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28 mai 2009 - Situation en Bosnie-Herzégovine, débat du Conseil de sécurité - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je souhaite remercier le Haut-Représentant pour l’intervention qu’il vient de prononcer et lui dire que nous partageons pleinement son analyse sur la situation de la Bosnie-Herzégovine. Je salue aussi la présence de M. Nikola Spiric, Président du Conseil des Ministres de Bosnie-Herzégovine. Nous avons pris note de s détermination à mener les réformes nécessaires et nous l’encourageons à continuer en ce sens.

La République tchèque s’exprimera tout à l’heure au nom de l’Union européenne et la France s’associe naturellement à son intervention. Je souhaite ajouter quelques remarques complémentaires à titre national.

Monsieur le Président,

Au cours des 14 dernières années, la Bosnie-Herzégovine a réalisé, avec l’appui de l’Union européenne, des réformes essentielles à sa stabilité et sa prospérité. En juin 2008, elle a franchi une étape significative en signant un accord de stabilisation et d’association, qui a confirmé sa vocation à rejoindre l’Union européenne.

Certains progrès encourageants ont été accomplis au cours des derniers mois, en particulier l’adoption de l’amendement constitutionnel relatif au district de Brcko, ainsi que l’adoption de la stratégie sur les crimes de guerre et du plan d’action pour la mise en œuvre de la réforme du secteur de la justice.

Ces progrès ont été rendus possibles par l’esprit de compromis et de dialogue initié en novembre dernier à Prud. L’Union européenne et la France ont, depuis le début, apporté leur soutien au processus de Prud, qui doit être non seulement poursuivi mais étendu. Nous engageons l’ensemble des forces politiques bosniennes à s’y joindre et y participer pleinement.

Monsieur le Président,

Le Haut Représentant a cependant attiré notre attention sur des évolutions inquiétantes. Le regain de la rhétorique nationaliste mais aussi les actes et les discours qui tendent à remettre en cause la structure fondamentale de l’Etat, qu’ils soient dirigés contre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine ou contre l’existence de la Republika Srpska, sont un sujet de grave préoccupation.

La situation politique reste marquée par un manque persistant de confiance entre les responsables des trois peuples constitutifs, qui suscite des tensions et entrave les progrès du pays. Nous appelons donc les dirigeants politiques de Bosnie-Herzégovine à sortir de l’immobilisme et à s’efforcer de dégager des compromis sur les principaux sujets. Seule une attitude constructive de l’ensemble des forces politiques bosniennes permettra d’avancer sur les réformes : celles qui ouvriront la voie à l’évolution de la présence internationale, mais aussi celles qui découlent du partenariat européen.

Monsieur le Président,

Je tiens à assurer le Haut Représentant de notre confiance et de notre plein soutien à ses efforts pour faire respecter les accords de Dayton/Paris, promouvoir les réformes dont le pays a besoin et pour mener à bien la transition du Bureau du Haut Représentant vers un Représentant spécial de l’Union européenne avec un mandat renforcé.

Il est en effet temps d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire du pays, ce qui nécessite que soient rapidement remplis les objectifs et conditions fixés par le PIC pour la transition. Pour franchir cette étape capitale, d’importants progrès restent à accomplir. Parmi les mesures qui restent à mettre en œuvre, je souhaite particulièrement souligner l’urgence qui s’attache à rattraper le retard pris dans la réalisation de l’inventaire et la répartition des propriétés de l’Etat. C’est un point essentiel sur lequel nous attendons des avancées dans les semaines à venir.

Monsieur le Président,

La France soutient l’aspiration de la population bosnienne à rejoindre l’Union européenne. L’avenir de la Bosnie-Herzégovine, comme celui de l’ensemble des pays des Balkans occidentaux, est en Europe. C’est la clef de la stabilité de la région, de son ancrage démocratique et de sa future prospérité. Le Président de la République Française, M. Nicolas Sarkozy, l’a rappelé à plusieurs reprises au cours des derniers mois.

La visite conjointe des Ministres tchèque, suédois et français des Affaires étrangères en avril dernier, puis celle de Javier Solana il y a quelques jours, ont confirmé la constance de l’engagement pour la Bosnie-Herzégovine de l’Union européenne et de sa confiance dans l’avenir européen du pays.

L’Europe demeure aussi engagée à travers l’opération EUFOR Althea et la Mission de police de l’Union européenne (MPUE).

Le cap est donc clairement fixé. Mais le rythme du rapprochement de la Bosnie-Herzégovine avec l’Europe dépend d’abord d’elle-même. La communauté internationale peut aider les dirigeants bosniens à y parvenir, c’est ce à quoi s’emploie avec beaucoup d’énergie le Haut-Représentant, mais elle ne peut se substituer à eux. Comme l’avait dit le ministre français des Affaires étrangères lors de son déplacement en Bosnie-Herzégovine, il n’y a pas de " baguette magique ". C’est aux Bosniens, et d’abord à leurs dirigeants, d’être les acteurs des réformes dont le pays a besoin et d’oeuvrer en faveur d’une Bosnie-Herzégovine unie et solidaire qui sera en mesure de s’intégrer pleinement à l’Union européenne.

Je vous remercie./.



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