Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

6 avril 2011 - Conseil de sécurité - Haïti - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Madame le Président

Je remercie la Colombie d’avoir organisé ce débat à un moment charnière pour Haïti. Je remercie notamment les Présidents Santos et Préval d’assister à ce débat. Je voudrais saluer l’action de M. Edmond Mulet à la tête de la MINUSTAH.

Madame le Président

Le Secrétaire Général, dans son dernier rapport, a fait apparaître les défis auxquels continue de faire face Haïti : une crise politique qui n’a que trop duré, une reconstruction trop lente, des centaines de milliers de personnes déplacées, une économie à rebâtir, un Etat de droit fragilisé, la recrudescence des faits criminels et délictuels, et je pense tout particulièrement aux violences sexuelles commises contre les femmes et les filles, dans les camps de déplacés.

Madame le Président ,

Dans ce contexte difficile, le défi immédiat est la stabilité politique. Le retard de développement joue sans doute un rôle néfaste sur la stabilité, mais il ne peut y avoir de développement solide sans stabilité politique. Les élections qui viennent d’avoir lieu doivent permettre la mise en place de nouvelles institutions avec laquelle la communauté internationale poursuivra ses efforts de coopération. Nous appelons solennellement les candidats, la classe politique et la population à respecter le processus démocratique, et à construire l’avenir du pays sur cette base après la victoire de M. Martelly. Haïti a besoin d’un climat politique serein pour avancer et résoudre ses problèmes, l’avenir du pays dépendant avant tout des grandes orientations politiques que dessineront les instances dirigeantes nouvellement élues. En effet, la communauté internationale est au côté d’Haïti mais ne pourra rien apporter de durable sans un pilotage déterminé du processus politique et de reconstruction par ses dirigeants. Cette appropriation nationale est particulièrement importante dans le domaine de l’Etat de droit. Comment assurer un flux d’investissements sans sécurité publique et juridique, sans un système judiciaire en état de marche ? Comment assurer la sécurité de la population sans une police performante, assez nombreuse pour se déployer en tous points du territoire, respectueuse de son mandat et des droits de l’Homme ? Nous pouvons nous féliciter de réels progrès dans ces domaines. Ces progrès doivent encourager à la fois les responsables politiques haïtiens et la communauté internationale à poursuivre leurs efforts, sans relâche. Les futures autorités pourront compter sur la France pour les accompagner dans leur tâche de reconstruction et de développement du pays.

Madame le Président,

En ce qui concerne la reconstruction, les obstacles doivent être levés pour accélérer le rythme du déblaiement des débris et de la reconstruction des immeubles ; ce qui nécessite des moyens techniques lourds. La France vient de fournir 40 camions, adaptés au terrain, au ministère des travaux publics, des transports et des communications à cette fin.

Au-delà, la communauté internationale devra maintenir son effort et sa mobilisation. Il faut souligner l’ampleur des efforts consacrés par la communauté internationale à Haïti, tant humains, techniques, que financiers. Ces efforts sont les fruits du travail acharné des milliers de personnes qui travaillent sur place, notamment au service des Nations unies, notamment dans le cadre de la MINUSTAH qui continuera de jouer un rôle de stabilisation essentiel. C’est l’apport d’une expertise technique, visant à renforcer les capacités locales, car il ne saurait y avoir de redressement sans renforcement des compétences détenues et développées par les Haïtiens eux-mêmes. Ce sont enfin l’aide financière, et notamment l’aide financière qui a été promise et qui doit être versée, ce qui n’est pas encore le cas comme l’ont souligné et le Président Préval et le Président Clinton.

La France est présente dans tous les domaines : elle contribue au personnel de la MINUSTAH (avec notamment plus de 70 gendarmes et policiers), elle apporte une assistance technique, en particulier par le biais d’actions de formation policières et judiciaires, et son assistance se monte à plus de 300 millions d’euros pour la période 2010/2011 dont plus de la moitié a déjà été engagée.

La contribution française passe également par l’aide européenne, que rappellera tout à l’heure la Haute représentante de l’Union européenne. La France s’associe par avance à la déclaration qu’elle fera.

Madame le Président,

La France poursuivra son engagement aux côtés du peuple et du Gouvernement haïtiens, en étroite coordination avec les Nations unies. Elle le fera dans le cadre d’un effort global impliquant l’Etat, mais en y associant aussi les collectivités locales, notamment les départements français des Amériques, les ONG, les entreprises et la diaspora haïtienne vivant en France.

Je vous remercie.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU