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29 septembre 2009 - Conseil de sécurité : Afghanistan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Merci Madame la Présidente,

Permettez-moi, pour commencer, de remercier Mme Norma Chan de sa contribution aux travaux du Conseil et lui présenter tous mes vœux de bonheur dans la nouvelle vie qui s’offre à elle. Permettez-moi également de saluer la présence parmi nous du ministre des Affaires étrangères afghan, M. Spanta.

Madame la Présidente,

Dans le contexte post-électoral tendu que connait l’Afghanistan, je tiens d’abord à souligner le travail remarquable de la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan qui a confirmé son rôle central dans les efforts menés par la communauté internationale. Je souhaite en particulier saluer l’action du Représentant spécial M. Kai Eide, qui, en préservant une stricte mais vigilante impartialité, a apporté une contribution irremplaçable à la crédibilité du processus électoral.

Je tiens donc à réaffirmer notre pleine confiance au Représentant spécial, tant dans son rôle de porte-parole de la communauté internationale auprès du peuple afghan, que dans ses efforts pour assurer la mobilisation et la coordination de la communauté internationale, dossier sur lequel beaucoup reste à faire encore malgré les progrès réalisés depuis un an. Pour relever ces défis, il aura besoin de l’appui sans failles de la communauté internationale. Il peut naturellement compter sur celui de la France.

La France, comme vous le savez, s’est fortement engagée en Afghanistan. Sur le plan militaire, avec plus de 3 000 hommes déployés dans des zones de combat dangereuses et qui ont payé un lourd tribut. Sur le plan de la police également, avec le déploiement en cours des gendarmes dans le cadre de la Force de Gendarmerie européenne. Mais aussi sur le plan de l’aide civile, pour lequel mon pays a consenti des efforts très importants au cours des dernières années. Avec ses partenaires, la France poursuivra cet engagement le temps nécessaire à l’avènement d’un Etat afghan capable de prendre pleinement en main son destin.

Madame la Présidente,

Le 20 août dernier, les électeurs afghans se sont rendus aux urnes pour élire leur Président et leurs conseillers provinciaux. Comme le Représentant spécial du Secrétaire Général l’a souligné, certaines fraudes et irrégularités ont été signalées. La Commission électorale indépendante et la Commission des recours électoraux ont engagé un audit sur ce sujet. Elles doivent pouvoir travailler dans la transparence et la sérénité, avec l’appui et la confiance de tous.

Dans l’attente des résultats définitifs, nous n’avons qu’une exigence : que les procédures soient respectées pour qu’au final, le choix des Afghans soit respecté. Il est essentiel que le dialogue et le consensus national perdurent, y compris au-delà des élections. Quel que soit le résultat final, la mise en place d’un gouvernement où puisse s’exprimer ce consensus national est souhaitable.

Madame la Présidente,

Les élections ont été le moment pour le peuple afghan de constater ce qui a été accompli mais aussi de se tourner vers l’avenir et d’exprimer ses espoirs et ses attentes, alors que s’ouvre une nouvelle période dans l’histoire de l’Afghanistan. Pour la communauté internationale aussi, c’est le moment de faire le point sur son engagement et d’évaluer les défis qui sont encore devant nous ainsi que la meilleure manière d’y répondre.

C’est pourquoi, la France, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, a pris l’initiative de proposer aux Nations unies la convocation d’une nouvelle conférence internationale sur l’Afghanistan, après l’installation du nouveau gouvernement afghan. Le but d’une telle conférence, serait, sur la base de la stratégie globale définie en 2008 à Bucarest et lors de la Conférence de Paris, d’établir le cadre des relations entre l’Afghanistan et la communauté internationale au cours de cette nouvelle phase qui devra voir les Afghans assumer la pleine maîtrise de leur destin national.

Ces responsabilités progressivement accrues appelleront de la part des futures autorités afghanes une action plus déterminée, plus vertueuse et plus efficace que par le passé. Des réformes prioritaires doivent être conduites d’urgence, sur des sujets d’ordre politique et intérieur jusque là objets d’efforts insuffisants : amélioration de la gouvernance, notamment locale ; renforcement des capacités afghanes, de sécurité autant que civiles ; intensification de la lutte contre la corruption ; mais aussi relance du processus de " réconciliation nationale " et accélération de la réintégration progressive des combattants dans la société.

Nous nous réjouissons de la réponse positive du Secrétaire général à notre proposition. Les modalités de cette conférence devront être discutées avec les parties intéressées, à commencer naturellement par le prochain gouvernement afghan. Il nous paraît en tout cas essentiel que cette réunion se tienne dès que possible, afin que la communauté internationale puisse appuyer le pacte renouvelé conclu entre le peuple afghan et son Gouvernement.

Je vous remercie.



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