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6 juillet 2011 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie M. de Mistura pour l’exposé qu’il vient de faire sur la situation en Afghanistan et je m’associe à la déclaration que fera le représentant de l’Union européenne. Je remercie également l’Ambassadeur Tanin pour son intervention.

Permettez-moi, Monsieur le Président, de commencer par rendre hommage à tous les agents des Nations unies engagés en Afghanistan. Le Conseil de sécurité a réagi au lendemain de l’attaque lancée le 1er avril contre les locaux de la MANUA à Mazar-i-Sharif, attaque d’autant plus révoltante que les hommes et les femmes assassinés travaillaient pour la stabilisation, la sécurité et le développement de l’Afghanistan.

Cette attaque ne doit pas nous faire dévier de notre objectif, qui est d’accompagner le gouvernement afghan dans le chemin du retour à sa pleine souveraineté.

A cet égard, le processus de Transition est désormais lancé. Cette nouvelle phase de notre engagement conduit à partir de cette année au transfert progressif et ordonné des responsabilités de sécurité aux autorités afghanes. La France restera engagée avec les Alliés aux côtés du peuple afghan pour mener le processus de transition à son terme prévu fin 2014, que ce soit dans notre zone de déploiement ou en matière de formation des forces de sécurité afghanes. Notre engagement en Afghanistan, qui s’inscrit dans la durée, évoluera pour tenir compte du contexte nouveau de la transition. Le redéploiement prévu des troupes françaises se fera en étroite concertation avec nos Alliés et avec les autorités afghanes.

Mais nous devons être attentifs à ce que le processus de Transition conduise également à une prise en charge par le gouvernement afghan de responsabilités en matière de gouvernance et de développement.

Beaucoup reste à faire et le temps presse. Nous devons impliquer davantage les Afghans dans la planification et la mise en œuvre des projets de développement. De son coté, le gouvernement afghan doit combattre plus fermement la corruption et le népotisme, comme le rappelle la situation de la Kabul Bank. Des progrès doivent être également constatés dans le domaine de l’exécution budgétaire par une déconcentration de la dépense publique et un renforcement des capacités de planification et de conduite des projets de développement dans les provinces et dans les districts.

Monsieur le Président,

Sur le front de la sécurité, nous avons repris l’initiative militaire et permis à l’Etat afghan de reprendre pied dans plusieurs zones. Son armée et sa police montent en puissance, avec notre soutien en termes financier, de formation et de tutorat qui permet aux Alliés d’envisager un retrait progressif de certaines forces de combat engagées en Afghanistan.

Nos efforts militaires et de formation commencent à porter leurs fruits, mais au prix de combats très durs.

Les gains militaires seront de courte durée s’ils ne s’inscrivent pas dans un contexte qui renforce la légitimité des autorités afghanes et qui permette d’envisager une solution politique au conflit.

Malheureusement, l’incertitude que fait peser un tribunal sur le pouvoir législatif nuit au bon fonctionnement des institutions démocratiques et les détourne des préoccupations réelles des électeurs afghans. Nous appelons donc toutes les institutions afghanes à travailler dans le respect de leurs compétences mutuelles, du cadre que fixe la constitution et du principe de la séparation des pouvoirs. Le Représentant Spécial du Secrétaire général doit rester saisi de cette question et de la réforme électorale dont ce pays a besoin.

Nous avons en revanche noté le chemin parcouru sur la voie de la réconciliation inter-afghane. Nous continuons d’appuyer les efforts du Président Karzaï et l’action du Haut Conseil pour la Paix pour développer un processus de paix associant l’ensemble des composantes de la société afghane. Ce processus doit être soutenu par un effort régional qui prenne en compte les intérêts de sécurité des voisins de l’Afghanistan contre le respect par ceux-ci de sa souveraineté. Les Nations unies peuvent, dans cette perspective, jouer un rôle utile.

En séparant le régime de sanctions des Nations unies frappant Al Qaïda et les Talibans, le Conseil de sécurité a pris une décision importante qui, nous l’espérons, incitera les Afghans à tourner le dos au terrorisme international, à engager un dialogue direct et à envisager leur avenir ensemble.

Monsieur le Président,

La France voudrait conclure en réaffirmant son plein soutien à l’action du Représentant Spécial du Secrétaire général, Staffan de Mistura.

Le Conseil de sécurité a, par sa résolution 1974, renouvelé le mandat de la MANUA et confirmé que les priorités définies il y a deux ans étaient les bonnes. Il a également demandé qu’une revue complète des activités de la MANUA et des Nations unies en Afghanistan soit réalisée d’ici la fin de l’année. Elle sera l’occasion de réfléchir à l’évolution de l’engagement des Nations unies dans ce pays. Cette revue devra se faire en totale transparence avec les autorités afghanes.

Cet exercice, la Conférence de Bonn II et le renouvellement du mandat de la MANUA en 2012 seront autant d’occasions de renouveler notre attachement à l’objectif commun de voir un Afghanistan démocratique, indépendant et prospère, tourner définitivement le dos à la violence et à l’instabilité.

Je vous remercie.



Pour en savoir plus sur l’Afghanistan.



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