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30 juin 2011 - Conseil de sécurité - FNUOD - Adoption de la résolution 1994 - Explication de vote de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies



Monsieur le Président,

Le Conseil de sécurité réitère aujourd’hui son soutien à la Force des Nations Unies pour l’observation du désengagement. La résolution adoptée aujourd’hui diffère pourtant profondément des précédentes, en réponse à une évolution très préoccupante de la situation sur le plateau du Golan.

La ligne de cessez-le-feu entre Israël et la Syrie était, depuis l’Accord de désengagement de 1974, la ligne frontalière la plus stable de la région. Or, coup sur coup, le 15 mai et le 5 juin, des incidents majeurs ont mis en péril le cessez-le-feu observé depuis 1973 et mis en question la stabilité et la sécurité de la région.

Ce Conseil rappelle donc aujourd’hui aux parties l’obligation qui leur incombe de pleinement respecter l’accord de 1974 et les résolutions du Conseil. Ces engagements impliquent d’empêcher les violations des lignes de cessez-le-feu et de la zone de séparation. Les violations intervenues le 15 mai et le 5 juin du côté syrien montrent que ces obligations n’ont pas été respectées par les autorités syriennes. Il rappelle également que les parties doivent exercer une retenue maximale et la France déplore vivement les nombreuses victimes qu’ont faites ces graves incidents.

La Force des Nations unies pour l’observation du désengagement s’est trouvée entravée dans ses mouvements, et prise à partie du côté syrien ; c’est inacceptable. La liberté de mouvement des soldats de maintien de la paix constitue, je le rappelle, un élément fondamental de déploiement d’une Opération de maintien de la paix, en tant que corollaire du consentement de l’Etat à accepter un déploiement sur son territoire. Les parties doivent donc garantir pleinement l’application par la Force des Nations unies de son mandat, en assurant sa sécurité et sa pleine liberté de mouvement.

C’est le message qu’adresse la résolution adoptée ce matin, qui marque la profonde inquiétude du Conseil face au potentiel déstabilisateur pour la région des incidents survenus sur le Golan.

L’origine de ces incidents est claire. Le rapport du Secrétaire général le montre : les manifestants palestiniens qui ont pénétré dans la zone de séparation ont bénéficié du laisser-faire, sinon de l’assistance, des autorités syriennes qui ont pourtant l’obligation de garantir le respect du cessez-le-feu en prévenant les violations de la ligne et de la zone de séparation. Ces violations de la zone de séparation se sont faites sous l’œil des forces de sécurité syriennes, dont le rapport indique qu’il a " régenté " les manifestations.

Personne ne cherche à nier la légitimité des aspirations palestiniennes à obtenir un Etat souverain, indépendant et viable, vivant en paix aux côtés d’Israël. La France n’a de cesse de favoriser une reprise des négociations en ce sens.

Ce que ce Conseil ne peut accepter, c’est l’instrumentalisation hypocrite des aspirations du peuple palestinien par le régime syrien et la menace pour la stabilité régionale qui en résulte. Les incidents du 15 mai et 5 juin sont la tragique manifestation de ces tentatives du régime syrien pour détourner l’attention internationale des aspirations de son propre peuple qu’il écrase dans le sang.

Qu’il soit bien clair : aucune tentative de déstabilisation régionale ne détournera notre attention de la répression brutale et systématique dont sont victimes les manifestants pacifiques en Syrie.

Bien au contraire, ces agissements, qui mettent en péril la paix et la sécurité internationales, renforcent notre détermination à voir le Conseil s’exprimer sur la situation syrienne. La stabilité de la Syrie est cruciale pour un Proche-Orient dont ce Conseil connaît trop bien les fragilités. Et cette stabilité ne peut passer que par la cessation des violences exercées contre les manifestants et la mise en œuvre effective de réformes qui répondent aux aspirations légitimes du peuple syrien à maîtriser son destin.

Le Secrétaire général invitait la semaine dernière le Conseil de sécurité à surmonter ses divergences et à adresser ce message clair aux autorités syriennes. La résolution que le Conseil vient d’adopter à l’unanimité montre que le Conseil sait préserver sa capacité à réagir quand la paix et la sécurité internationales sont en jeu. Nous devons en tirer toutes les conclusions et répondre à l’appel du Secrétaire général en travaillant à l’adoption d’une résolution qui adresserait aux autorités syriennes le seul message à même de préserver la paix et la stabilité dont ce Conseil a la charge.


Je vous remercie.


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