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4 mai 2012 - Conseil de sécurité - Menaces à la paix et à la sécurité internationale causées par des actes terroristes - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies

Merci Monsieur le Président,

Je voudrais tout d’abord vous féliciter pour l’accession de l’Azerbaïdjan à la présidence de ce Conseil et vous remercier pour l’organisation de ce débat consacré à la lutte contre le terrorisme. Il est en effet essentiel que le Conseil reste activement saisi de cette question.

Le Secrétaire général l’a souligné dans son intervention : plus de dix ans après le 11 septembre, le terrorisme continue de constituer une grave menace à la paix et à la sécurité internationale, et nous devons poursuivre sans relâche nos efforts pour le combattre.

Ce sujet, qui a constitué une des priorités de notre présidence du G8 en 2011, revêt une importance particulière pour la France, encore tout dernièrement touchée par cette menace sur son propre sol.

La menace terroriste, plus présente que jamais, a évolué. En particulier, elle se régionalise. De nombreux groupes, à l’échelle locale, se réclament d’Al-Qaïda ou poursuivent leurs propres objectifs. Ces nébuleuses affectent la sécurité et le développement socio-économique de régions entières, que ce soit en particulier aujourd’hui au Sahel, mais aussi au Yémen, dans la corne de l’Afrique, en Asie centrale ou en Asie du Sud.

La région du Sahel est en effet très touchée, comme l’ont montré les évènements de ces dernières semaines, avec l’occupation des villes du Nord Mali par des groupes terroristes et leurs soutiens. Nous constatons que ces groupes, où qu’ils se trouvent, profitent des faiblesses anciennes des Etats ciblés et les exploitent, afin de se constituer des « sanctuaires ». Ces « sanctuaires » risquent ensuite de devenir les bases arrière d’opérations dans le but de viser les Etats voisins.

Nous ne pouvons pas rester impassibles devant le risque d’une extension des foyers régionaux de radicalisation violente. Face à ce défi, la communauté internationale doit conjuguer ses efforts, en favorisant la mise en place de stratégies à l’échelle nationale, régionale et internationale.

Monsieur le Président,

Il est important que ces stratégies de lutte contre le terrorisme traitent ce phénomène de manière globale.

De ce point de vue, l’élimination des conditions propices à la propagation du terrorisme doit passer non seulement par la mise en place de politiques de sécurité mais également par la conduite de programmes en faveur du développement et de la bonne gouvernance. Cette action peut se réaliser par exemple par la mise en place des stratégies régionales. Telle est l’approche retenue par l’Union européenne, dont la Stratégie pour le Sahel comporte un volet sécurité et un volet développement.

Deux composantes des stratégies de lutte contre le terrorisme me paraissent particulièrement importantes : le renforcement des capacités et la promotion de l’Etat de droit, car ils permettent de fournir aux Etats menacés une approche de long terme.

Nous le savons, le manque de moyens des autorités d’un Etat est souvent exploité par les terroristes. Menacés par l’activité de groupes terroristes sur leur sol, ces Etats doivent pouvoir bénéficier des moyens de démanteler les réseaux et déjouer les attentats. Cela passe aussi, dans l’immédiat, par une coopération politique et opérationnelle entre Etats, en particulier au niveau régional. Mais il est également indispensable que ceux-ci disposent des moyens et de l’assistance technique nécessaire permettant de poursuivre, juger et condamner les terroristes, dans le respect des droits de l’Homme. La France participe à cet effort global, en apportant par exemple son concours à la création de « pôles judiciaires antiterroristes » en Mauritanie et au Niger, tout en proposant la formation de magistrats.

La France attache une grande importance aux efforts réalisés en matière de lutte contre le terrorisme dans le cadre des Nations Unies, dont le rôle est indispensable et irremplaçable.

Les Nations Unies ont notamment permis de mettre en place un cadre international solide pour la lutte contre le terrorisme. Et je pense notamment aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, à commencer par la résolution 1373, à l’ensemble des conventions et des protocoles des Nations Unies ainsi qu’à la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, dont nous avons soutenu la création en 2006 par l’Assemblée générale. L’ensemble de ces textes reflète le consensus international en matière de lutte contre le terrorisme.

Mais établir des normes ce n’est pas suffisant. Ce qu’il faut, c’est renforcer l’action concrète contre le terrorisme. Et à cet égard, de nombreux projets et initiatives sont aussi conduits dans le cadre des Nations Unies. Je mentionnerai par exemple l’action de l’ONUDC sur le terrain, le programme d’assistance intégré (I-ACT), conduit par l’Equipe spéciale de lutte contre le terrorisme des Nations Unies (CTITF) ou encore le nouveau Centre des Nations Unies pour le Contre terrorisme (UNCCT). J’aimerais enfin saluer la grande qualité du travail conduit par la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, qui analyse et évalue la situation des Etats, facilite la mise en place de programmes d’assistance technique et s’efforce de renforcer la coopération régionale des Etats en matière de lutte contre le terrorisme.

Monsieur le Président,

Alors que la revue biennale de la Stratégie antiterroriste mondiale se tiendra dans les prochaines semaines, il est essentiel de poursuivre l’amélioration de l’architecture institutionnelle des instances en charge de la lutte contre le terrorisme aux Nations Unies.

Et sur ce point, nous appuyons la recommandation du Secrétaire général proposant la création d’un poste de coordinateur de la lutte contre le terrorisme aux Nations Unies.

Il est en effet indispensable d’améliorer la coordination internationale, notamment grâce à l’Equipe spéciale de lutte contre le terrorisme, qui offre le cadre approprié. Cette meilleure coordination doit se faire à deux niveaux :
-  au sein des Nations Unies tout d’abord, afin d’éviter les duplications d’initiatives et pour permettre des synergies ;
-  mais également en coordination avec les institutions extérieures, comme l’Union européenne ou le Forum global, ou encore avec des organisations qui disposent de compétences en lien avec la lutte contre le terrorisme et je pense par exemple à INTERPOL.

C’est ainsi que nous assurerons à la fois la cohérence de l’action internationale dans ce domaine et la lisibilité de l’action des Nations Unies.

Je vous remercie.



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