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30 juin 2010 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

La France s’associe à l’intervention que prononcera le représentant de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Nous remercions le représentant spécial M. de Mistura de son action. Nous avons écouté avec intérêt l’exposé qu’il a présenté. Sous sa direction, la MANUA a pris un nouveau départ et a contribué à un dialogue constructif entre le Gouvernement et la communauté internationale.

Nous soutenons les priorités qu’il a développées dans son approche " 3+1 ", qui est conforme au mandat donné par la résolution 1917. Le recentrage de son action sur les bons offices politiques (préparation des élections, soutien au processus de réconciliation, coopération régionale) doit être poursuivi, tout en maintenant l’engagement de la MANUA sur la cohérence de l’aide internationale, en travaillant pour cela avec le gouvernement afghan et le représentant spécial de la FIAS. En un mot, nous apportons notre soutien le plus total à l’action du représentant spécial.

A cette occasion, je voudrais également rendre hommage aux hommes et aux femmes de la MANUA qui apportent leur aide au peuple afghan dans des conditions difficiles comme nous le savons. Leur sécurité doit constituer une priorité et j’associe, dans ce contexte, à cet hommage le rappel du sacrifice de nos soldats qui contribue au même objectif.

Monsieur le Président,

Cette réunion du Conseil de sécurité prend un relief particulier dans un contexte marqué par la tenue de la Jirga de Paix en mai dernier, par la préparation de la prochaine Conférence de Kaboul et par la perspective des élections législatives de septembre. Elle intervient aussi alors que sont conduites d’importantes opérations de contre-insurrection sur le terrain.

La visite du Conseil de sécurité a été l’occasion de réitérer l’engagement de la communauté internationale auprès des Afghans, dans leur combat pour la mise en place un Etat de droit, pour assurer le développement économique et lutter contre le terrorisme. Cette visite a aussi permis de mieux percevoir les enjeux essentiels pour la stabilisation du pays. Elle a renforcé notre sentiment que le succès en Afghanistan passe par une stratégie politique intégrant les volets civil et sécuritaire.

Le volet militaire correspond aux efforts conduits aujourd’hui par la FIAS, que ce soit sur le terrain ou pour la formation de l’armée et de la police afghanes. L’offensive qui a été conduite était nécessaire. Elle doit faire comprendre à nos ennemis que la négociation est la seule solution. Mais le volet sécuritaire signifie également un volet politique.

La politique de réconciliation nationale et de réintégration engagée par le Gouvernement afghan en constitue un élément positif. Cette politique doit être évidemment conduite par les Afghans mais les Nations unies devront rester vigilantes sur le respect des conditions fixées par les autorités afghanes elles-mêmes et endossées par le Conseil de sécurité, à savoir la renonciation à la violence, la rupture des liens avec al-Qaïda et le terrorisme international, le respect de la Constitution, la protection des droits de l’Homme et des droits des femmes.

Mais si nécessaire, le rôle des Nations unies doit aller au-delà de celui d’un arbitre. Nous faisons confiance à notre représentant spécial pour contribuer, si nécessaire, au lancement d’une négociation. Il faut aujourd’hui faire de la politique. Il n’y aura pas de réintégration sans réconciliation, il n’y aura pas de réconciliation sans accord politique. C’est cet accord politique auquel nous devons viser.

En ce qui concerne cette enceinte, nous avons pris note de l’appel de la Jirga et des autorités à un nouvel examen de la liste tenue à ce jour par le Comité 1267. Nous sommes favorables à ce que cette liste soit actualisée,afin de renforcer l’efficacité du régime de sanctions. A cet effet, nous comptons sur la collaboration des autorités afghanes pour qu’elles nous apportent des informations sur les personnes dont le retrait de la liste est demandé.

Monsieur le Président,

Réconciliation, réintégration, accord politique ne sauront une réalité que s’ils se fondent sur l’amélioration de la gouvernance, sur la lutte contre la corruption pour répondre aux attentes de la population qui trop souvent ne soutient les insurgés que parce qu’elle est déçue par sa propre administration.

Le chemin reste long mais nous avons accueilli très positivement le programme de réformes présenté par le Président Karzai dans son discours d’inauguration. Ces engagements doivent désormais être précisés en vue de la conférence de Kaboul puis mis en œuvre sans plus tarder.

Enfin, nous accordons une grande importance à l’organisation des législatives de septembre. Nous faisons confiance là aussi à notre représentant spécial afin que nous évitions que se renouvellent l’échec qu’ont constitué les élections présidentielles.

Monsieur le Président,

La crise afghane, je ne suis pas le premier à le dire, ne peut être abordée indépendamment de la situation dans la région, en premier lieu au Pakistan. L’ONU est bien placée pour réunir tous les acteurs régionaux autour de l’objectif commun de la stabilisation de la région. Nous suivons donc avec intérêt l’initiative de " la route de la soie " du représentant spécial.

Monsieur le Président,

En conclusion, je souhaiterais rappeler un point essentiel : la transition que nous voulons engager en Afghanistan ne signifie pas un retrait de la communauté internationale, encore moins un abandon. En tout état de cause, comme le Président de la République Française l’a rappelé à de nombreuses reprises, la France restera engagée aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que les Afghans le souhaiteront.

Je vous remercie./.



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