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3 octobre 2012 - Conseil de sécurité - Haiti/MINUSTAH - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général, Monsieur Mariano Fernandez, pour son intervention et je m’associe à la déclaration que feront le représentant de l’Union Européenne et le Représentant de l’Uruguay au nom du Groupe des Amis.

Monsieur le Président,

Depuis notre dernière réunion en mars, des progrès indéniables ont été réalisés en Haïti.

Sur le plan politique et institutionnel d’abord. Je ne vais pas énumérer les mesures prises par les autorités haïtiennes car d’autres l’ont déjà fait. La stabilité politique et institutionnelle du pays s’en trouve renforcée.

Sur le plan de la sécurité, le Secrétaire général nous rappelle que la situation est calme mais fragile. La criminalité reste un problème, surtout à Port-au-Prince, mais pas plus que dans les autres pays de la région. La Police Nationale Haïtienne a montré sa capacité à mener des actions complexes, avec l’appui de la MINUSTAH.

Sur le plan humanitaire et de la reconstruction, la réduction du nombre des personnes déplacées, la poursuite du déblayage des débris et les progrès en matière de santé et d’éducation doivent être relevés. Après une période de repli du PNB, Haïti a renoué avec la croissance. Mais le pays continue de faire face à des défis humanitaires, avec 390 000 personnes vivant encore dans des camps et une épidémie de choléra qui n’a pas encore été jugulée.

Des défis restent à relever. Permettez-moi d’en citer trois.

Le premier est la tenue rapide d’élections locales et législatives partielles. Elles ont été trop longtemps reportées, comme l’a relevé M. Fernandez. Pour cela, un Conseil Electoral Permanent doit être mis en place de manière consensuelle et conforme à l’esprit de la constitution. Nous appelons tous les acteurs politiques concernés en Haïti à œuvrer en ce sens. La France se tient prête à apporter son soutien, notamment au travers de la MINUSTAH, à la tenue d’élections libres, crédibles et transparentes.

La Police Nationale Haïtienne n’est pas encore en mesure d’assurer seule la sécurité et stabilité sur le territoire haïtien. Nous avons noté les orientations présentées par les autorités haïtiennes pour la période 2012-2016, y compris l’objectif de passer de 10 000 à 15 000 policiers. Nous sommes prêts à accompagner cet effort, qui ne peut être que quantitatif. Il faut que les capacités administratives, les capacités de formation, l’intégrité et l’image de l’institution soient également renforcées. Il faut que le budget de l’Etat reflète cette priorité.

L’effort d’aide à la reconstruction doit se poursuivre. L’éradication du choléra mérite en soi une réponse appropriée. Pour sa part, la France est déterminée à tenir les engagements financiers pris par le Président de la République qui s’élèvent à 326M€. Nous saluons la mise en place du nouveau Cadre de coordination de l’aide annoncé par le Premier Ministre Lamothe la semaine dernière à New York. Mais le développement d’Haïti ne peut reposer sur la seule solidarité internationale. C’est pour cela que nous appuyons les efforts du Président Martelly visant à renforcer l’attractivité d’Haïti pour les investisseurs étrangers.

Monsieur le Président,

La situation évolue, il est normal que la présence des Nations unies sur le terrain en fasse de même.

Nous nous apprêtons à renouveler le mandat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Nous devons poursuivre le mouvement de réduction de personnel, dont le niveau ne correspond plus aux besoins du pays deux ans et demi après le tremblement de terre. La priorité, plus que jamais, doit être l’appropriation nationale au travers du renforcement de l’état de droit et de ses instruments majeurs que sont la Police Nationale Haïtienne et la justice.

Nous devons aussi redonner à cette mission un horizon temporel crédible. Il ne s’agit pas d’abandonner Haïti, mais nous devons aux Haïtiens de la clarté dans ce que nous pouvons réaliser dans des délais raisonnables. Nous appuyons donc la réflexion en cours engagée par la Mission et le Secrétariat sur un plan de consolidation sur cinq ans.

Je voudrais conclure en saluant l’action des policiers, soldats et civils de la MINUSTAH qui contribuent depuis huit ans à maintenir la stabilité du pays. Je voudrais également remercier ici le Représentant spécial du Secrétaire général pour son action à la tête de la Mission et sa vision de ce qu’elle doit accomplir en Haïti.

Je vous remercie.


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