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4 décembre 2012 - Conseil de sécurité - La situation au Yémen - Déclaration de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies



Monsieur le Président,

Je tiens à vous féliciter pour votre accession à la présidence de ce Conseil et vous assurer de notre plein soutien. Je voudrais aussi remercier l’Ambassadeur Puri et toute sa délégation pour leur présidence excellente au mois de novembre.

Monsieur le Président,

Je remercie Monsieur Benomar, Conseiller spécial du Secrétaire général, pour sa présentation sur la situation au Yémen.

Je souhaiterais d’abord saluer le premier anniversaire, le 23 novembre dernier, de la signature de l’Initiative du CCEAG, qui a ouvert la voie à une transition politique pacifique au Yémen. Le Secrétaire général s’est rendu au Yémen à cette occasion pour manifester le soutien de la communauté internationale à la transition yéménite.

La France réitère son plein soutien au Président Hadi et au gouvernement yéménite dans les efforts qu’ils déploient pour mettre en œuvre une transition politique ordonnée qui réponde aux aspirations du peuple yéménite.

La transition au Yémen demeure emblématique. Elle l’est tout d’abord en raison de l’engagement des Yéménites eux-mêmes. Elle montre que, dans des situations de crise ouverte, la mise en place d’une transition ordonnée, pacifique et démocratique, est possible. Les Yéménites ont accompli de nombreux progrès dans la mise en œuvre de la résolution 2014. La formation d’un gouvernement d’unité nationale, le début de la restructuration des forces armées et la tenue réussie des élections présidentielles sont autant d’étapes qui ont permis l’achèvement de la première phase de la transition. Le taux de participation aux élections présidentielles a dépassé, de loin, les estimations les plus optimistes. Il a montré que la population du Yémen, et notamment les jeunes et les femmes, adhèrent au mécanisme de transition et ont voulu ainsi se l’approprier.

Pour consolider la deuxième phase de la transition, il est aujourd’hui urgent de réaliser des progrès dans trois domaines

Premièrement, le lancement du Dialogue national : ce dialogue doit offrir l’opportunité à tous les acteurs du Yémen, en particulier la jeunesse et la société civile, d’établir collectivement un nouveau contrat social et de parvenir à la réconciliation nationale. Nous nous félicitons de l’accord intervenu sur la répartition des groupes au sein du comité préparatoire de la conférence du Dialogue national. Nous saluons à cet égard le travail réalisé par le Conseiller spécial du Secrétaire général et par les Ambassadeurs du « G10 », groupe des pays garants de la transition. Nous appelons l’ensemble des parties yéménites à mettre en œuvre le Dialogue national de manière transparente et équilibrée, et à inclure toutes les parties prenantes conformément au calendrier de la transition. Avec les autres pays parrains de l’Initiative du Golfe, la France apportera l’expertise juridique qui lui sera demandée, le moment venu, pour accompagner dans leurs réflexions les membres du Dialogue national qui réfléchiront aux orientations possibles de la future Constitution.

Nous nous félicitons également du mandat donné par le parlement yéménite au président Hadi pour qu’il désigne une nouvelle commission électorale et nous encourageons la réalisation de progrès rapides afin de prendre les mesures nécessaires à l’organisation d’un référendum sur la Constitution en 2013 et à la tenue d’élections nationales début 2014.

Deuxièmement, les autorités yéménites doivent accorder une attention particulière à la détérioration constante de la situation humanitaire. Le règlement de la crise humanitaire est indispensable à la stabilisation du pays, puis à son redressement économique. Face à l’ampleur des besoins, nous saluons les résultats de la réunion des donateurs de Riyad et des Amis du Yémen à New York qui ont permis de lever près de 8 milliards de dollars jusqu’en 2014. Dans le pari confiant que nous faisons tous sur l’avenir du Yémen, la France tient une place particulière. Avec un montant cumulé de 4,5 milliards de dollars d’investissements, elle est le premier investisseur au Yémen. La France souhaite maintenir son engagement dans le pays à travers le maintien de ses projets visant au développement du secteur de l’électricité. Une aide concessionnelle de plus de 80 millions de dollars financera d’une part l’électrification en milieu rural et d’autre part, la régulation de la distribution d’électricité dans tout le pays. Mais la bonne réalisation de ces projets reste tributaire d’un cadre sécuritaire adéquat. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’une coopération plus générale, qui s’étend de la formation à la sécurité, en passant par l’aide humanitaire et alimentaire.

Le troisième domaine prioritaire est la restructuration des forces de sécurité et de défense. La France réitère sa condamnation la plus ferme de tous les actes de terrorisme, quelle qu’en soit la justification. Il est nécessaire à cet égard que le gouvernement du Yémen se dote des moyens adéquats pour protéger les installations industrielles, dont les sabotages répétés privent le pays de ressources propres et dissuadent les investisseurs. La sécurité aéroportuaire et maritime, deux secteurs visés par les attaques terroristes, demeure également un enjeu majeur pour le développement économique du pays

Monsieur le Président,

Le Conseil de sécurité et les Nations unies doivent rester pleinement engagés aux côtés des Yéménites.

La transition au Yémen a été l’un des succès de ce Conseil. Par sa résolution 2014, le Conseil de sécurité a joué un rôle décisif en faveur d’une transition politique pacifique au Yémen, en réponse aux attentes de la population. S’ils restent pleinement engagés sur la bonne voie qu’ils ont choisi de suivre, les Yéménites peuvent compter sur l’aide de ce Conseil pour les aider à consolider leur transition. Or nous sommes particulièrement inquiets des actions et des déclarations de certains acteurs qui sont de nature à perturber, retarder ou déstabiliser la transition politique. Nous voulons leur rappeler que dans sa résolution 2051 du 12 juin dernier, ce Conseil a souligné sa détermination à appuyer la transition yéménite, y compris en se disant prêt à envisager des mesures en vertu de l’article 41 de la Charte des Nations unies au cas où de telles ingérences persisteraient.

Mon pays et ce Conseil demeurent aux côtés des Yéménites dans cette transition historique, confirmant ainsi leur soutien aux aspirations démocratiques légitimes qui traversent en ce moment la région.

Je vous remercie.


En savoir plus sur le Yémen.



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