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30 juin 2009 - Conseil de securité - Débat sur l’Afghanistan - Intervention de Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

A vérifier au prononcé

Monsieur le Président,

[Hommage à l’Ambassadeur Ilkin, qui préside sa dernière réunion du Conseil]

Le Représentant Permanent de la République tchèque prononcera tout à l’heure une intervention au titre de l’Union européenne, à laquelle la France s’associe. Je voudrais d’abord apporter quelques observations complémentaires.

Tout d’abord, je souhaite saluer à nouveau les efforts inlassables de M. Kai Eide visant à assurer une meilleure cohérence de l’action internationale en Afghanistan, sous l’égide des Nations Unies. Il a beaucoup contribué à la dynamique de mobilisation accrue de la communauté internationale et a permis à l’ONU de s’imposer, en particulier depuis la Conférence de Paris, comme un acteur central dans la coordination des efforts internationaux.

L’élection du 20 août doit constituer l’occasion pour les Afghans d’exprimer librement et démocratiquement leur choix quant à la direction qu’ils entendent donner à leur pays. Le processus électoral devra être transparent, équitable et crédible, afin d’assurer la pleine légitimité du candidat qui sera élu à la tête du pays et son acceptation par tous. Tous les candidats doivent en particulier pouvoir faire campagne dans les mêmes conditions d’accès au territoire et aux médias, et je sais que c’est l’une de vos préoccupations. Ils doivent également se sentir responsables individuellement de la bonne tenue de ce scrutin, ainsi que l’a rappelé le Ministre des Affaires étrangères, M. Bernard Kouchner, lors de ses entretiens avec les principaux candidats à Kaboul en mai dernier.

La responsabilité de l’organisation des élections incombe d’abord aux Afghans eux-mêmes. L’ONU a cependant un rôle important à jouer pour les y aider. Nous comptons sur vous, Monsieur le Représentant Spécial, pour continuer sur la voie que vous avez choisi, à apporter votre assistance vigilante au processus électoral.

Monsieur le Président,

Le succès des élections est la condition de la poursuite de l’œuvre de redressement du pays. Des progrès significatifs ont été accomplis dans divers domaines au cours de l’année passée, que le Représentant spécial a rappelé et qu’il faut maintenant consolider. Je souhaite souligner plus particulièrement la montée en puissance de l’Armée Nationale Afghane. Le transfert progressif des responsabilités aux forces afghanes en matière de sécurité dans la région de Kaboul, engagé en août 2008 et dans lequel le contingent français s’est activement impliqué, s’est traduit par une amélioration de la situation sécuritaire dans la région. C’est la preuve que " l’afghanisation " fonctionne.

Mais ce sont les efforts renouvelés pour réformer et renforcer la police qui constituent l’élément nouveau. C’est dans ce contexte que le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, a décidé d’engager la gendarmerie française en Afghanistan pour des tâches de formation et de tutorat de la police nationale afghane. Cette action s’inscrira dans le cadre du futur déploiement de la Force de Gendarmerie Européenne, force particulièrement adaptée pour la formation opérationnelle d’une police afghane prête à prendre le relais de l’action militaire sur le terrain.

Monsieur le Président,

Nous avons pris note des progrès relevés par le Secrétaire général en matière de coordination de l’aide internationale. Même si beaucoup reste à faire. Nous attendons à cet égard avec intérêt les résultats du travail d’élaboration des " benchmarks ", des critères de résultat, engagé par la MANUA. Ces indicateurs peuvent constituer un outil utile pour encourager les acteurs internationaux et le gouvernement afghan à pleinement s’engager dans la mise en œuvre effective des engagements pris à Bucarest et Paris, et confirmés depuis à la Haye.

Nous avons aussi pris connaissance avec attention du souhait du Secrétaire Général que de nouvelles ressources soient affectées à la MANUA. Nous comprenons son souci de disposer des capacités nécessaires en matière de coordination de l’aide, en particulier. C’est dans un esprit ouvert que nous étudierons les demandes qui seront formulées par le Secrétariat de l’ONU.

Monsieur le Président, L’évolution de la situation en matière de droits de l’Homme demeure un grave sujet d’inquiétude. Les autorités doivent, avec le soutien de la communauté internationale, renforcer leur action en ce domaine, et nous savons que c’est une des préoccupations du Représentant spécial. La problématique des droits des femmes, en particulier, doit continuer à constituer une priorité du Gouvernement afghan.

Je souhaite aussi réitérer nos préoccupations persistantes sur la question des victimes civiles. Ces victimes sont principalement le fait d’attaques délibérées des Taliban et autres groupes extrémistes. La France est toutefois consciente qu’il faut encore intensifier les efforts accomplis par les forces gouvernementales et internationales en ce domaine.

L’impulsion donnée au renforcement de la coopération régionale s’est encore confirmée lors de la récente réunion de Trieste consacrée à l’Afghanistan et ses voisins. Nous devons collectivement veiller à la mise en œuvre des engagements pris au cours des derniers mois, dans les domaines que vous avez rappelés à Trieste, Monsieur le Représentant spécial : notamment infrastructure ferroviaire et énergie.

Le développement d’une approche coordonnée concernant l’Afghanistan et le Pakistan, qui doivent affronter, malgré leurs spécificités, de nombreux défis communs, constitue aussi une nécessité. Permettez-moi de saisir cette occasion pour saluer la détermination des autorités pakistanaises dans le combat qu’elles ont engagé dans la vallée de Swat. Le Gouvernement pakistanais peut être assuré de la solidarité de la France dans cette lutte, qui doit viser tous les mouvements extrémistes armés actifs sur le territoire pakistanais, et qui, nous en sommes conscients, devra s’inscrire dans une stratégie globale de long terme.

Monsieur le Président, La stabilisation de l’Afghanistan et, au delà, de la région toute entière est une priorité pour nous tous. C’est pourquoi la France a opéré depuis deux ans un renforcement majeur de son engagement militaire en Afghanistan. Soucieuse que soit menée une approche globale et désireuse de contribuer à sa mise en œuvre par un engagement aussi complet que possible, elle a également renforcé significativement son engagement politique et civil, en accroissant massivement son aide à la reconstruction en 2009, qui atteindra 45 millions d’euros. L’Afghanistan peut compter sur l’engagement indéfectible de la France, aux côtés des Nations unies.

Je vous remercie./.



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