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29 mai 2013 - Conseil de sécurité - Bureau des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) et lutte contre la LRA - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie M. Abou Moussa, Représentant spécial et Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) pour sa présentation aujourd’hui sur la situation en Afrique centrale, sur les activités de l’UNOCA et sur l’état d’avancement des efforts de lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur, la LRA.

Monsieur le Président,

Les nombreux défis politiques et sécuritaires en Afrique centrale nécessitent une coordination de l’ensemble des acteurs nationaux, sous-régionaux, régionaux et des Nations unies. Nous saluons à cet égard les liens établis par l’UNOCA s avec la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) ainsi qu’avec la Conférence internationale sur la région des grands lacs (CIRGL).

Au-delà des ateliers et conférences qui sont organisés de façon régulière à l’initiative de l’UNOCA, l’important est que le Bureau concentre son action sur la prévention et l’appui aux efforts pour la résolution des conflits au sein de la sous-région. La crise en République centrafricaine, la crise à l’Est de la RDC ou encore la lutte contre la LRA font l’objet d’un suivi par les organisations sous-régionales, par l’Union africaine et par les opérations de maintien de la paix et bureaux des Nations unies compétents. Dans ce contexte, l’expertise de l’UNOCA doit être mise à profit pour appuyer directement ces efforts.

Monsieur le Président,

La situation à Bangui et dans l’ensemble de la République centrafricaine à la suite de la prise de pouvoir par la Séléka reste très préoccupante. Malgré les mesures annoncées de cantonnement des troupes de la Séléka, l’ordre public demeure précaire et les violations des droits de l’Homme et les pillages se poursuivent. La population civile est la première victime des violences, qui compliquent par ailleurs l’acheminement de l’aide humanitaire.

La stabilisation sécuritaire doit donc être la priorité. Nous saluons la décision de la CEEAC de renforcer la MICOPAX. La concertation entre la CEEAC, l’Union africaine et les Nations unies doit se poursuivre afin d’évaluer de quelle façon les Nations unies et le Conseil de sécurité en particulier peuvent appuyer le renforcement de la MICOPAX, qui est nécessaire pour permettre le rétablissement de l’ordre et protéger la population centrafricaine.

La crise centrafricaine prend de plus en plus une dimension régionale. Les besoins humanitaires augmentent jour après jour. On compte à présent environ 206 000 déplacés et 50 000 réfugiés, notamment en RDC, au Tchad, au Cameroun et au Congo-Brazzaville. 1,3 millions de personnes se trouvent d’ores et déjà dans une situation d’insécurité alimentaire. Dans ce contexte, la mobilisation humanitaire internationale reste pour le moment trop faible : l’appel d’urgence lancé par le BCAH n’est couvert qu’à 27%.

Sur le plan politique, les efforts de la CEEAC ainsi que les sommets de N’djamena des 3 et 18 avril ont permis de préciser un cadre pour la transition dans la perspective d’élections dans 18 mois. La réunion du groupe de contact à Brazzaville le 3 mai a confirmé ces axes et encouragé les partenaires de la RCA à appuyer la transition. Avec le soutien de la communauté internationale, le Premier ministre et les autorités de transition dans leur ensemble doivent aujourd’hui tout mettre en œuvre afin que les objectifs fixés soient respectés, notamment le renforcement de la représentativité des institutions de transition.

Monsieur le Président,

Alors que les efforts de stabilisation de la République centrafricaine se poursuivent, la lutte contre la menace de la LRA doit continuer sans relâche. Les rebelles conduits par Joseph Kony, lui-même recherché par la CPI, poursuivent leurs exactions, principalement en Centrafrique et en RDC, mais aussi au Soudan, au Soudan du Sud et en Ouganda. En 25 ans, le groupe a tué plus de 100 000 personnes en Afrique centrale. Il est responsable de l’enlèvement et du recrutement forcé de 60 000 à 100 000 enfants et du déplacement de 2,5 millions de personnes.

Nous nous félicitons des progrès concrets réalisés par l’Union africaine pour renforcer les moyens de lutte contre la LRA. La « Force opérationnelle régionale de lutte contre la LRA de l’UA » compte désormais 3500 hommes. Son concept d’opération et ses règles d’engagement ont par ailleurs pu être finalisés. Nous encourageons une coordination étroite de la Force opérationnelle régionale et des opérations de maintien de la paix des Nations unies sur le terrain afin de permettre le désarmement et la démobilisation des rebelles de la LRA, l’arrestation et le transfert à la CPI de ses leaders, et une meilleure protection des populations civiles.

En ce qui concerne spécifiquement le rôle des Nations unies, l’UNOCA a permis l’élaboration d’un « Plan de mise en œuvre » de la « Stratégie régionale des Nations unies pour la lutte contre la LRA ». Ce Plan, présenté en avril dernier, chiffre les besoins de financement pour les projets de lutte contre la LRA conduits par les agences des Nations unies et les ONG et va permettre de mieux structurer les efforts internationaux. Mais il devra être approfondi et actualisé pour assurer l’efficacité continue des efforts entrepris.

Par ailleurs, les opérations de maintien de la paix impliquées dans la lutte contre la LRA, c’est-à-dire la MINUAD, la MINUSS et la MONUSCO, disposent de mécanismes d’observation et de coordination sur les attaques et la localisation des membres de la LRA. Il importe qu’elles mettent à profit ces outils pour encourager davantage de défections des combattants et faciliter l’accueil des déserteurs, notamment des enfants.

Monsieur le Président,

Je conclurai en évoquant une tendance préoccupante évoquée dans le rapport du Secrétaire général : l’ampleur grandissante des activités de braconnage en Afrique centrale pour le financement d’activités criminelles, voire terroristes. Ce phénomène, qui met en danger à la fois la sécurité de la région et des espèces menacées, est désormais avéré. Dans ce domaine aussi, la coopération entre les Etats de la région, la CEEAC, l’Union africaine et les Nations unies doit être renforcée.

Je vous remercie.

En savoir plus sur la République centrafricaine.



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