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28 mai 2009 - Mission des membres du Conseil de sécurité en Afrique - RDC - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je souhaite au préalable remercier le Secrétariat, le Représentant Spécial du Secrétaire Général, Alan Doss, et la MONUC en général ainsi que l’équipe du Président Obasanjo pour l’organisation du segment grands lacs de cette visite.

Un compte rendu détaillé de toutes nos visites et de tous nos entretiens figure dans le rapport qui sera diffusé par le Conseil.

1/ Une grande partie de la visite a été consacrée à la question des grands lacs.

Outre nos entretiens au Rwanda que le représentant permanent britannique vient d’évoquer, la délégation du Conseil a pu s’entretenir à Addis Abeba avec l’envoyé spécial du Secrétaire Général pour les grands lacs.

A Goma, nous avons entendu des exposés de la MONUC, d’officiers des FARDC et de la police nationale congolaise et des ONG. Nous nous sommes également entretenus avec le gouverneur du Nord Kivu et avons visité l’hopital Heal Africa spécialisé dans les violences sexuelles avant de nous rendre au camp de Kiwanja. A Kinshasa, nous avons été reçus par le Président Kabila, le Premier Ministre accompagné des principaux membres du Gouvernement, les Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale. Nous avons également pu rencontrer des membres de la société civile congolaise. Alan Doss nous a présenté le plan de travail stratégique de la MONUC.

2/ De l’ensemble de ces entretiens, les membres de la délégation ont retenu les principaux enseignements suivants s’agissant de l’évolution de la situation sur le terrain :

- la situation dans la région des grands lacs s’est sensiblement améliorée grâce notamment au rapprochement rwando-congolais. Les Présidents Kabila et Kagame nous ont clairement dit avoir l’intention de poursuivre dans cette voie. La CEPGL devrait notamment être réactivée permettant le lancement de projets économiques régionaux. Nous les y avons encouragés. Le Président Obasanjo continuera sa mission de bons offices entre les capitales de la région.

- Mais les violences sexuelles restent un phénomène trop répandu. Nous n’avons pu que le constater avec consternation à l’hôpital Heal Africa. Le gouvernement congolais a déjà pris un certain nombre d’initiatives (loi sur les violences sexuelles, agence de lutte contre toutes les formes de violence, fonds de promotion de la femme et de protection de l’enfant). La Lutte contre l’impunité doit être une priorité. Il faut que les groupes armés et les FARDC arrêtent de violer. Il faut que les coupables de violences et de recrutement d’enfants soient arrêtés. Nous avons fait passer à toutes les autorités congolaises ce message : les officiers hauts placés devaient être emprisonnés (une liste de cinq noms leur a d’ailleurs été remise) et une nouvelle loi sur la police devait être adoptée.

- La réforme du secteur de la sécurité est aujourd’hui un enjeu central en RDC, comme dans beaucoup de pays en situation de post-conflit. Pour obtenir la paix, différents groupes armés ont été progressivement agrégés aux FARDC. Celles-ci sont difficilement contrôlables. Les soldats sont mal payés et non logés. Et pourtant tous les officiels rencontrés, comme la MONUC, nous ont assuré que les soldats congolais lorsqu’ils étaient bien traités et encadrés se battaient très bien. Il faut donc que leurs salaires soient versés, qu’un mécanisme empêchant les responsables de violations graves de droits de l’homme de rester dans l’armée soit mis en place et que la communauté internationale se coordonne pour aider les autorités congolaises à lancer une opération de formation de l’armée mais aussi de réforme de la police et de la justice en profondeur.

- Le Conseil a également insisté pour que l’ancrage de la démocratie congolaise se poursuive. Cela passe notamment par la tenue des élections locales. Nous avons compris qu’il demeurait certaines difficultés notamment concernant la loi sur le découpage électoral mais que ces élections devraient se tenir d’ici l’année prochaine.

3/ S’agissant de la MONUC, les conclusions suivantes me paraissent pouvoir être tirées :

- La MONUC continue à être indispensable. Le Président Kabila et les membres de son gouvernement ont insisté pour que les renforts autorisés par la résolution 1843 arrivent rapidement, afin de pouvoir soutenir les FARDC dans les opérations Kimia II et Rudia II contre la LRA et les FDLR.

- La MONUC a pris des mesures sérieuses pour appliquer la résolution 1856. Notre visite à Kiwanja nous a en particulier permis de constater les dispositions prises pour assurer une meilleure protection des civils : Nous avons pu rencontrer une équipe de protection conjointe et l’officier en charge de la section locale de la MONUC nous a présenté de nouveaux mécanismes de réaction rapide.

- Mais il est certain que la mission de la MONUC est très délicate, car ses taches de protection des civils et de soutien aux FARDC dans lutte contre les groupes armés peuvent parfois s’avérer contradictoires.

- Un plan de travail stratégique a été élaboré qui dresse les perspectives et donne les conditions d’un retrait à moyen terme de la MONUC. Le Président Kabila nous l’a explicitement demandé. Une fois les élections locales passées et si la situation continue de se stabiliser, une réduction de la MONUC pourra commencer à être envisagée.

Au total, Nous avons pu constater que depuis quelques mois la situation progresse dans le bon sens. Le conseil de sécurité devra rester pleinement mobilisé pour accompagner ces évolutions. La mise en œuvre par la MONUC de son plan d’action stratégique et le déroulement de l’opération Kimia II, devront en particulier faire l’objet d’une attention soutenue. Je vous remercie./.



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