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15 juin 2009 - Conseil de sécurité - Iran - Rapport trimestriel du Comité 1737 - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,


Je tiens tout d’abord à remercier l’Ambassadeur Takasu pour son rapport.

Cet exposé vient à point nommé nous rappeler ce qu’est la réalité du dossier nucléaire iranien. Le Directeur Général de l’Agence internationale de l’énergie atomique vient d’en dresser un bilan accablant, dans le rapport qu’il a soumis au Conseil des gouverneurs de l’Agence le 5 juin dernier :

- l’Iran poursuit les activités d’enrichissement et l’installation de nouvelles centrifugeuses, en dépit de l’interdiction faite par le Conseil de Sécurité ;

- l’Iran a refusé les demandes répétées de l’Agence d’avoir accès au réacteur en construction à Arak ;

- l’Iran refuse de mettre en œuvre certaines mesures de transparence de son accord de garantie, qu’on appelle " code 3.1. " ; le Directeur général a rappelé que l’Iran était le seul pays ayant des activités nucléaires significatives qui n’appliquait pas ces mesures ;

- l’Iran continue de refuser d’appliquer le protocole additionnel ;

- enfin s’agissant de l’enquête sur les possibles dimensions militaires du programme, naturellement un point clé, l’Iran n’a pas pas coopéré. Il n’a fourni accès ni aux informations, ni aux documents, ni aux sites, ni aux individus pertinents. L’Agence est donc obligée de conclure qu’elle n’est pas en mesure d’apporter des assurances crédibles quant à l’absence d’activités nucléaires non déclarées en Iran.


Face à ce comportement, il nous revient, à nous, membres des nations unies, d’appliquer pleinement les sanctions qui ont été adoptées suite à ces violations répétées par l’Iran de ses obligations.

Vous avez évoqué en filigrane l’affaire du Monchegorsk, ce navire affrété par l’entreprise " Islamic Republic of Iran shipping Lines ", qui a été impliqué dans des trafics illicites au profit de l’Iran et en violation des résolutions du Conseil.

La République de Chypre a pris la bonne décision en faisant inspecter le navire et en retenant sa cargaison. Mais l’enquête n’est pas finie. Nous devrons déterminer également si, en plus des armes interdites par la R.1747, la cargaison de l’ " Islamic Republic of Iran shipping Lines " avait un lien quelconque avec les personnes ou entités listées dans les résolutions en lien avec le programme nucléaire iranien.

Nous ne pouvons pas assez insister sur la gravité de ce type de contrebande, qui menace notre sécurité à tous, et sur la nécessité d’une très stricte vigilance de notre part.


Monsieur le Président,

En conclusion, comme vous le savez, mon pays est attaché à la double approche sur le dossier iranien.

Les directeurs politiques des E3+3 ont proposé depuis maintenant longtemps à l’Iran de les rencontrer, y compris en présence du Directeur politique américain.

L’Iran n’a toujours pas répondu.

Il nous faut espérer qu’il réévaluera son comportement et qu’il cessera de faire obstruction aux efforts de l’Agence ; qu’il saisira la main qui lui est nouvellement tendue, et qu’il fera enfin les gestes attendus de lui pour rétablir la confiance.

Il dispose d’une opportunité réellement unique pour le faire, et mon pays espère sincèrement qu’il saura la saisir rapidement.

Je vous remercie./.



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