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Adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité exigeant un accès humanitaire en Syrie

Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes
Paris, le 2 mars 2012


La France salue l’adoption unanime par le Conseil de sécurité d’une déclaration exigeant des autorités syriennes de garantir un accès humanitaire immédiat et sans entraves aux populations ayant besoin d’assistance et d’autoriser le déplacement de Mme Amos en Syrie.

Au-delà de l’urgence humanitaire, cette crise appelle une solution politique. Damas doit immédiatement mettre fin à la répression implacable qui a déjà causé la mort de plus de 7000 civils, et s’engager dans un processus de transition crédible, sur la base du plan de la Ligue Arabe.

S’agissant de la Syrie, et plus précisément s’agissant de la situation de nos deux compatriotes, Edith Bouvier et William Daniels, je peux déjà vous confirmer qu’ils sont arrivés dans la nuit à Beyrouth. Sitôt arrivés dans la capitale libanaise, notre ambassade a pris soin de les amener tous les deux à l’Hôpital-Dieu de France de Beyrouth où ils ont été immédiatement, en pleine nuit, pris en charge par les médecins libanais. Je signale d’ailleurs qu’un médecin libanais avait fait le trajet routier jusqu’à la capitale libanaise au côté de notre compatriote et nous remercions tous les médecins et le personnel médical infirmier libanais qui ont accompagné notre compatriote dans ce retour vers la capitale libanaise.

Deuxièmement, je souhaite préciser que nous avons eu des contacts bien sûr avec Edith Bouvier et avec William Daniels. Le premier contact, c’est le médecin du centre de crise du Quai d’Orsay qui l’a eu au téléphone pendant que le convoi allait vers Beyrouth. Il s’est entretenu avec chacun de nos deux compatriotes. Il a pu observer que leur moral était bon, qu’ils étaient naturellement fatigués compte-tenu de ce qu’ils venaient d’endurer au cours des derniers jours et plus précisément au cours des dernières heures, qu’ils étaient bien sûr impatients de rentrer au pays. Il a pu constater également par téléphone que la situation d’Edith Bouvier était sur un plan strictement médical satisfaisant. A cet égard, et cela a été confirmé ensuite lors des premiers examens qui ont été faits à l’Hôpital-Dieu de France à Beyrouth, il s’avère que les médecins syriens qui ont traité Edith Bouvier tout de suite après sa blessure ont fait un travail tout à fait remarquable ce qui a permis à la blessure de ne pas empirer et à l’état de santé de notre compatriote de ne pas se dégrader au cours des jours, des très longs jours qui ont précédé son évacuation de Syrie. Pendant la nuit, notre ambassadeur à Beyrouth, Denis Pietton, s’est rendu bien sûr au chevet d’Edith Bouvier. Il a pu longuement parlé aussi avec elle, avec William Daniels. Il confirme lui aussi qu’ils allaient bien.

La troisième chose que je voulais dire, c’est qu’à l’heure à laquelle nous parlons, l’avion officiel de la République française, un avion médicalisé qui était parti ce matin de Paris doit en ce moment atterrir à Beyrouth. Nous avons envoyé cet avion pour qu’il puisse ramener en France avec accompagnement médical approprié nos deux compatriotes. Il devrait revenir en France d’après nos informations dans la soirée d’aujourd’hui. Il va de soi que nous serons probablement en mesure de vous confirmer un peu plus tard dans l’après-midi l’heure exacte de retour mais la décision finale du retour relève des médecins qui suivent Edith Bouvier. C’est eux qui ont donné le feu vert pour que nous puissions la ramener en France.

Je voudrais également dire quelques mots pour des gens que nous ne voulons pas oublier dans ces circonstances. Ce sont ces Syriens, des Syriens qui probablement resteront anonymes et qui au cours des derniers jours ont permis la sortie de la ville de Homs de nos deux compatriotes, leur ont permis également de regagner le Liban sains et saufs. Je voudrais vraiment avec beaucoup de sincérité rendre un hommage à tous ces Syriens qui, à chaque minute, à chaque mètre qu’ils effectuaient sur ce très long parcours entre Homs et la frontière syro-libanaise, ont accompagné nos deux compatriotes, leur ont permis de se mettre en sécurité et ils l’ont fait au péril de leur vie. Ils l’ont fait en prenant des risques énormes au milieu de beaucoup de dangers. Je ne vais pas vous refaire une description de ce qu’est aujourd’hui et de ce qu’a été au cours des derniers jours la situation en Syrie et plus particulièrement à Homs mais ils ont pris des risques absolument considérables. Ils ont mis leur vie en danger à tout moment et leur engagement, leur humanité a permis à nos deux compatriotes de retrouver la sécurité. Je voudrais aujourd’hui très sincèrement, très formellement et avec beaucoup d’humanité leur rendre un hommage, un vrai hommage. Je voudrais qu’ils sachent également que pour que la violence s’arrête dans leur pays, pour que leurs idéaux de démocratie puissent triompher de la répression barbare à laquelle ils se heurtent depuis des mois, la France continuera à être elle aussi mobilisée, pour que la violence cesse et pour que la démocratie l’emporte, pour que la liberté l’emporte dans ce pays martyr.

Voila ce que je voulais vous dire. Sur un plan opérationnel, nous prévoyons un retour de l’avion en début de soirée à Paris. Je ne connais encore ni l’horaire, ni le lieu. Nous vous tiendrons informés dans le courant de l’après-midi.

Q - Vous avez remercié beaucoup de personnes mais vous n’avez remercié ni le gouvernement syrien ni le gouvernement libanais. Est-ce que vous avez eu une coopération dans cette affaire avec les autorités à Damas ou avec les autorités à Beyrouth ?

R - Je voulais remercier d’abord ceux qui ont mis leur vie en jeu, c’est-à-dire des hommes. Des hommes qui ont joué leur vie dans cette affaire et vous me permettrez de penser que c’est important. D’autre part, s’agissant des autorités syriennes, je rappelle, et Alain Juppé s’était exprimé là-dessus, combien de fois nous leur avons demandé de faciliter les choses. Nous avions demandé d’abord que notre ambassadeur puisse se rendre à Homs. Cela n’a pas été accordé.

Nous avions demandé de manière réitérée que cesse la violence à Homs, que l’armée cesse ses opérations de pilonnage de la ville de Homs de manière à permettre l’évacuation. Cela n’a pas été fait.

Nous remercions bien entendu les autorités libanaises. Je pense que les plus hautes autorités françaises le diront de manière beaucoup plus officielle que moi.

La France a essayé d’organiser l’évacuation avec les autorités syriennes de Mme Edith Bouvier et de M. William Daniels pendant plusieurs jours. Faute d’accord des autorités syriennes pour qu’un représentant de l’ambassade de France se rende sur les lieux, cette évacuation n’a pas été possible.

La France est reconnaissante à tous ceux qui ont cherché à aider à cette évacuation, notamment la Russie.

Q - Quel rôle ont joué les Russes pour le NSI ?

R - M. Poutine s’est exprimé sur le sujet.

Q - Une petite question sur les Russes. Les Russes rejoignent maintenant la communauté internationale sur certaines parties des exigences de la France et d’autres, surtout sur les questions humanitaires et l’aide qu’ils ont donnée était précieuse bien sûr. Mais est ce qu’il n’y a pas un risque maintenant d’une demi-mesure sur la Syrie qui ne correspond pas du tout à ce que cherche la France les Etats-Unis et la majorité du Conseil de sécurité et de régler les problèmes humanitaires mais pas les problèmes de fond ?

R - Je suis bien d’accord et c’est cela que nous attendons de la Russie et de la Chine. Nous attendons qu’ils fassent mouvement. Ce qui s‘impose à nous tous aujourd’hui, c’est d’essayer de tout mettre en œuvre pour répondre à l’urgence humanitaire. Et c’est la raison pour laquelle nous sommes satisfaits de cette déclaration qui a été adoptée hier à l’unanimité par le Conseil de sécurité, et c’est la raison pour laquelle nous réitérons avec insistance aux autorités syriennes qu’elles laissent entrer sur leur territoire Mme Valerie Amos. C’est la raison pour laquelle nous soutenons les efforts qu’entreprend M. Kofi Annan en sa qualité de représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie. Et c’est la raison pour laquelle nous allons continuer effectivement à travailler. L’urgence qui s’impose à tous et qui doit être traitée par tous les moyens. Toutes les options sont possibles et doivent être examinées pour venir en aide au peuple syrien, et c’est ce que nous avons commencé à faire et que nous allons continuer à faire avec tous nos partenaires et dans ce cadre là, toute contribution de nos partenaires et notamment de la Russie sera la bienvenue. Et puis il y a le problème politique qui est posé, c’est à dire dans sa manifestation la plus brutale, le recours à la force, l’usage de la violence, contre ceux qui en Syrie depuis bientôt un an et au prix de tellement de vies humaines, réclament la liberté. Il va falloir rester mobilisés principalement en appui aux efforts de la Ligue arabe qui a présenté un plan, qui est sur la table, depuis trop longtemps, maintenant il serait grand temps que ce plan puisse être appliqué. C’est le souhait de la France et c’est ce que à quoi, nous travaillons.

Q - Le président de la République a annoncé à Bruxelles que l’aide aux insurgés allait franchir un nouveau cran, est ce que vous avez ne idée de ce que cela signifie ?

R - On y travaille, comme on travaille également sur l’autre annonce qu’a faite le président de la République sur la fermeture de notre ambassade à Damas. Nous sommes en train de mettre au point les modalités pratiques de mise en œuvre de cette décision annoncée par le président de la République.

Q - La fermeture de l’ambassade de France à Damas concerne combien de personnes ?

R - Je dirais une dizaine de personnes.

Q - On a parlé du décès de trois personnes dans la tentative d’évacuation de M. Conroy. Est ce que vous avez aussi des chiffres sur ce qui a pu se passer lors de l’évacuation de Mme Bouvier ? Jje voulais savoir aussi si la France a envisagée la possibilité d’envoyer des armes aux résistants en Syrie ?

R - S’agissant des armes, M. Alain Juppé s’est exprimé à de nombreuses reprises au cours des derniers jours, et la position n’a pas changé. En ce qui concerne, le drame qui s’est joué au moment du départ du journaliste britannique M. Conroy, je préfère délibérément rester discret parce que quand cela s’est passé, il y avait la vie de ces journalistes étrangers qui était en jeu. Mais il ne fait pas oublier que lorsque ces journalistes étrangers sortent de Syrie, les Syriens qui les ont aidés restent. Et je le redis, j’insiste beaucoup la dessus, ce sont des hommes très courageux, très engagés, et une façon de les protéger, c’est de rester discret sur ce travail magnifique, héroïque, qu’ils ont accompli.

Q - Bonjour, toujours une question sur la Syrie, il n’y a pas longtemps, un certains nombre de pays occidentaux et aussi arabes ont exprimé leur volonté d’exclure la Syrie de la communauté auprès du conseil exécutif de l’UNESCO, le comité qui traite les questions des droits de l’Homme et des ONG. La France était pour cette exclusion. J’aimerais savoir où l’on en est ?

R - La question qui se pose en effet est pertinente : est-ce que la Syrie, telle que représentée par le régime de Damas actuellement, a véritablement sa place à l’UNESCO ? Je crois que l’on peut légitimement se poser la question.



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