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6 janvier 2010 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies

Monsieur le Président,

Permettez-moi, pour commencer, de rendre hommage au travail accompli par le représentant spécial du Secrétaire Général, M. Kai Eide. Grâce à ses efforts, l’ONU est désormais un acteur de tout premier plan en Afghanistan, tant sur le plan de la coordination de l’action internationale que du dialogue avec les acteurs de la vie politique et de la société afghane. Cet acquis doit être préservé, ses effets amplifiés.


Monsieur le Président,

Pour la première fois au Conseil, l’Union européenn s’exprimera tout à l’heure par la voix de sa délégation auprès des Nations unies. Je tiens donc à saluer la présence de son représentant aujourd’hui. La France s’associe pleinement à la déclaration qu’il prononcera. Je souhaiterais insister plus particulièrement sur les principaux défis de l’année qui s’ouvre.

L’échéance immédiate est la Conférence qui se tiendra à Londres le 28 janvier. Elle constitue une étape importante dans le processus visant à placer le partenariat entre l’Afghanistan et la communauté internationale dans un cadre facilitant la pleine prise en main par les Afghans de leur destin. Le Président Karzai a pris des engagements importants de réformes dans son discours d’inauguration. Nous espérons que la Conférence de Londres, puis celle de Kaboul, seront l’occasion pour le Gouvernement afghan de lancer ce programme de réformes, en particulier dans les domaines prioritaires que sont la gouvernance, notamment locale, le renforcement des capacités civiles et de sécurité afghanes, la lutte contre la corruption et les trafics de stupéfiants, la coopération régionale et la réintégration des combattants.

Ce programme devra s’appuyer sur une action plus cohérente de la communauté internationale. La MANUA s’est vue confier par le Conseil de sécurité un rôle central en la matière. La MANUA doit pour cela disposer des ressources nécessaires, mais aussi de l’autorité indispensable à une coordination plus efficace de l’aide. Cela implique un renforcement des liens entre l’ONU et les autres organisations internationales présentes ainsi qu’avec les principaux donateurs. Nous sommes donc favorables à la mise en place d’une structure associant les principaux acteurs civils et militaires engagés en Afghanistan sous la co-présidence du Gouvernement afghan et de l’ONU. Cette structure, qui se réunirait à intervalles réguliers et resserrés, devrait couvrir l’aide civile mais aussi la coordination civilo-militaire et la coopération régionale. Ce dernier thème devrait à l’avenir faire l’objet d’une attention accrue. Nous souhaitons dans ce but que le Représentant spécial du Secrétaire général puisse renforcer son action en matière de suivi et de promotion du dialogue régional. .


Monsieur le Président,

Nous avons pris note du souhait des autorités afghanes de tenir les élections législatives en mai 2010, conformément aux délais prévus par la Constitution. Ce choix relève d’une décision souveraine des autorités afghanes. Il faut cependant que les leçons des élections présidentielles soient tirées et que certaines réformes indispensables du système électoral soient menées au préalable, dans le respect de la Constitution. Il nous appartient d’aider les autorités à identifier parmi les réformes nécessaires celles qui pourront, de manière réaliste, être conduites avant le scrutin. Les Afghans ont démontré leur attachement à la démocratie. Cet engagement ne doit pas être trahi. Le prochain scrutin devra être organisé dans des conditions assurant un choix libre et démocratique. Il ne faut pas que les fraudes constatées lors des élections présidentielles se reproduisent.


Monsieur le Président,

Permettez-moi de conclure en assurant le Représentant Spécial que nous partageons ses préoccupations relatives à la sécurité des personnels de l’ONU. En Afghanistan comme dans les autres pays en crise, les moyens nécessaires doivent être consacrés à la protection des personnels de l’ONU. L’indispensable renforcement des moyens, qui doivent être affectés à des dépenses de terrain, devra s’accompagner d’une réflexion globale sur l’avenir de l’implantation géographique et les missions prioritaires de la MANUA au regard du nouveau contexte politique et sécuritaire.


Je vous remercie./.



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