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23 mars 2009 - Débat du Conseil de sécurité - MINUK / Kosovo - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies



Monsieur le Président,

Je voudrais remercier pour leur présence M. Boris Tadic, Président de la République de Serbie, et M. Skender Hyseni, Ministre des Affaires étrangères de la République du Kosovo, que nous avons tous deux écoutés avec attention.

Je souhaite aussi saluer l’action de M. Lamberto Zannier, Représentant spécial du Secrétaire Général, qui a mis en oeuvre avec efficacité et pragmatisme la reconfiguration de la présence internationale décidée par le Secrétaire Général avec le soutien du Conseil de sécurité.


Monsieur le Président,

Le Kosovo a fêté le mois dernier le premier anniversaire de sa déclaration d’indépendance. La réunion du Conseil de sécurité est aujourd’hui l’occasion de faire un premier bilan, qui nous apparaît largement positif. Comme nous l’espérions, l’indépendance a contribué à apaiser les tensions à l’intérieur du Kosovo et dans les Balkans.

Les nouvelles autorités du Kosovo ont fait preuve de responsabilité et tenu leurs engagements. La mise en place d’une Constitution conforme aux normes et valeurs européennes, l’adoption de lois favorisant la participation des minorités, sont autant d’étapes importantes vers un Etat de droit au service de toutes les communautés, avec le soutien de la mission EULEX.

Le nombre croissant d’Etats, notamment de la région, qui ont reconnu le Kosovo contribue à l’émergence du nouvel Etat sur la scène internationale ainsi qu’à la stabilité des Balkans. Ce premier anniversaire témoigne du chemin parcouru par le Kosovo et par la région, il doit aussi être un encouragement à continuer. La construction de l’Etat de droit doit se poursuivre.


Monsieur le Président,

La réorganisation de la présence internationale s’est déroulée dans de bonnes conditions. L’Union européenne apporte un soutien essentiel avec le déploiement de la mission EULEX, qui accompagne la mise en place des institutions et de l’Etat de droit au Kosovo. EULEX opère dans le cadre de la résolution 1244, sous l’autorité globale des Nations unies.

L’objectif de l’UE, à travers le déploiement d’EULEX et la nomination d’un Représentant spécial de l’Union européenne, est de contribuer à la consolidation d’un Kosovo démocratique et multi-ethnique. La protection des droits des minorités constitue une priorité pour EULEX, qui veillera à la pleine mise en œuvre des engagements souscrits par les autorités kosovares en ce domaine.

Au fur et à mesure du déploiement d’EULEX, les habitants du Kosovo ont progressivement réalisé, malgré la propagande négative de certains groupes extrémistes, que la mission européenne agissait au bénéfice de toute la population et de toutes les communautés. Nous avons cependant observé avec préoccupation les attaques récentes contre EULEX, dont les auteurs semblent être liés aux réseaux criminels soucieux de préserver des conditions leur permettant d’agir impunément.


Monsieur le Président,

Le secrétaire Général avait inscrit la reconfiguration de la présence internationale dans une démarche de dialogue avec toutes les parties concernées. Ce dialogue est essentiel pour assurer la stabilité du Kosovo et de la région. C’est pourquoi l’Union européenne l’a poursuivi et intensifié ces derniers mois, en s’adressant naturellement en premier lieu aux autorités kosovares et aux communautés du Kosovo, mais aussi aux pays voisins. La Serbie est, parmi ces Etats voisins, un acteur important dont la coopération est indispensable pour le succès d’EULEX. C’est dans cet esprit que le chef de la mission EULEX, M. de Kermabon, vient de se rendre à Belgrade. Nous nous réjouissons qu’il ait eu ainsi l’occasion de rechercher des solutions pratiques aux problèmes concrets qui se posent, par exemple, en matière de douanes ou de coopération judiciaire.

Nous avons pris bonne note des positions exprimées par le Président Tadic. Je retiens d’abord et avant tout de ses propos une réaffirmation forte de la volonté du gouvernement serbe de rejoindre l’Union européenne, ce qui constituera pour l’ensemble des Balkans un puissant facteur de stabilisation. En apportant leur soutien aux initiatives de l’Union européenne pour contribuer à la paix et à la stabilité de la région, les autorités serbes participeront à la création des conditions d’un avenir européen commun pour les Balkans occidentaux.

Nous avons aussi écouté M. Hyseni avec attention. L’attachement à l’Etat de droit, le souci de construire un Etat multi-ethnique respectueux des minorités, la volonté de nouer des liens d’amitié avec les voisins du Kosovo et l’engagement pro-européen des autorités kosovares, que vient de réitérer le ministre des Affaires étrangères du Kosovo, constituent autant d’engagements forts qu’il convient de saluer.


Monsieur le Président,

Au-delà des divergences persistantes exprimées par le Président Tadic et le Ministre Hyseni, nous avons noté avec satisfaction un même souci de maintenir la stabilité dans la région et de préserver les conditions d’un avenir partagé au sein de l’Europe. Nous encourageons pour cela Belgrade et Pristina à renouer le plus tôt possible un dialogue direct.

L’Union européenne est pleinement consciente des responsabilités qui lui incombent dans le dépassement des obstacles sur la voie d’un avenir stable et prospère pour les Balkans occidentaux. C’est dans cet esprit que nous nous efforcerons d’avancer dans les mois qui viennent sur la voie d’un avenir commun pour les Serbes et les Kosovars, dans le cadre de l’Union européenne.

Je vous remercie./.



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