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26 février 2009 - Conseil de sécurité - La situation en Irak - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Débat au Conseil de sécurité sur la MANUI

Monsieur le Président,

Je souhaite, en premier lieu, remercier le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Irak, M. de Mistura, pour son exposé devant le Conseil. Je saisis cette occasion pour saluer l’action courageuse et efficace de la MANUI ainsi que l’engagement inlassable de M. de Mistura pour mettre en œuvre le mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité.

Ces derniers mois ont été marqués en Irak par des progrès importants vers l’établissement d’un pays sûr, stable, démocratique, unifié et prospère où les droits de l’homme sont respectés. La France félicite le gouvernement irakien pour ses efforts dans ce sens et souligne sa disposition à poursuivre et renforcer sa contribution à la stabilité et la prospérité de l’Irak.

1. La tenue des élections provinciales le 31 janvier dernier a constitué une étape importante sur la voie de la consolidation de la démocratie et de la réconciliation. Il était important, comme ce fut le cas, que ces élections soient bien organisées et se déroulent dans des conditions de pluralisme et, de manière générale, dans le calme. Le Conseil de sécurité, le Secrétaire général ainsi que les Ministres des affaires étrangères de l’UE, le 23 février dernier, ont salué la tenue de ces élections.

Celles-ci constituent, en premier lieu, une victoire pour le peuple irakien qui a montré qu’il s’était pleinement approprié ce processus démocratique. La France ne peut que se réjouir du fait que les Irakiens reprennent en main progressivement la totalité des affaires de leur pays. Le gouvernement irakien doit également être félicité pour avoir su assurer l’organisation de ce scrutin. Enfin, nous saluons le rôle essentiel joué par la Mission d’assistance des Nations Unies en Irak (MANUI), en appui à la Haute commission électorale indépendante, pour la préparation de ces élections.

2. Comme l’ont indiqué les Ministres des affaires étrangères de l’UE, le 23 février dernier, il importe désormais de mettre à profit le résultat de ce scrutin pour réaliser de nouveaux progrès concernant l’amélioration des conditions de vie du peuple irakien ainsi que le processus de réconciliation nationale. Cela passe par la poursuite de l’engagement positif du gouvernement irakien, de la communauté internationale et des Etats voisins. Je relèverai quatre domaines importants à cet égard :

- Tout d’abord, la question des limites intérieures disputées (en particulier s’agissant de Kirkouk) sur laquelle l’attention va désormais se tourner, comme le souligne le Secrétaire général dans son rapport. La MANUI doit continuer à apporter son expertise au gouvernement irakien pour avancer sur cette question, comme sur celle du processus de révision constitutionnelle. Le succès de l’entreprise difficile qu’elle entreprend dépendra, en grande partie, et permettra de mesurer la disposition de tous les acteurs concernés à travailler dans un esprit de compromis.

- La reconstruction et la croissance économique seront un deuxième défi majeur de l’année qui s’ouvre. La population irakienne attend des résultats concrets. La France, qui a procédé à l’annulation de la dette irakienne à hauteur de 4 milliards d’euros (5 milliards de dollars), est prête à apporter sa contribution dans tous les domaines souhaités par les autorités irakiennes.

- La MANUI devra également continuer, et il s’agit là du troisième point, à appuyer les efforts du processus des Pays voisins pour parvenir à des avancées concrètes sur l’énergie, la sécurité et les frontières, les réfugiés et les personnes déplacées. Son assistance nous semble également utile pour soutenir le dialogue régional qui doit se poursuivre, s’agissant notamment de la question des disparus et des biens saisis lors de la guerre du Golfe. Les Etats voisins ont, bien entendu, un rôle majeur à jouer à cet égard, et nous avons apprécié les références faites par le Représentant permanent iraquien à cet égard.

- Enfin, les efforts doivent également se poursuivre s’agissant de la question du respect des droits de l’homme, notamment concernant la situation des prisonniers : comme le relève le Secrétaire général, la création d’une Haute Commission indépendante pour les droits de l’homme est un premier pas positif.

Monsieur le Président,

La visite du Président de la République française en Irak, le 10 février dernier, est venue marquer solennellement le soutien résolu de la France à l’ancrage démocratique, à la restauration de la souveraineté et aux efforts de reconstruction de l’Irak. Cette visite faisait suite à deux déplacements du Ministre français des affaires étrangères, M. Bernard Kouchner, en août 2007 et juin 2008, qui avaient été l’occasion de démontrer concrètement la solidarité de la France, en même temps que nous annulions la dette irakienne et que nous participions activement au programme européen EUJUST LEX pour la formation des fonctionnaire irakiens. En fonction des souhaits des autorités irakiennes, l’action de la France pourra se déployer dans tous les secteurs institutionnels et économiques.

De manière plus générale, il importe que le cycle positif actuel permette à l’Irak de recouvrer sa pleine souveraineté. A ce titre, nous rappelons la demande formulée par le Conseil de Sécurité dans sa résolution 1859 que le Secrétaire général prépare un rapport, après avoir consulté l’Irak, sur les actions nécessaires pour lui permettre de retrouver un statut international égal à celui dont il disposait avant la résolution 661 du 6 août 1990. Comme l’a indiqué le Président de la République à Bagdad, le 10 février dernier, " l’Irak peut compter sur l’amitié de la France pour travailler avec lui à sa complète réinsertion dans la communauté des Nations ".



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