eu l’occasion de s’exprimer pour la première fois devant ce Conseil. Je tiens à saluer son dynamisme qui a permis de transformer profondément l’Organisation et nous nous réjouissons de travailler prochainement avec son successeur Mr. Iyad Madani, que nous saluons et à qui nous souhaitons un plein succès dans l’exercice de ses futures fonctions.

La France a renforcé ses relations avec l’OCI. Nous avons nommé un Envoyé spécial auprès de l’organisation et nous tenons des consultations politiques régulières sur des sujets d’intérêt commun tels que la crise syrienne, le processus de paix au Moyen-Orient, les printemps arabes, le Mali et la lutte contre le terrorisme international. Nous avons également décidé d’approfondir nos échanges sur les droits de l’Homme.

Nous nous félicitons de l’adoption par l’OCI d’un programme d’action décennal pour faire face aux défis du 21ème siècle. Alors que le monde arabe et musulman est traversé par des crises majeures, le dialogue entre les Nations Unies et l’OCI sur des sujets tels que la prévention des conflits et la médiation, les droits de l’Homme, l’aide humanitaire et les réfugiés, la lutte antiterroriste et le dialogue interculturel est essentiel. Il doit être renforcé.

Je soulignerai plusieurs aspects de la contribution de l’OCI à la réalisation des objectifs des Nations Unies.

Je voudrais tout d’abord saluer l’engagement courageux de l’Organisation de la Coopération Islamique dans le conflit syrien.

Depuis le début de la tragédie syrienne, l’OCI n’a eu de cesse d’appeler ce Conseil à s’acquitter de ses responsabilités pour mettre un terme à l’effusion de sang. L’OCI a souligné la responsabilité première du gouvernement syrien dans la poursuite de la violence, des meurtres et des tueries qui ont couté la vie à des milliers de civils non armés et elle a dénoncé les massacres perpétré dans les villes et les villages par les autorités syriennes. Face à l’intransigeance du régime syrien et sa volonté persistante d’une solution militaire à la crise, les dirigeants de l’OCI ont pris la décision courageuse de suspendre l’adhésion de la Syrie à leur Organisation en août 2012.

L’OCI a également tenu le Gouvernement syrien pour responsable des attaques chimiques contre le peuple syrien qui ont eu lieu le 21 août à Al-Ghouta dans la banlieue de Damas. Comme l’a indiqué M. Ihsanoglu, l’utilisation de telles armes en Syrie doit être considérée comme un crime de guerre et comme un crime contre l’humanité. Les auteurs de ce crime odieux doivent être traduits en justice.

Sur la Syrie, nous partageons le même objectif : mettre fin au conflit par une solution politique qui permette au peuple syrien de réaliser ses aspirations à la justice et à la liberté.

Comme l’OCI nous pensons également que le processus de paix au Proche-Orient est une question centrale. Nous espérons que les négociations entre les Palestiniens et les Israéliens permettront de parvenir à une solution négociée fondée sur la coexistence de deux États, Israël et Palestine, vivant dans la paix et la sécurité. Nous apprécions par ailleurs les efforts de médiation menées par l’OCI par le biais des bons offices de son Secrétaire général en Somalie où l’Organisation est un membre actif du Groupe de contact international ou en Afghanistan.

Je voudrais également saluer l’engagement des pays membres de l’OCI au service du maintien et de la consolidation de la paix à travers la contribution de forces militaires et de police pour les opérations de maintien de la paix.

Comme le Secrétaire général l’a souligné, l’OCI est un aussi partenaire important des Nations Unies dans le domaine humanitaire.

Un mémorandum d’accord et un plan d’action ont été signés par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires et l’OCI en 2011. Les deux organisations ont collaboré étroitement en Somalie et aux Philippines et, plus récemment, en Syrie, où elles ont procédé à une évaluation conjointe des besoins humanitaires. En 2011 et 2012, le Haut-Commissariat aux Réfugiés et l’OCI ont travaillé ensemble à la convocation d’une conférence ministérielle internationale sur les réfugiés dans le monde musulman.

Je voudrais saluer également l’engagement de l’OCI dans la lutte contre le terrorisme.

Comme l’a souligné à maintes reprises le Secrétaire général de l’OCI, rien ne saurait le justifier. Dans ce combat contre le terrorisme et l’extrémisme radical, nous savons que nous avons le soutien des Musulmans du monde entier, qui condamnent tous ceux qui dénaturent ou manipulent leur religion.

L’OCI est aussi un interlocuteur central de l’initiative des Nations Unies pour l’Alliance des civilisations. Nous nous félicitons que les Nations-Unies et l’OCI aient pris l’engagement de renforcer leur dialogue pour la promotion de la tolérance et de la paix. Il est essentiel de protéger et de promouvoir partout la liberté de religion ou de conviction et les droits des individus appartenant aux minorités religieuses.

En matière de droits de l’Homme, nous espérons que la Commission permanente et indépendante pour les droits de l’Homme que vient de mettre en place l’OCI contribuera efficacement à la protection et la promotion des droits de toutes les personnes au sein des pays membres de l’Organisation, dans le respect des principes universels des droits de l’Homme.

Pour conclure, M. le Président, je soulignerai que le partenariat entre les Nations Unies et les organisations régionales est un sujet de grande actualité. La gravité et le nombre des conflits dans le monde exigent de faire appel à tous les moyens disponibles. Ce partenariat doit continuer à s’exercer conformément aux principes et aux dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies, et sous l’égide du Conseil de sécurité. C’est ainsi que nous assurerons à la fois la cohérence de l’action internationale, la lisibilité de l’action des Nations Unies et le respect des valeurs de notre organisation.

Je vous remercie.

En savoir plus sur le rôle des organisations régionales dans le maintien de la paix et de la sécurité.



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