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17 juin 2009 - Conseil de sécurité - MINUK - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Rapport du Secrétaire général sur la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo

Monsieur le Président,

Je voudrais remercier pour leur présence M. Vuk Jeremic, Ministre serbe des Affaires étrangères, et M. Skender Hyseni, Ministre kosovar des Affaires étrangères.

Je souhaite aussi saluer l’action de M. Lamberto Zannier, Représentant spécial du Secrétaire Général, et de son équipe, dont nous apprécions le travail accompli à la tête de la MINUK en coopération avec les autres présences internationales, à commencer par EULEX.

Monsieur le Président,

Il y a un an, presque jour pour jour, le Kosovo a adopté sa Constitution. Nous avions alors appelé les autorités kosovares à mettre rapidement en oeuvre l’ensemble des dispositions de cette Constitution exemplaire au regard des normes et valeurs européennes. Les nouvelles autorités du Kosovo ont tenu leurs engagements, notamment en votant plusieurs lois essentielles au renforcement de l’Etat de droit et à la participation des minorités. L’engagement fort du Gouvernement en faveur de la décentralisation, en particulier, constitue une décision essentielle pour la consolidation progressive d’un Kosovo multiethnique. La protection des droits des minorités constitue une priorité pour l’Union européenne, qui veillera à la mise en œuvre des engagements souscrits par les autorités en ce domaine.

Malgré certaines violences, fomentées par des éléments extrémistes liés souvent à des groupes criminels, la situation sécuritaire au Kosovo au cours des derniers mois a été remarquablement stable. La population, toutes communautés confondues, a ainsi marqué son attachement fort à la paix et à la stabilité.

Sur le plan extérieur, 60 Etats reconnaissent désormais le Kosovo. Nous nous réjouissons aussi de l’adhésion du Kosovo au FMI et à la Banque Mondiale, essentielle pour le développement économique du pays. Ces évolutions contribuent à l’émergence du nouvel Etat sur la scène internationale ainsi qu’à la stabilité dans l’ensemble Balkans.

Monsieur le Président,

Le déploiement de la mission EULEX s’est achevé le 6 avril dernier. Au fur et à mesure de ce déploiement, les habitants du Kosovo ont réalisé, malgré la propagande négative de certains groupes extrémistes, que la mission européenne agissait en fait au bénéfice de toute la population et de toutes les communautés.

Conformément à la reconfiguration de la présence internationale décidée par le Secrétaire Général et endossée par le Conseil de sécurité dans sa déclaration présidentielle du 26 novembre dernier, EULEX assume désormais l’ensemble des tâches opérationnelles en matière d’Etat de droit, lesquelles étaient auparavant du ressort de la MINUK. Cette reconfiguration n’est en rien synonyme d’une réduction de la présence internationale au Kosovo. Elle constitue au contraire un acte fort, la preuve d’un engagement constant de la communauté internationale au Kosovo. Comme pour toutes les missions des Nations unies, il faudra que le Conseil puisse réfléchir à l’évolution du mandat de la MINUK. A cet égard, les propositions de M. Zannier et du Secrétaire général dans son rapport nous paraissent aller dans le bon sens.

Agissant dans le cadre de la résolution 1244 et sous l’autorité globale des Nations unies, la mission EULEX travaille en coordination avec les autres composantes de la présence internationale, notamment la MINUK qui continue à remplir un rôle utile. Permettez-moi de rappeler l’importance que la France attache à une bonne coopération des autorités kosovares avec les Nations Unies.

De son côté, Monsieur le Président, l’Union européenne a poursuivi le dialogue engagé par le secrétaire Général avec toutes les parties concernées à l’occasion de la reconfiguration de la présence internationale. Ce dialogue est la clé de la stabilité dans la région. Nous n’en ignorons pas les difficultés. Les divergences profondes entre les autorités serbes et kosovares ne seront pas dépassées en un jour. Cela n’empêche pas de rechercher ensemble, par le dialogue, des solutions pratiques aux problèmes concrets qui affectent la vie de l’ensemble des communautés du Kosovo.

Nous avons écouté avec attention MM. Jeremic et Hyseni. Au-delà de leurs divergences persistantes, nous avons noté avec satisfaction un souci partagé de préserver les conditions d’un avenir partagé au sein de l’Europe. Nous encourageons pour cela Belgrade et Pristina à renouer le plus tôt possible un dialogue direct.

A M. Jeremic, je souhaiterais particulièrement dire qu’en apportant leur soutien aux initiatives de l’Union européenne pour contribuer à la paix et à la stabilité de la région, il participera à la création des conditions d’un avenir européen commun pour les Balkans occidentaux. Tel est le message que le président de la République a marqué au président Tadic lors de sa récente visite à Paris. Dans le même temps l’Union européenne a fait un pas au dernier Conseil Affaires générales en décidant de la libération de la politique des visas pour tous les Balkans occidentaux.

A M. Hyseni, je souhaiterais naturellement rappeler le message de soutien exprimé par le Président Sarkozy au Premier Ministre, M. Thaci, à l’occasion de la visite de ce dernier à Paris et lui dire que c’est en avançant concrètement sur la voie d’un Etat de droit respectueux des minorités et en s’efforçant de nouer des liens d’amitié avec les voisins du Kosovo que le pays progressera sur la voie du rapprochement avec l’Union européenne.

Monsieur le Président,

L’Union européenne est pleinement consciente des responsabilités qui lui incombent dans le dépassement des obstacles sur la voie d’un avenir stable et prospère pour les Balkans occidentaux. C’est dans cet esprit que nous nous efforcerons d’avancer dans les mois qui viennent sur la voie d’un avenir commun pour les Serbes et les Kosovars, dans le cadre de l’Union européenne.

Je vous remercie./.



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